Classement de l'église le 9 septembre 1908 et des ruines du château le 22 juillet 1980, datations, propriétaires et coordonnées : base Mérimée du ministère de la Culture, code INSEE 26033. Attestations depuis 1416, étymologie de Baume et de Transit, seigneurs de 1408 à 1684, Diane de Poitiers, sac de 1574, canton de l'an II, nom révolutionnaire de 1793, description de l'église et de son plan, marché aux truffes, foires : Wikipédia, article La Baume-de-Transit, consulté le 13 août 2026, d'après le Dictionnaire topographique de la Drôme de 1891. Plusieurs de ces points y sont signalés comme non référencés et nous le disons. Zonages : référentiel des espaces protégés de l'IGN. Distances : calculées par nous depuis la mairie, moteur OSRM.
La Baume-de-Transit est un village de butte au cœur du Tricastin, à quatre minutes de Montségur-sur-Lauzon et un quart d'heure de Grignan. Sa particularité tient en un mot : ses deux monuments classés sont communaux. Dans un secteur où presque tous les châteaux sont privés et fermés, c'est ce qui change la visite.
- 4 absidesle plan d'origine, en croix grecque, sur le modèle du Saint-Sépulcre
- 3ce qu'il en reste, en trèfle, après les guerres de Religion
- 2 classésmonuments classés pour 942 habitants, tous deux communaux
- 1793l'année où la commune s'est appelée Baume-Marat
L'église Sainte-Croix et son plan de Jérusalem
C'est l'édifice qui vaut le déplacement, et notre source ne mâche pas ses mots : l'église Sainte-Croix serait « l'un des plus curieux édifices de tout le Dauphiné ». Elle est classée monument historique depuis le 9 septembre 1908, datée du 12e siècle par le ministère, et appartient à la commune.
Le récit local est précis. L'épaisseur des murs la ferait remonter au 11e siècle. Elle aurait été bâtie à l'époque de la première croisade par un chevalier qui voulait en faire son tombeau, sur le modèle de l'église du Saint-Sépulcre de Jérusalem : il fit élever quatre absides formant une croix grecque. Les guerres de Religion ayant détruit l'église paroissiale, on abattit l'abside est pour construire la nef actuelle. Les trois absides restantes forment un trèfle, et c'est ce plan tréflé que l'on voit aujourd'hui.
Ce n'est pas qu'une légende de village, et un document le corrobore. La plus ancienne mention connue, datée de 1416, appelle l'édifice « Ecclesia parrochial Sancti Sepulchri de Balmis » : l'église paroissiale du Saint-Sépulcre. Le vocable n'a été remplacé par celui de Sainte-Croix qu'ensuite. Autrement dit, quelle que soit la part de légende dans l'histoire du chevalier, la dédicace au Saint-Sépulcre est bien attestée par une source du 15e siècle.
Le détail à regarder est ailleurs que dans le plan : ce sont les colonnettes à chapiteaux et la décoration, qui font de cette église, d'après notre source, l'un des plus beaux monuments du Tricastin. S'y ajoutent un porche et un clocher central du 14e siècle, une nef du 16e, des lanternes du 16e siècle et trois reliquaires classés au titre des objets, c'est-à-dire protégés séparément du bâtiment.
Des ruines de château qui appartiennent à la commune
Le château, ou plutôt ce qu'il en reste, est classé monument historique le 22 juillet 1980, et le ministère y reconnaît des parties du 12e, du 14e et du 16e siècle. Le point important est ailleurs : il est propriété de la commune.
Sur les pages voisines de ce site, presque tous les châteaux sont privés : Puygiron appartient à une société, Allan et Montségur-sur-Lauzon ont des sites en mains privées, Livron aussi. Ici, la commune est propriétaire des deux monuments classés. Cela ne signifie pas qu'ils soient ouverts en permanence ni aménagés, et nous n'avons trouvé ni horaire ni tarif publiés, mais cela veut dire qu'il y a un interlocuteur public : la mairie, ouverte quatre matins et deux après-midi par semaine.
La ruine s'explique par une date : en 1574, le comte de Suze prend le château aux huguenots et le saccage. C'est le même mouvement qui a détruit l'abside est de l'église, et c'est pourquoi les deux monuments de la commune portent la marque du même conflit. Ce point est signalé comme non référencé par notre source.
Autour, le village ancien sur butte se parcourt à pied, avec ses maisons du 16e siècle et ses passages couverts, appelés ici soustets. Notre source met en avant, comme argument touristique principal, le « site et panorama du bourg » : c'est un village qu'on regarde de loin autant qu'on le traverse.
Ce que « de Transit » veut dire
Le nom se décompose en deux morceaux, et les deux disent quelque chose de précis. Baume vient du gaulois balma, qui désigne une grotte peu profonde, un abri-sous-roche. Le mot est apparu partout en France en même temps que sa variante « balme », mais seul l'occitan l'a conservé pendant des siècles, et il ne survit guère qu'en toponymie.
Le complément « de Transit » n'est pas décoratif. Le village se trouvait aux confins du Dauphiné, et il servait de lieu de transit aux marchandises destinées à l'enclave provençale du comté de Grignan. Autrement dit, c'était un point de rupture de charge entre deux juridictions, à l'endroit où l'on changeait de droit et de fiscalité. Le nom enregistre une fonction administrative, comme celui de Bourg-de-Péage enregistre une taxe. Ce point est signalé comme non référencé par notre source.
Les attestations suivent : Castrum de Balmis en 1437, puis Baulme de Transy et Baulme de Trancy la même année 1539, dans deux documents différents, et Baulmes au pluriel dans la correspondance de Lesdiguières en 1585. En 1793, la commune prend brièvement le nom révolutionnaire de Baume-Marat.
De Louis XI à Diane de Poitiers
La terre était d'abord tenue par plusieurs co-seigneurs, puis passe aux évêques de Saint-Paul-Trois-Châteaux dès le 9e siècle. Elle est inféodée aux du Chaylard en 1408, cédée aux Bernes en 1453, puis confisquée par le roi Louis XI en 1464 et donnée aux des Astards.
En 1467, la seigneurie passe aux Poitiers-Saint-Vallier, et y reste jusqu'à la mort de Diane de Poitiers en 1566. Duchesse de Valentinois, elle fait incorporer La Baume-de-Transit dans son duché. La tradition locale veut qu'elle soit venue plusieurs fois au château ; notre source signale ce point comme non référencé. C'est la troisième commune de ce site liée à elle, avec Saint-Vallier, dont son père était seigneur, et Étoile-sur-Rhône, l'autre candidate à sa naissance. Les trois se répartissent sur cent trente kilomètres de vallée.
Après elle, la seigneurie est acquise par les La Baume-Suze en 1580, puis passe vers 1684 aux Simiane, derniers seigneurs. Un détail administratif vaut d'être noté : en l'an II, La Baume-de-Transit fut brièvement chef-lieu d'un canton comprenant Chamaret, Chantemerle, Clansayes, Montségur et Saint-Restitut. Elle a perdu ce rang dès l'an VIII.
Le marché aux truffes et la saison longue
La commune est en plein pays truffier, et son calendrier est plus large que celui de sa voisine : le marché aux truffes se tient du 1er novembre au 15 avril. À Montségur-sur-Lauzon, à quatre minutes de route, il se tient le jeudi de novembre à avril. Les deux se complètent pour qui vient acheter en hiver.
Le vin de la commune était classé en coteaux du Tricastin. Cette appellation n'existe plus sous ce nom : la zone a été rebaptisée grignan-les-adhémar en 2010. La commune produit par ailleurs des olives, des plantes aromatiques, des fruits, des tomates et pratique l'apiculture. Une foire à l'ancienne se tient en mai, et la fête votive le dimanche suivant le 10 août.
La carte des lieux
Les deux monuments sont placés aux coordonnées données par le ministère, et l'on voit qu'ils se touchent presque : l'église et le château sont à cent mètres l'un de l'autre, sur la même butte. C'est un ensemble castral complet, et cela se visite en une seule boucle à pied.
Cliquez sur un point pour voir le nom du lieu et ce qu'il faut en savoir. Fond de carte OpenStreetMap.
Venir à La Baume-de-Transit
La commune est au centre du Tricastin, à moins d'un quart d'heure de tout ce qui compte dans le secteur : Montségur-sur-Lauzon à quatre minutes, Suze-la-Rousse à dix, Saint-Paul-Trois-Châteaux à treize, Grignan à quatorze.
| Destination | Distance | Temps |
|---|---|---|
| Montségur-sur-Lauzon | 3,4 km | 4 min |
| Suze-la-Rousse | 8,1 km | 10 min |
| Tulette | 10,4 km | 12 min |
| Saint-Paul-Trois-Châteaux | 9,6 km | 13 min |
| Grignan | 11,6 km | 14 min |
| Chamaret | 10,6 km | 15 min |
| Saint-Restitut | 9,5 km | 15 min |
| Clansayes | 11,0 km | 16 min |
| Vinsobres | 21,3 km | 25 min |
| Nyons | 26,1 km | 28 min |
Le référentiel national des espaces protégés ne rend rien sur la commune : ni parc, ni Natura 2000, ni ZNIEFF, ni réserve. La mairie ouvre le lundi après-midi seulement, le mardi matin et après-midi, puis les mercredi, jeudi et vendredi matin seulement. Si vous voulez poser une question sur l'accès aux monuments, visez le mardi.
Questions fréquentes
Pourquoi ce village s'appelle-t-il La Baume-de-Transit ?
Baume vient du gaulois balma, qui désigne une grotte peu profonde ou un abri-sous-roche. Le mot n'a survécu qu'en occitan et se rencontre surtout en toponymie. Le complément « de Transit » vient de la position du village aux confins du Dauphiné : il servait de lieu de transit aux marchandises destinées à l'enclave provençale du comté de Grignan.
Qu'a de particulier l'église Sainte-Croix ?
Son plan. Elle aurait été bâtie à l'époque de la première croisade par un chevalier qui voulait en faire son tombeau, sur le modèle de l'église du Saint-Sépulcre de Jérusalem : quatre absides formant une croix grecque. L'abside est ayant été abattue après les guerres de Religion pour construire la nef actuelle, il n'en reste que trois, qui dessinent un trèfle. Elle est classée monument historique depuis 1908.
La Baume-de-Transit a-t-elle vraiment deux monuments classés ?
Oui, et c'est rare pour 942 habitants. L'église est classée depuis le 9 septembre 1908 et les ruines du château depuis le 22 juillet 1980. Les deux appartiennent à la commune, ce qui change tout en pratique : contrairement à la plupart des châteaux drômois, celui-ci n'est pas une propriété privée fermée.
Quel rapport avec Diane de Poitiers ?
La seigneurie a appartenu aux Poitiers-Saint-Vallier à partir de 1467, puis à Diane de Poitiers jusqu'à sa mort en 1566. Duchesse de Valentinois, elle a fait incorporer La Baume-de-Transit dans son duché. La tradition locale veut qu'elle soit venue plusieurs fois au château, mais notre source signale ce point comme non référencé.
Quand se tient le marché aux truffes de La Baume-de-Transit ?
Du 1er novembre au 15 avril, soit une saison plus longue que celle de Montségur-sur-Lauzon, à quatre minutes de là, qui s'arrête fin avril mais n'a qu'un marché hebdomadaire. S'y ajoute une foire à l'ancienne en mai et une fête votive le dimanche suivant le 10 août.
La commune a-t-elle porté un autre nom ?
Oui, brièvement. En 1793, pendant la Révolution, elle s'est appelée Baume-Marat, du nom de Jean-Paul Marat. Le nom n'a pas survécu à la période, et la commune est redevenue La Baume-de-Transit, forme qu'on trouve dès 1539 sous les graphies Baulme de Transy et Baulme de Trancy.
Nos sources
- Classement de l'église le 9 septembre 1908 et des ruines du château le 22 juillet 1980, datations, propriétaires et coordonnées : base Mérimée, ministère de la Culture, code INSEE 26033. https://ministere-culture.s3.sbg.io.cloud.ovh.net/POP/merimee.csv
- Mention de 1416 sous le vocable du Saint-Sépulcre, attestations jusqu'en 1891, nom révolutionnaire de 1793, étymologie de Baume et de Transit, seigneurs des évêques de Saint-Paul aux Simiane, confiscation de Louis XI en 1464, Diane de Poitiers et incorporation au duché, sac du château par le comte de Suze en 1574, canton de l'an II, description de l'église, plan tréflé, chapiteaux, lanternes et trois reliquaires classés, marché aux truffes du 1er novembre au 15 avril, foire à l'ancienne, fête votive : Wikipédia, article La Baume-de-Transit, consulté le 13 août 2026, d'après le Dictionnaire topographique de la Drôme de J. Brun-Durand, 1891. Plusieurs de ces points y sont signalés comme non référencés et nous le disons dans le texte. https://fr.wikipedia.org/wiki/La_Baume-de-Transit
- Absence de tout zonage de protection : référentiel des espaces protégés, apicarto de l'IGN, interrogé par nous le 13 août 2026. https://apicarto.ign.fr/api/doc/nature
- Horaires de la mairie, position des lieux du bourg, soustet : OpenStreetMap et Wikimedia Commons, relevés le 13 août 2026. Distances : moteur OSRM. https://www.openstreetmap.org/copyright
Nous n'avons trouvé ni horaire ni tarif publiés pour l'église et les ruines du château, bien qu'ils appartiennent tous deux à la commune : passez par la mairie. L'attribution de l'église à un chevalier de la première croisade et la copie du Saint-Sépulcre relèvent de la tradition locale, non d'un document : seul le vocable de 1416 est attesté. Le passage de Diane de Poitiers au château et le sac de 1574 sont signalés comme non référencés par notre source. Signalez-nous une erreur si vous constatez un écart.
