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Solérieux

La commune s'appelle Solérieux, du nom d'un château fort attesté en 1272. Mais ce château était déjà une ruine en 1471, et les habitants sont partis s'installer un kilomètre et demi plus loin, autour d'une église Saint-Raphaël. Depuis, le nom administratif désigne un lieu que personne n'habite, et le village, lui, porte le nom du saint.

Comment cette page est faite

L'histoire du château, sa mention à l'état de ruine dès 1471, sa confirmation en 1646-1648 et l'explication de l'abandon par le déplacement du village à la Renaissance viennent de la notice PA00117103 de la base Mérimée du ministère de la Culture : c'est un texte du service du patrimoine et nous le citons plutôt que de le résumer. Les attestations du nom depuis 1272 et la mention du chef-lieu au village de Saint-Raphaël viennent du Dictionnaire topographique de la Drôme de 1891, via Wikipédia. Les données sur le site de stockage viennent de l'inventaire national des matières et déchets radioactifs de l'Andra, consulté le 13 août 2026, et non d'une source militante. Les distances sont calculées par nous depuis la mairie, moteur OSRM.

Solérieux est une commune de 328 habitants qui se visite en une demi-heure, gratuitement : une église inscrite, quelques maisons anciennes, et c'est tout. Ce qui la rend intéressante n'est pas ce qu'on y voit, c'est ce qu'on n'y voit plus : le village a déménagé à la Renaissance, et le nom de la commune est resté accroché à l'ancien site.

  • 1272la première mention du castrum de Solorino
  • 1471l'année où il est déjà décrit en ruine
  • 1,5 kmentre l'ancien site et le village d'aujourd'hui
  • 17 juil. 1926l'inscription de l'église, dans la fournée de 1926
L'église Saint-Raphaël de Solérieux, inscrite monument historique en 1926
L'église Saint-Raphaël, inscrite partiellement au titre des monuments historiques le 17 juillet 1926. Elle donne son nom au village qui l'entoure. Photo Marianne Casamance, CC BY-SA 3.0, via Wikimedia Commons.

Une commune, deux noms, deux lieux

C'est le genre de détail qu'on ne remarque qu'en ouvrant le dictionnaire topographique, et qui explique toute la géographie de la commune. Voici ce que J. Brun-Durand écrit en 1891 : « Solérieux, commune du canton de Saint-Paul-Trois-Châteaux. Son chef-lieu est au village de Saint-Raphaël. »

Le nom de la commune désigne un lieu que personne n'habite

Les attestations sont claires. En 1272, le cartulaire de Saint-Paul-Trois-Châteaux mentionne un castrum de Solorino : un site fortifié. Suivent Solorium en 1312, Solerinum en 1389, locus Solorini en 1409, Soulerieu au 18e siècle. C'est de ce castrum que vient le nom de la commune. Mais le village d'aujourd'hui n'est pas là : il est à un kilomètre et demi au nord-est, autour de l'église Saint-Raphaël, et le nom Sainct Raphau est attesté dès 1540. Le lieu-dit Saint-Raphaël désigne d'ailleurs aussi, aujourd'hui, l'emplacement du château ruiné : les deux noms se sont croisés. Résultat : la commune porte le nom du site abandonné, le village porte celui du saint, et il faut savoir lequel on cherche.

Vue de Solérieux depuis le nord-ouest
Le village vu du nord-ouest. Photo Bococo, CC BY-SA 3.0, via Wikimedia Commons.

Le castrum, ruiné avant qu'on n'en parle

La notice du ministère de la Culture est brève et elle dit tout. Nous la citons mot pour mot, parce qu'elle est plus honnête que la plupart des présentations de châteaux disparus.

Ce que dit exactement le service du patrimoine

« Château mentionné à l'état de ruine dans les textes de 1471, état confirmé par des écrits de 1646-1648. Il semble que cet abandon soit dû à une nouvelle évolution du village dès la Renaissance. Le site, occupé de façon certaine du 12e au 14e siècle, a laissé très peu de traces de sa vie. » Trois choses en découlent. D'abord, on ne sait rien de la fin du château : on sait seulement qu'il était déjà ruiné quand un texte le décrit pour la première fois dans cet état. Ensuite, la cause probable n'est ni une guerre ni un siège, c'est un déplacement de la population. Enfin, et c'est la mise en garde à retenir avant de faire le déplacement, le site « a laissé très peu de traces » : la notice le classe d'ailleurs comme site archéologique autant que comme château.

Château ancien, au lieu-dit Saint-Raphaël

  • Inscrit MH le 19 septembre 1989
  • 12e siècle
  • Site archéologique et château
  • Propriété privée

Les vestiges sont à environ un kilomètre et demi au sud-ouest du village, en propriété privée. L'inscription de 1989 est tardive et elle correspond à une reconnaissance d'intérêt archéologique plutôt qu'architectural : ce qui est protégé, c'est un sol et ce qu'il contient, pas une façade. Ne comptez pas visiter.

L'église Saint-Raphaël, inscrite en 1926

Église Saint-Raphaël

  • Inscrite MH partiellement le 17 juillet 1926
  • 12e et 16e siècles
  • Propriété de la commune
  • Au centre du village, accès libre

Le ministère la date de deux campagnes, le 12e puis le 16e siècle, et la protection est partielle : ce n'est pas tout l'édifice qui est inscrit. Elle jouxte la mairie, au centre du village, et c'est autour d'elle que le bourg s'est reformé après l'abandon du castrum.

Une autre vue de l'église de Solérieux
L'église vue d'un autre côté. Photo Marianne Casamance, CC BY-SA 3.0, via Wikimedia Commons.
Encore la fournée du 17 juillet 1926

Nous avons trié les 283 monuments protégés de la Drôme par date : le 17 juillet 1926, l'administration a inscrit seize monuments dans quinze communes, du Pègue à Valaurie, par ordre alphabétique. Sur l'ensemble de l'année, ce sont 47 monuments drômois qui ont été protégés en trois fournées, soit 16,6 % du total départemental. L'église de Solérieux a donc été protégée le même jour que celles de Valaurie, de Savasse, d'Upie et de Sainte-Jalle, ainsi que celle de Suze-la-Rousse et Le Pègue.

Une maison ancienne à Solérieux
Une maison ancienne du village. Photo Marianne Casamance, CC BY-SA 3.0, via Wikimedia Commons.

Un site inscrit à l'inventaire national des déchets radioactifs

Il faut le dire, parce que c'est un fait public, documenté et officiel, et parce qu'aucune présentation touristique de la commune ne le mentionne : le nom de Solérieux figure à l'inventaire national des matières et déchets radioactifs, tenu par l'Andra, l'agence publique chargée de leur gestion.

Fiche du site de Solérieux à l'inventaire national des matières et déchets radioactifs, données 2024, consultée par nous le 13 août 2026. Nous reprenons les chiffres de l'agence publique, sans commentaire d'aucune partie prenante.
ÉlémentCe que dit l'inventaire
ExploitantOrano, anciennement Orano Cycle
Objet du siteStockage de fluorine issue de la conversion de l'uranium par l'usine COMURHEX de Pierrelatte
StatutÀ l'arrêt depuis mars 2006
ChronologieExpéditions suspendues en juillet 1999 pour se conformer à la réglementation, reprises en novembre 1999 après modification du procédé, arrêtées en 2006
Encadrement actuelArrêté préfectoral du 13 septembre 2007 fixant réaménagement et surveillance
Volumes recensés en 202432 050 m³ de fûts de 200 litres contenant des traces d'uranium, et 2 180 m³ contenant de l'uranium naturel seul
Pourquoi nous le mentionnons, et comment

Nous écrivons un guide de la Drôme, pas un dossier d'enquête. Mais une commune de 328 habitants qui héberge plus de 34 000 mètres cubes de fûts recensés à l'inventaire national mérite que le lecteur le sache, ne serait-ce que parce que le nom du village apparaît régulièrement dans la presse à ce titre et que rien ne l'explique nulle part. Nous nous en tenons donc strictement à la fiche publique de l'Andra, sans reprendre ni les chiffres ni les qualifications des parties en débat. Le site est à l'arrêt depuis 2006 et sous surveillance au titre d'un arrêté préfectoral. Il n'est pas visitable et ne présente aucun intérêt touristique : il n'est pas sur le chemin du village et vous ne le verrez pas en venant.

La carte des lieux

Les points ci-dessous sont ceux que nous avons pu situer avec certitude. La base du ministère ne donne aucune coordonnée pour l'église : nous utilisons la position relevée dans les données cartographiques, qui coïncide avec celle de la mairie. Le site de stockage n'est pas cartographié : il n'est pas un lieu de visite.

Cliquez sur un point pour voir le nom du lieu et ce qu'il faut en savoir. Fond de carte OpenStreetMap.

Venir à Solérieux

Solérieux est dans le Tricastin, à dix minutes de Saint-Paul-Trois-Châteaux, sa ville de référence. Toutes ses communes limitrophes sont à moins d'un quart d'heure, ce qui en fait une étape commode dans une journée de villages du Tricastin et du Pays de Grignan.

Temps de trajet calculés par nous le 13 août 2026 depuis la mairie de Solérieux, moteur OSRM sur le réseau OpenStreetMap, hors trafic. Cinq communes limitrophes, toutes à moins de seize minutes.
DestinationDistanceTemps
Montségur-sur-Lauzon (limitrophe)3,9 km6 min
Saint-Restitut (limitrophe)5,1 km7 min
La Baume-de-Transit (limitrophe)5,3 km8 min
Saint-Paul-Trois-Châteaux, ville de référence6,6 km10 min
Suze-la-Rousse (limitrophe)9,6 km13 min
Clansayes (limitrophe)9,4 km16 min
Orange (Vaucluse)31,1 km34 min
Nyons30,1 km34 min
Montélimar35,0 km39 min
Valence83,2 km1 h 06
Sur place

La mairie ouvre le lundi de 8h à 12h, le mardi de 8h à 12h et de 13h à 17h, et du mercredi au vendredi de 8h à 12h. Il n'y a ni office de tourisme, ni commerce recensé, ni billetterie : prévoyez de vous ravitailler à Saint-Paul-Trois-Châteaux. Un point d'information est signalé au lieu-dit La Poude, au nord du village. La commune fait 8,6 km² pour 328 habitants, et tout se fait à pied une fois garé près de l'église.

La mairie de Solérieux
La mairie, mitoyenne de l'église. Photo Marianne Casamance, CC BY-SA 3.0, via Wikimedia Commons.

Questions fréquentes

Pourquoi la commune s'appelle-t-elle Solérieux et le village Saint-Raphaël ?

Parce que le village a changé de place. Solérieux vient du castrum de Solorino, attesté en 1272 : c'était le site fortifié, à un kilomètre au sud-ouest. Le Dictionnaire topographique de la Drôme note en 1891 que la commune s'appelle Solérieux mais que « son chef-lieu est au village de Saint-Raphaël ». Le nom administratif est resté attaché à un lieu que les habitants ont quitté.

Quand le village a-t-il déménagé ?

À la Renaissance, et le ministère de la Culture le dit dans la notice du château : l'abandon du site « semble dû à une nouvelle évolution du village dès la Renaissance ». Le château est déjà mentionné à l'état de ruine dans des textes de 1471, et cet état est confirmé par des écrits de 1646-1648. Le site n'a été occupé de façon certaine que du 12e au 14e siècle.

Peut-on voir les ruines du château ?

Elles sont en propriété privée, au lieu-dit Saint-Raphaël, à environ un kilomètre et demi du village actuel. Le ministère les classe comme site archéologique autant que comme château, et prévient qu'elles ont « laissé très peu de traces » : n'attendez pas des murs debout. L'inscription monument historique date du 19 septembre 1989.

Qu'est-ce qui est protégé dans l'église ?

Une partie seulement. L'église Saint-Raphaël est inscrite partiellement au titre des monuments historiques depuis le 17 juillet 1926, et le ministère la date des 12e et 16e siècles. Elle appartient à la commune. Sa protection est intervenue dans la grande campagne d'inscriptions de 1926, qui a protégé quarante-sept monuments drômois en une seule année.

Y a-t-il un site de stockage de déchets radioactifs sur la commune ?

Oui, et il figure à l'inventaire national. Le site de Solérieux a servi au stockage de fluorine issue de la conversion de l'uranium par l'usine COMURHEX de Pierrelatte. Il est à l'arrêt depuis mars 2006, sous surveillance après un arrêté préfectoral du 13 septembre 2007. L'inventaire 2024 y recense 32 050 m³ de fûts contenant des traces d'uranium et 2 180 m³ contenant de l'uranium naturel seul.

Le village vaut-il le détour ?

Pour une visite courte, oui : l'église inscrite, quelques maisons anciennes et un point d'information au lieu-dit La Poude, le tout en accès libre et gratuit, en une demi-heure. C'est surtout une étape commode entre Saint-Paul-Trois-Châteaux, à dix minutes, et les villages du Pays de Grignan.

Quels sont les horaires de la mairie ?

Le lundi de 8h à 12h, le mardi de 8h à 12h puis de 13h à 17h, et du mercredi au vendredi de 8h à 12h. C'est la seule administration de la commune : il n'y a ni office de tourisme, ni commerce recensé, ni billetterie.

Nos sources

  • Château mentionné à l'état de ruine dans les textes de 1471, confirmation par des écrits de 1646-1648, abandon attribué à une nouvelle évolution du village dès la Renaissance, occupation certaine du 12e au 14e siècle, très peu de traces, qualification comme site archéologique et château, inscription du 19 septembre 1989 et propriété privée, au lieu-dit Saint-Raphaël : base Mérimée, ministère de la Culture, référence PA00117103. Inscription partielle de l'église le 17 juillet 1926, datation des 12e et 16e siècles, propriété communale : référence PA00117068. Le décompte des 47 inscriptions drômoises de 1926 est un calcul que nous avons fait sur cette base. https://pop.culture.gouv.fr/notice/merimee/PA00117103
  • Attestations du nom depuis 1272, forme Sainct Raphau en 1540, et mention de 1891 selon laquelle le chef-lieu de la commune est au village de Saint-Raphaël : Wikipédia, article Solérieux, consulté le 13 août 2026, d'après le Dictionnaire topographique de la Drôme de J. Brun-Durand (1891). https://fr.wikipedia.org/wiki/Sol%C3%A9rieux
  • Site de stockage de Solérieux : exploitant Orano, stockage de fluorine issue de la conversion de l'uranium par l'usine COMURHEX de Pierrelatte, arrêt en mars 2006, suspension des expéditions en juillet 1999 et reprise en novembre 1999, arrêté préfectoral du 13 septembre 2007, volumes recensés en 2024 de 32 050 m³ et 2 180 m³ : inventaire national des matières et déchets radioactifs, Andra, consulté par nous le 13 août 2026. https://inventaire.andra.fr/site/solerieux
  • Horaires de la mairie, position de l'église Saint-Raphaël et du château, point d'information de La Poude : OpenStreetMap, relevé par nous le 13 août 2026. Distances : moteur OSRM. https://www.openstreetmap.org/copyright

Ce que nous n'avons pas repris : notre source encyclopédique rapporte un épisode de juin 1979 concernant l'arrivée d'un fût dans la décharge communale, que nous n'avons pas pu confirmer auprès d'une source officielle et que nous ne publions donc pas. Sur le site de stockage, nous nous en tenons strictement à la fiche de l'Andra, à l'exclusion des chiffres avancés par les parties en débat. La base du ministère ne fournit pas de coordonnées pour l'église : nous utilisons la position relevée dans les données cartographiques. Les vestiges du château sont en propriété privée et ne se visitent pas. Signalez-nous une erreur si vous constatez un écart.