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Châteauneuf-sur-Isère

Sous ce village, il y a près de 17 hectares de vide. Des carrières de molasse, sur trois niveaux, dont la pierre a bâti les vieilles villes de Valence et de Romans, et dont les galeries portaient les noms des rues valentinoises. Au-dessus, une dizaine de maisons troglodytiques tiennent encore debout dans le coteau de Bel Air. Et le village a donné à l'Église un évêque qui, en 1084, a installé saint Bruno dans le massif de la Chartreuse.

Mis à jour le

Comment cette page est faite

Le récit du sous-sol, des troglodytes, des cheminées sarrasines, de la source et des églises vient des pages « Histoire » et « Sites à découvrir » du site officiel de la commune, que nous avons lues en entier : elles sont écrites par des gens du village et contiennent des choses qu'aucune base de données ne porte. La protection de l'abbaye de Vernaison vient de la base Mérimée, notice PA00116912. Les entrées de cave sont comptées une par une dans les données ouvertes, relevé IGN de mars 2024. Les zonages de protection sont interrogés par nous sur trois points distincts de la commune, et l'écart entre ces points figure dans la page. Les altitudes sont mesurées sur le modèle numérique de terrain de l'IGN, les distances calculées par OSRM depuis la mairie.

Châteauneuf-sur-Isère se lit à l'envers des autres villages : ce qui compte est sous vos pieds. Le bourg est posé sur un banc de molasse, cette pierre tendre qui se scie et qui durcit à l'air, et on l'a exploité pendant des siècles. Il en reste un réseau de galeries, un chemin de découverte en dix étapes, des maisons creusées dans le rocher, une église dédiée au patron des carriers, et une histoire de violonistes aveugles qui étaient carriers l'hiver. Ajoutez une abbaye cistercienne en ruine et un saint de dimension européenne, et vous avez une commune de 4 281 habitants à dix minutes de la gare de Valence TGV.

  • 17 hade vide sous le village, sur trois niveaux
  • 14entrées de cave géolocalisées par l'IGN
  • 1084saint Hugues installe saint Bruno à la Chartreuse
  • 1221la consécration de l'église de Vernaison
Maison troglodytique de Châteauneuf-sur-Isère, façade adossée à la molasse jaune
Une maison troglodytique du village : la façade est maçonnée, les pièces sont derrière, dans le rocher. On voit à gauche la molasse taillée à vif, avec les traces d'outil. Photo Toutaitanous, CC BY-SA 3.0, via Wikimedia Commons.

Dix-sept hectares de vide sous le village

C'est la commune qui donne le chiffre, et il n'est publié nulle part ailleurs : près de 17 hectares de vide composent le sous-sol du village, surtout dans sa partie est. L'ensemble se répartirait sur trois niveaux, le plus important s'ouvrant sur la route départementale qui longe l'Isère. Ce ne sont pas des grottes naturelles : ce sont des carrières, creusées à la main dans la molasse, un grès tendre déposé par une mer miocène, que l'on scie au passe-partout et qui durcit une fois sortie.

Il faut mesurer ce que cela veut dire. La pierre de Châteauneuf a bâti les vieilles villes de Valence et de Romans et une bonne partie des villages alentour. Et la commune rapporte un détail qui dit tout du lien entre les deux : les galeries avaient adopté les noms des rues valentinoises, si bien que le dédale du vieux Valence se retrouvait sous terre, à quinze kilomètres de là, en négatif.

Quatorze entrées de cave, relevées une par une

Nous avons compté dans les données cartographiques ouvertes quatorze entrées de cavité sur le territoire communal, toutes relevées par l'IGN en mars 2024. Elles se répartissent en deux paquets : neuf sur le coteau à l'est et au nord-est du bourg, entre 4,94 et 4,95 de longitude, et cinq au-dessus du village lui-même. Ce n'est pas l'inventaire complet des carrières, ce sont les entrées repérables depuis la surface. Aucune n'est aménagée pour la visite libre, et il ne faut pas s'y engager : une carrière de molasse abandonnée n'est pas une grotte touristique.

Les carrières sont de deux sortes. Les souterraines, au levant du bourg, avec galeries et piliers laissés en réserve. Et celles à ciel ouvert, dans le coteau du Châtelard, que la commune donne comme d'origine romaine : la molasse y affleure, on n'a pas eu besoin de creuser. Une carrière au moins a été restaurée et transformée en cave par un vignoble, et une autre, la grotte du Château, au cœur du village, a gardé son front de taille intact. La commune le dit joliment : un carrier pourrait revenir demain et reprendre son ouvrage là où il l'a laissé.

Carte postale ancienne des Baumes, front de taille de molasse au-dessus de l'Isère
Les Baumes vers 1900, quand les carrières travaillaient encore : le front de taille au-dessus de l'Isère, les bouches des galeries et les piliers laissés en réserve entre elles. La carte est légendée « Châteauneuf-d'Isère », le nom que portait la commune jusqu'au 20e siècle. Photo Médiathèques Valence Romans agglomération, sans restriction connue, via Wikimedia Commons.

Les maisons troglodytiques, et ce qu'on peut en voir

Là où la molasse a été creusée à hauteur d'homme, on a habité. La commune est nette sur les chiffres : une dizaine de maisons troglodytes demeurent en état, et elles ont dû être une cinquantaine par le passé. Elle en tire d'ailleurs une déduction qui vaut la peine d'être rapportée : cela expliquerait la petitesse du centre ancien, puisqu'une bonne partie de la population logeait dans le coteau et non dans le bourg.

Le fleuron est le hameau troglodytique du coteau de Bel Air, à l'est du village. Ce que l'on voit depuis la rue, ce sont des façades maçonnées adossées au rocher, avec des portes charretières et des fenêtres ordinaires : rien ne dit de l'extérieur que les pièces sont dans la pierre. Ce sont pour l'essentiel des maisons habitées, et cela se respecte : on regarde, on ne pousse pas les portes.

Le site troglodyte communal, en chantier

  • Coteau de Bel Air, à l'est du bourg
  • Chantier retenu par la Mission Bern
  • Fouilles archéologiques sous contrôle de la DRAC
  • Souscription ouverte à la Fondation du patrimoine
  • Se renseigner en mairie avant de venir

La commune restaure un site troglodyte lui appartenant et les découvertes se sont enchaînées : murs médiévaux, bassins de la même époque, un silo du 11e siècle. Cela a imposé des fouilles archéologiques dont la commune chiffre le coût à 20 000 € au minimum, au-delà du budget prévu, et ouvert une souscription. L'état d'avancement change : nous ne publions pas de date d'ouverture, appelez la mairie avant de faire le déplacement pour ce seul motif.

Le chemin des Carriers, en dix étapes

C'est l'équipement qui rend tout cela visitable, et il est gratuit. La commune a balisé un parcours de dix étapes autour de trois thématiques, qui relie les carrières, le coteau, le village et la campagne. Le plan du parcours et un livret de jeux pour les enfants se téléchargent en PDF sur le site municipal.

Sur le terrain, six panneaux sont cartographiés dans les données ouvertes, numérotés 3, 5, 6, 7, 8 et 9. Nous les avons tous portés sur la carte ci-dessous, avec le départ conseillé : la Place des Pierres, un poteau directionnel planté à 160 mètres d'altitude au-dessus du bourg, d'où l'on domine à la fois les carrières et la plaine. Deux autres points valent le détour sur le parcours, tous deux signalés comme points de vue : l'un juste au-dessus des caves, l'autre au sud, près de la table d'orientation.

Le Télégraphe, 245 mètres, et le réseau d'irrigation

Le point haut de la commune s'appelle le Télégraphe, du nom du télégraphe Chappe qui occupait ce sommet. Nous avons mesuré la table d'orientation voisine à 245 mètres sur le modèle numérique de terrain de l'IGN, quand le point bas de la commune, au bord de l'Isère, est à 111 mètres : cent trente-quatre mètres de dénivelé pour une commune de plaine. Le sommet a servi ensuite de réservoir d'eau pour l'irrigation par gravité des vergers, un réseau enterré que la commune présente comme le plus important d'Europe au moment de sa création. C'est son affirmation, nous la citons comme telle, faute d'avoir trouvé une source indépendante qui la confirme.

Saint Hugues, la Chartreuse et les violonistes aveugles

Hugues de Châteauneuf est né ici vers 1053, fils d'Odilon, seigneur de Châteauneuf. Chanoine de Valence encore laïc, il est choisi au concile d'Avignon de 1080 pour l'évêché de Grenoble, conduit à Rome et ordonné par Grégoire VII lui-même. Il gardera ce siège cinquante-deux ans, jusqu'à sa mort le 1er avril 1132, et sera canonisé dès le 22 avril 1134.

Le fait qui compte est de 1084. Hugues reçoit Bruno et six compagnons, qu'il aurait vus en rêve sous une bannière de sept étoiles, et les installe dans un vallon enneigé du massif qu'on appelle la Chartreuse. C'est la fondation de l'ordre des Chartreux, et elle part d'ici, de la décision d'un homme né dans ce village. Détail qui relie deux pages de ce site : Hugues a passé une partie de son épiscopat en conflit avec Guigues III d'Albon, qu'il accusait d'avoir usurpé des terres de l'évêché dans le Grésivaudan. Les deux hommes ne se sont entendus qu'en 1099.

La source de Saint-Hugues

  • Dans une grotte, au village
  • Accès libre
  • Réputée guérir les maladies des yeux
  • La croix Saint-Hugues est à 200 m, sur le coteau

Saint Hugues est mort aveugle. De là vient la réputation de cette résurgence, que le pèlerinage du 19e siècle a mise en scène : elle guérirait les maladies des yeux. Mais la commune précise que le pèlerinage n'a fait que confirmer une croyance bien plus ancienne, et c'est là que l'histoire devient remarquable.

Pendant des siècles, des violonistes aveugles se sont rassemblés auprès de cette source, dans l'espoir du miracle. La commune écrit qu'ils ont fini par former une école, que l'on suit du 16e au 19e siècle, et elle donne la clé économique de l'affaire : ces hommes étaient carriers l'hiver, sous terre, où la vue sert peu, et violonistes l'été, dispersés dans les campagnes pour animer les mariages et les fêtes votives. Un métier double, taillé pour un handicap, dans un village dont le sous-sol offrait justement du travail à l'abri de la lumière. C'est le genre de chose que l'on ne trouve dans aucun guide.

L'église, la chapelle de 1896 et la Vierge du vœu

L'église du village date de la fin du 12e siècle, ce qu'une charte de 1204 confirme, et elle a été totalement remaniée au 19e. Son vocable raconte l'histoire économique de la commune : elle a d'abord été dédiée à saint Thomas, patron des architectes et des carriers, ce qui situe l'intensité de l'extraction à cette époque. Avant elle, une première paroissiale se tenait sur le promontoire de Bel Air, sous le vocable de saint André, patron du royaume de Bourgogne auquel Châteauneuf était rattaché.

Saint-Thomas ou Saint-Hugues : les deux noms circulent

La commune écrit que l'église a été rebaptisée Saint-Hugues après la création du pèlerinage, à la fin des années 1800. Les données cartographiques ouvertes, elles, la nomment toujours église Saint-Thomas, et c'est aussi sous ce nom qu'elle figure dans les inventaires d'objets, sa croix de procession étant classée au titre objet. Les deux noms désignent le même bâtiment, au centre du village, sous un clocher à flèche d'ardoise. Nous les donnons tous les deux plutôt que d'en choisir un en silence.

L'église du village et, sur le coteau, la chapelle Saint-Hugues
Le centre du village : l'église et son clocher à flèche d'ardoise, et sur le coteau à gauche, plus haut, la chapelle Saint-Hugues de 1896. Le rocher de molasse ferme l'horizon derrière. Photo FredSeiller, CC0, via Wikimedia Commons.

La chapelle Saint-Hugues, sur le coteau, a été consacrée en 1896, probablement à l'emplacement d'un oratoire antérieur. Elle est due à l'abbé Carre, initiateur du pèlerinage, et son financement dit l'importance du personnage : elle a été payée par les paroissiens et par la Grande-Chartreuse, en reconnaissance de l'accueil fait à saint Bruno huit siècles plus tôt. La commune ajoute un détail qu'on ne remarque pas si on ne le sait pas : l'orientation du bâtiment est atypique, et sa porte s'ouvrirait en direction de la Grande-Chartreuse.

Reste, plus haut encore, la statue de Notre-Dame de Pitié, érigée en juillet 1947 et bénite le 20 juillet. Elle appartient à une série que personne ne relie jamais entre elles : les Vierges du vœu du 15 août 1944, érigées à la demande de Mgr Camille Pic, évêque de Valence, par les paroisses épargnées par la guerre. Le sculpteur, Duilo Donzelli, d'une famille italienne fixée à Valence en 1940, en aurait taillé une douzaine. Celle-ci est parmi les mieux placées : depuis son promontoire, à 204 mètres, elle domine la plaine de Valence et celle de l'Hermitage.

L'abbaye de Vernaison, en ruine et privée

C'est le seul monument protégé de la commune, et on ne peut pas y entrer. L'ancienne abbaye de Vernaison est inscrite partiellement à l'inventaire des monuments historiques le 18 février 1987, pour son état du 18e siècle, et elle est de propriété privée. La base du ministère n'en donne aucune coordonnée, et aucun texte d'historique : c'est la commune qui comble le trou.

L'histoire commence ailleurs. Raymond, seigneur de Châteauneuf, fonde au bord de l'Isère un monastère féminin, Commiers, à l'emplacement du hameau des Monastiers. Au début du 13e siècle, la communauté est transférée à Vernaison, toujours dans la seigneurie, et son église est consacrée en 1221. C'est l'une des premières abbayes de moniales cisterciennes, et la commune la présente comme la fille de l'abbaye de Léoncel, qui l'a toujours protégée. Le 15 août 1292, l'évêque Jean de Genève renouvelait encore ses privilèges.

L'ancienne abbaye de Vernaison en ruine, entourée de vergers de cerisiers
L'ancienne abbaye de Vernaison : la toiture est tombée sur les deux tiers des bâtiments conventuels, des arbres poussent sur les murs, et les vergers de cerisiers sont venus jusqu'au pied. Propriété privée, non visitable. Photo Celeda, CC BY-SA 4.0, via Wikimedia Commons.

Ce qu'il en reste vaut la peine d'être dit franchement, parce que la mention « monument historique » laisse imaginer autre chose : la toiture est tombée sur la plus grande partie des bâtiments, des arbres poussent sur les murs, les fenêtres sont vides. La commune écrit que subsistent des restes intéressants de l'église, des bâtiments conventuels, des particularités architecturales et un réseau hydraulique, et conclut par une phrase que nous ne réécrirons pas : le monument « attend ses restaurateurs ».

Les cheminées sarrasines, une énigme assumée

Ce sont des cheminées de cuisine monumentales, en pierre, coiffées d'un couronnement conique flanqué de pinacles, qui dépassent des toits de ferme. Elles sont de propriété privée et se regardent depuis la voie publique. La commune note qu'elles devaient être classées monuments historiques et que cela n'a pas pu se faire, et elle emploie le mot juste : ce sont une énigme.

Deux précisions utiles. D'abord, elles n'ont aucun lien avec les cheminées bressanes, elles aussi dites sarrasines, qui sont une autre famille et une autre région : la ressemblance de nom trompe régulièrement. Ensuite, un blason aux armes des seigneurs de Châteauneuf figure sur l'une d'elles, et ce blason est parti d'un mouton, symbole du mot bayle, le régisseur en occitan. La commune en tire l'hypothèse que le domaine a appartenu aux seigneurs ou à leurs baïles. C'est une hypothèse, elle le présente comme telle, et nous aussi.

Cheminée sarrasine de Châteauneuf-sur-Isère au-dessus d'un toit de ferme
Une cheminée dite sarrasine : le fût de pierre, le couronnement conique et les quatre pinacles d'angle, au-dessus d'un toit de ferme. Le bâtiment voisin est en galets roulés, comme presque tout ici. Propriété privée. Photo Toutaitanous, CC BY-SA 3.0, via Wikimedia Commons.

Dans le même registre, il y a au village un portail du 17e siècle que les habitants appelaient « le château » : une porte charretière en plein cintre, aux piédroits et voussoirs de molasse taillée, avec ses vantaux de chêne cloutés à losanges et un auvent de tuiles porté par des corbeaux de bois. Elle est libre d'accès, au bord de la rue, avec un panneau explicatif.

Portail du 17e siècle à Châteauneuf-sur-Isère, arc de molasse et vantaux cloutés
Le portail du 17e siècle : arc et piédroits en molasse de pays, vantaux de chêne cloutés en losanges avec une porte piétonne découpée dedans, et auvent de tuiles sur corbeaux de bois. Photo Toutaitanous, CC BY-SA 3.0, via Wikimedia Commons.

Le Châtelard : une dune de sable protégée trois fois

La colline du Châtelard, à l'ouest du village, n'est pas un coteau comme les autres. C'est géologiquement une dune continentale de molasse et de sable, avec une végétation adaptée à des sols secs et sujets à l'érosion, et elle marque une limite : selon la commune, un climat continental au nord, déjà méditerranéen au sud.

Nous avons interrogé les couches officielles de protection sur trois points distincts de la commune, et l'écart entre eux est l'information principale.

Zonages de protection relevés par nous le 24 août 2026 sur trois points de la commune, couches nature de l'API Carto de l'IGN. La colline du Châtelard est le seul des trois points à porter les trois protections, ce qui explique qu'elle soit le site symbolique du secteur.
Point interrogéZNIEFF de type 1ZNIEFF de type 2Natura 2000
Colline du ChâtelardSables de Châteauneuf-sur-IsèreRivière Isère à l'aval de MeylanOui
Coteau de Bel Air, les carrièresAucuneRivière Isère à l'aval de MeylanNon
Bord de l'Isère vers VernaisonAucuneRivière Isère à l'aval de MeylanNon

Le site Natura 2000 s'appelle « Sables de l'Herbasse et des Balmes de l'Isère », il couvre 1 067 hectares et il a été créé le 31 mars 1999. Le Châtelard en est le site symbolique, et il se parcourt par un sentier botanique aménagé par la commune, en accès libre. Notez que le nom du site Natura 2000 porte le mot balmes, et que baume ou balme veut dire grotte : le lieu-dit des Baumes, sur l'Isère, est celui des carrières. La géologie, les cavités et la protection racontent la même chose.

Le vin, la carrière de Jaboulet et une confusion à éviter

Le vignoble de Châteauneuf a une histoire brutale. Il approchait les 300 hectares au 19e siècle, exporté jusqu'en Savoie depuis la Renaissance, et le phylloxéra l'a détruit en totalité. La réponse de la commune n'a pas été de replanter mais d'amener l'eau : c'est le réseau d'adduction de la Bourne qui a changé l'avenir du village, en le tournant vers l'arboriculture. Les vergers ont couvert jusqu'à 1 800 hectares, et beaucoup ont été arrachés à cause de la sharka.

Le Vineum n'est pas ici, il est à Tain-l'Hermitage

Ce que la maison Paul Jaboulet Aîné possède à Châteauneuf, c'est une ancienne carrière de molasse rachetée dans les années 1990 et restaurée en cave. Elle ne se visite pas, et le site de la maison n'en parle pas. Le Vineum, la boutique avec bar à vin et restaurant que beaucoup cherchent ici, est au 25 place du Taurobole à Tain-l'Hermitage, à douze minutes de route, que nous avons mesurées. Il ouvre du mercredi au samedi, de 10h à 20h au printemps et en été, de 10h à 19h en automne et en hiver, et le dimanche de 10h à 17h, le déjeuner étant servi de 12h à 13h45. Les dégustations se réservent.

Deux autres choses valent d'être sues avant de venir. À l'est du territoire, une partie du parc technologique Rovaltain porte le nom de parc du 45e parallèle et couvre 25 hectares : c'est une zone d'activités, pas un lieu de visite, mais elle explique la circulation. Et la commune a perdu plus de 300 hectares au 19e siècle, prélevés pour créer la commune de Saint-Marcel-lès-Valence, ce qui l'a fait passer de son apogée démographique à sa forme actuelle.

La carte des lieux

Les points ci-dessous sont ceux que nous avons pu situer avec certitude. Les quatorze entrées de cave sont regroupées sous deux repères, un par secteur, pour ne pas donner l'impression qu'elles se visitent. La base du ministère ne donne aucune coordonnée pour l'abbaye de Vernaison : la position portée ici est celle du bâtiment relevé sur le terrain cartographique.

Cliquez sur un point pour voir le nom du lieu et ce qu'il faut en savoir. Fond de carte OpenStreetMap.

Venir à Châteauneuf-sur-Isère

C'est une commune très bien reliée, et beaucoup de gens y passent sans le savoir : la gare de Valence TGV est à dix minutes, Valence à quinze, Romans à quinze aussi. Neuf communes lui sont limitrophes, ce qui est beaucoup, et le territoire s'étire sur 45,7 km² entre l'Isère et le plateau.

Temps de trajet calculés par nous le 24 août 2026 depuis la mairie de Châteauneuf-sur-Isère, moteur OSRM sur le réseau OpenStreetMap, hors trafic. Notez Romans : limitrophe, mais quatorze kilomètres de route, parce que la limite communale court le long de l'Isère sans pont à cet endroit.
DestinationDistanceTemps
Beaumont-Monteux (limitrophe)3,3 km5 min
Pont-de-l'Isère (limitrophe)6,3 km8 min
Bourg-lès-Valence (limitrophe, ville de référence)7,5 km9 min
Alixan (limitrophe)8,1 km10 min
Gare de Valence TGV7,9 km10 min
Saint-Marcel-lès-Valence (limitrophe)6,6 km11 min
La Roche-de-Glun (limitrophe)8,8 km12 min
Bourg-de-Péage (limitrophe)11,7 km14 min
Romans-sur-Isère (limitrophe)13,5 km15 min
Valence11,1 km15 min
Tain-l'Hermitage11,1 km12 min
Montélimar60,1 km53 min
Lyon98,2 km1 h 15
Die78,8 km1 h 21

Sur place

  • Mairie ouverte lundi, mardi, jeudi et vendredi de 9h à 12h, samedi de 10h à 12h
  • Pharmacie, deux boulangeries et une médiathèque au village
  • Un hôtel-restaurant deux étoiles sur la place
  • Un camping et une résidence au bord du lac d'Aiguille
  • Aire de camping-car à l'ouest du bourg

Le village a de quoi passer la journée sans voiture une fois qu'on y est garé. À l'ouest, le lac d'Aiguille concentre l'hébergement de loisir, camping et résidence, à cinq kilomètres du bourg : ce n'est pas le même endroit, vérifiez avant de réserver. La mairie est fermée le mercredi, ce qui compte si vous venez pour le site troglodyte.

Questions fréquentes

Peut-on visiter les habitations troglodytiques de Châteauneuf-sur-Isère ?

Elles se voient depuis la rue, sur le coteau de Bel Air, mais ce sont pour l'essentiel des maisons habitées : on regarde les façades, on n'entre pas. Une dizaine tient encore debout, sur une cinquantaine autrefois selon la commune. Le site troglodyte communal fait l'objet d'un chantier de restauration retenu par la Mission Bern, avec des fouilles conduites sous le contrôle de la DRAC : consultez la mairie avant de venir pour savoir ce qui est ouvert.

Qu'est-ce que le chemin des Carriers ?

Un parcours de découverte en dix étapes, balisé par la commune, qui relie les carrières souterraines, les fronts de taille à ciel ouvert du Châtelard et le village. Six de ses panneaux sont cartographiés dans les données ouvertes, du numéro 3 au numéro 9. Le point de départ le plus commode est la Place des Pierres, à 160 mètres d'altitude, au-dessus du bourg. Le plan et un livret de jeux sont téléchargeables sur le site de la commune.

Qui était saint Hugues, et pourquoi son nom est-il partout ici ?

Hugues de Châteauneuf, né ici vers 1053, fils du seigneur Odilon, est devenu évêque de Grenoble en 1080 et l'est resté cinquante-deux ans. C'est lui qui, en 1084, a reçu saint Bruno et ses six compagnons et les a installés dans le massif de la Chartreuse : sans lui, pas d'ordre des Chartreux. Canonisé en 1134, il a donné son nom à la chapelle de 1896, à la croix, à la source et, depuis le 19e siècle, à l'église elle-même.

Le Vineum de Paul Jaboulet Aîné est-il à Châteauneuf-sur-Isère ?

Non, et c'est une confusion fréquente. Ce que la maison Jaboulet possède ici, c'est une ancienne carrière de molasse rachetée dans les années 1990 et transformée en cave, qui ne se visite pas. Le Vineum, la boutique avec bar à vin et restaurant, est au 25 place du Taurobole à Tain-l'Hermitage, à douze minutes de route. Il ouvre du mercredi au samedi et le dimanche matin.

Que représente le sous-sol creusé de la commune ?

Près de 17 hectares de vide, répartis sur trois niveaux selon la commune, sous le village et surtout sa partie est. Quatorze entrées de cave sont géolocalisées dans les données ouvertes, relevées par l'IGN en mars 2024. La pierre extraite ici a bâti les vieilles villes de Valence et de Romans, au point que les galeries portaient les noms des rues valentinoises.

L'abbaye de Vernaison se visite-t-elle ?

Non. C'est une propriété privée, inscrite partiellement à l'inventaire des monuments historiques le 18 février 1987, et elle est en ruine : les toitures sont tombées sur la plus grande partie des bâtiments conventuels et des arbres poussent sur les murs. La commune écrit elle-même qu'elle attend ses restaurateurs. Elle se devine depuis les vergers, à l'est du territoire.

Nos sources

  • Les 17 hectares de vide sur trois niveaux, les noms de rues valentinoises donnés aux galeries, la dizaine de maisons troglodytes sur une cinquantaine autrefois, le chantier de la Mission Bern et son coût de fouilles, la source des violonistes aveugles, la chapelle de 1896 financée par la Grande-Chartreuse, les cheminées sarrasines, la Vierge du vœu, le portail du 17e siècle, la grotte du Château et le Télégraphe : site officiel de la commune, pages « Sites à découvrir » et « Histoire », lues en entier le 24 août 2026. https://www.chateauneufsurisere.fr/spip.php?article482
  • Chemin des Carriers en dix étapes, trois thématiques, plan et livret de jeux en PDF : site officiel de la commune, page dédiée, lue le 24 août 2026. https://www.chateauneufsurisere.fr/spip.php?article802
  • Abbaye de Vernaison, inscription partielle du 18 février 1987, datation 18e siècle, propriété privée, aucune coordonnée fournie : base Mérimée, ministère de la Culture, notice PA00116912, relevée le 24 août 2026. https://pop.culture.gouv.fr/notice/merimee/PA00116912
  • Hugues de Châteauneuf né vers 1053, chanoine de Valence, évêque de Grenoble de 1080 à 1132, ordonné par Grégoire VII, accueil de saint Bruno et de six compagnons en 1084, conflit puis accord de 1099 avec Guigues III d'Albon, mort le 1er avril 1132, canonisation du 22 avril 1134 : Wikipédia, article « Hugues de Châteauneuf », consulté le 24 août 2026. https://fr.wikipedia.org/wiki/Hugues_de_Ch%C3%A2teauneuf
  • Attestations du nom depuis 1157, seigneurie des Châteauneuf, fondation de Commiers par Raymond et transfert à Vernaison, passage à l'évêché de Valence vers 1292, phylloxéra, adduction de la Bourne, démembrement au profit de Saint-Marcel-lès-Valence, parc du 45e parallèle, via Agrippa et pont de la Déesse : Wikipédia, article « Châteauneuf-sur-Isère », consulté le 24 août 2026. Plusieurs points y sont signalés comme demandant une référence, et nous le disons. https://fr.wikipedia.org/wiki/Ch%C3%A2teauneuf-sur-Is%C3%A8re
  • Horaires, adresse et formules du Vineum, 25 place du Taurobole à Tain-l'Hermitage : site des Domaines Paul Jaboulet Aîné, page « Visitez-nous, le Vineum », relevée le 24 août 2026. Le site de la maison ne mentionne pas de site visitable à Châteauneuf-sur-Isère. https://jaboulet.com/fr/visit-us-the-vineum/
  • Zonages de protection sur trois points distincts de la commune, ZNIEFF de type 1 « Sables de Châteauneuf-sur-Isère », ZNIEFF de type 2 « Zone fonctionnelle de la rivière Isère à l'aval de Meylan », site Natura 2000 « Sables de l'Herbasse et des Balmes de l'Isère » de 1 067 ha créé le 31 mars 1999 : API Carto de l'IGN, couches nature, interrogées par nous le 24 août 2026. https://apicarto.ign.fr/api/doc/nature
  • Altitudes de la table d'orientation, de la statue et de la mairie : service d'altimétrie de la Géoplateforme, modèle RGE Alti de l'IGN, interrogé par nous le 24 août 2026. https://geoservices.ign.fr/rgealti
  • Quatorze entrées de cavité relevées par l'IGN en mars 2024, panneaux du chemin des Carriers, points de vue, table d'orientation, croix Saint-Hugues, commerces et horaires de la mairie : OpenStreetMap, relevé par nous le 24 août 2026. Distances routières : moteur OSRM depuis la mairie. https://www.openstreetmap.org/copyright

Ce que nous n'avons pas pu établir : l'état d'ouverture du site troglodyte communal, qui dépend de l'avancement des fouilles ; la localisation précise des cheminées sarrasines, que nous ne publions pas puisqu'elles sont chez des particuliers ; la confirmation indépendante du réseau d'irrigation présenté par la commune comme le plus important d'Europe à sa création ; et l'existence d'un accès public à la carrière de la maison Jaboulet, que son propre site ne mentionne pas. Signalez-nous une erreur si vous constatez un écart.