L'épisode de 1248, l'étymologie du nom et l'histoire des remparts viennent de la page « histoire » du site officiel de la commune, consultée le 13 août 2026 : c'est la source la plus directe, et nous la citons plutôt qu'un annuaire. Les horaires de la bibliothèque installée dans la tour Diane de Poitiers viennent de la page « espaces culturels » de la même commune. Les dates et le périmètre des protections, le 7 septembre 1978 pour les remparts et le 27 juin 1983 pour la maison dite de Diane de Poitiers, viennent de la base Mérimée du ministère de la Culture. Les distances sont calculées par nous depuis la mairie, moteur OSRM. Quand la commune écrit au conditionnel, nous écrivons au conditionnel.
Le bon plan de La Roche-de-Glun tient en une phrase : la tour Diane de Poitiers se visite gratuitement, parce qu'elle abrite la bibliothèque municipale et une salle d'exposition. Ajoutez la porte du Roussillon, dernier vestige des deux portes de ville, et vous avez une halte d'une heure sur la ViaRhôna, entre Valence et Tain-l'Hermitage.
- 1248le péage réclamé à Louis IX en route pour la croisade
- 6 000ouvrages dans la tour classée, en accès libre
- 1 sur 2les portes de ville qui subsistent
- 1972la restauration de la porte du Roussillon
1248 : le péage réclamé à Saint Louis
C'est l'histoire que raconte la commune elle-même, et elle est trop belle pour être résumée en une ligne. En 1248, Louis IX descend le Rhône pour rejoindre Aigues-Mortes, d'où il doit embarquer pour la septième croisade. Sur son passage, La Roche-de-Glun, dont le donjon se dresse sur un rocher planté dans le lit du fleuve.
Le seigneur Roger de Clérieux exige du roi le péage royal. Le roi refuse, et il ne se contente pas de passer : il ordonne l'assaut du château. Le siège dure plusieurs semaines. Clérieux finit par capituler ; il est emprisonné, et la forteresse est démantelée. Ce péage-là n'était pas une taxe accessoire : le contrôle du passage sur le Rhône était la raison d'être du lieu, et le rocher dans le fleuve en était l'instrument. En s'attaquant au roi de France en route pour la croisade, le seigneur a mis en jeu, et perdu, tout ce qui faisait sa position.
L'histoire ne s'arrête pas là. Le village s'entoure de remparts avec un donjon intégré au système défensif, et deux portes en commandent l'accès. En 1342, il obtient une charte de libertés d' Humbert II, dernier dauphin de Viennois. Quatre ans plus tard, en 1346, Humbert II cède le Dauphiné à la couronne de France contre 200 000 florins : La Roche-de-Glun devient française, et le roi la donne aux Poitiers de Saint-Vallier. C'est de là que vient, un siècle et demi plus tard, le nom de Diane.
La tour Diane de Poitiers, ouverte et gratuite
Voici l'information pratique la plus utile de cette page, et elle ne figure sur aucune fiche touristique : on peut entrer dans le monument protégé, gratuitement, aux heures d'ouverture de la bibliothèque.
Tour Diane de Poitiers, bibliothèque municipale et salle des Gardes
La commune y a installé sa bibliothèque municipale, riche de plus de six mille ouvrages répartis entre romans, documentaires, bandes dessinées et livres pour enfants. On entre par une petite porte sur le côté droit de la tour. Elle ouvre le mardi de 16h à 18h, le mercredi de 9h à 12h, le vendredi de 16h à 18h et le samedi de 10h à 12h. Au rez-de-chaussée, la salle des Gardes sert d'espace d'exposition pour les artistes, la commune y organisant régulièrement des accrochages ; elle se réserve auprès de la mairie.
La plupart des monuments protégés de la Drôme sont soit privés, soit fermés, soit payants. Ici, le monument est communal, ouvert quatre demi-journées par semaine et gratuit, parce qu'il a un usage : on n'y vend pas de billets, on y emprunte des livres. C'est la meilleure façon de conserver un bâtiment ancien, et cela vaut d'être signalé. En revanche, cela veut dire que hors de ces créneaux, la tour est fermée : quatre demi-journées, jamais le lundi ni le jeudi, jamais le dimanche. Calez votre passage dessus.
Diane de Poitiers : ce que la commune dit exactement
L'attribution mérite d'être citée mot pour mot, parce qu'elle est prudente et que les reprises ne le sont pas. Le site officiel de la commune écrit : « La Tour au cœur du village porte le nom d'une déesse de la renaissance : Diane de Poitiers qui aurait fait une visite dans ce lieu qui appartenait à son frère. »
Trois précisions se perdent en général dans les reprises. D'abord, la tour appartenait au frère de Diane, pas à elle. Ensuite, sa venue est donnée au conditionnel par la commune elle-même. Enfin, la base du ministère de la Culture intitule la notice « Maison dite de Diane de Poitiers » : l'expression dite de est la formule administrative qui signale précisément une attribution d'usage et non une propriété établie. C'est le même problème qu'à Saint-Vallier, où le lien avec Diane de Poitiers est également incertain. Nous gardons donc le conditionnel : le nom est authentique, le séjour ne l'est pas.
La porte du Roussillon, dernière des deux
Le village fortifié comptait deux portes : la porte Saint-Georges et la porte du Roussillon. Seule la seconde subsiste. Elle a été restaurée en 1972 et fait partie, avec les anciens remparts, de l'inscription au titre des monuments historiques du 7 septembre 1978. Le ministère date l'ensemble des 13e et 14e siècles, et il est propriété de la commune.
Il ne s'agit ni de la province ni de la couleur. Au 12e siècle, la famille de Clérieux, propriétaire du lieu, confie son château à un parent, Guillaume de Roussillon. Le patronyme est resté attaché à la porte ouverte en 1342, deux siècles plus tard. C'est le nom d'un gardien de château qui a survécu à tout le reste : au château, au donjon, à l'autre porte et aux remparts eux-mêmes.
Il faut noter une divergence de datation. La commune écrit que le village s'entoure de remparts au 11e siècle, tandis que la base du ministère date les remparts conservés des 13e et 14e siècles et que la porte du Roussillon est rattachée à la charte de 1342. Les trois versions sont conciliables : une première enceinte ancienne, refaite après la destruction de 1248 et percée d'une nouvelle porte au moment de la charte. Nous les donnons toutes les trois plutôt que d'en choisir une.
Un genou de pierre dans le lit du Rhône
L'explication que donne la commune est simple et cohérente avec la géographie : le village est situé sur un rocher, et le terme « glun » serait une expression celtique signifiant « rond comme un genou ». Ce rocher arrondi se trouvait dans le lit du Rhône, et c'est sur lui que s'élevait le donjon. Autrement dit, le nom de la commune est une description physique : la roche ronde du fleuve. Et cette roche est aussi l'explication du péage : un donjon planté dans le courant, sur un point de resserrement, contrôle la navigation. Nous donnons cette étymologie comme la commune la donne, au conditionnel : c'est une explication locale, pas une démonstration de linguiste.
Le donjon a disparu, et notre source encyclopédique indique qu'il a été rasé sur ordre de Louis XIII, comme tant d'autres forteresses du royaume après 1620. Le paysage a changé une seconde fois au 20e siècle : la retenue mise en eau en 1968 sur le Rhône a modifié le régime du fleuve autour de la commune.
La ViaRhôna, la confluence et un décathlonien
Aujourd'hui, La Roche-de-Glun est une commune de 3 569 habitants traversée par la ViaRhôna, la véloroute qui suit le Rhône du lac Léman à la Méditerranée. Un point d'information de l'itinéraire et un stationnement vélos sont signalés sur le territoire. Au sud, la confluence de l'Isère et du Rhône marque la limite communale, face à Châteaubourg, en Ardèche.
L'agriculture est celle du couloir rhodanien : vergers, vignes en AOC crozes-hermitage et côtes-du-rhône, céréales. Un four à chaux daté de 1741 subsiste en propriété privée, et le bassin des Muzards est signalé comme site d'observation ornithologique. Côté habitants, Kevin Mayer, athlète français spécialiste des épreuves combinées, réside dans la commune ; le sculpteur Gaston Dintrat (1889-1964) y a vécu de 1948 à 1964. Le village compte une pharmacie, une boulangerie, l'église Saint-Roch et plusieurs parcs.
La carte des lieux
Les points ci-dessous sont ceux que nous avons pu situer avec certitude. Le four à chaux de 1741 et le bassin des Muzards n'y figurent pas : nous n'avons pas de position vérifiable, et le premier est en propriété privée. L'emplacement du donjon, rasé, n'est pas repérable.
Cliquez sur un point pour voir le nom du lieu et ce qu'il faut en savoir. Fond de carte OpenStreetMap.
Venir à La Roche-de-Glun
La commune est sur la rive gauche du Rhône, entre Valence et Tain-l'Hermitage, à dix-sept minutes de Valence et douze de Tain-l'Hermitage. Sa ville de référence calculée est Bourg-lès-Valence, à quinze minutes.
| Destination | Distance | Temps |
|---|---|---|
| Beaumont-Monteux (limitrophe) | 7,8 km | 11 min |
| Tain-l'Hermitage | 9,0 km | 12 min |
| Mercurol-Veaunes (limitrophe) | 10,1 km | 13 min |
| Bourg-lès-Valence (limitrophe), ville de référence | 10,9 km | 15 min |
| Châteauneuf-sur-Isère (limitrophe) | 9,7 km | 15 min |
| Valence | 11,8 km | 17 min |
| Gare de Valence TGV | 18,8 km | 20 min |
| Romans-sur-Isère | 20,1 km | 24 min |
| Saint-Vallier | 22,9 km | 28 min |
La mairie ouvre du lundi au jeudi de 9h à 11h45 et de 14h à 16h30, et le vendredi de 9h à 11h45 puis de 14h à 18h. La bibliothèque de la tour, qui est la seule façon d'entrer dans le monument, ouvre quatre demi-journées : mardi et vendredi de 16h à 18h, mercredi de 9h à 12h, samedi de 10h à 12h. La porte du Roussillon, l'église Saint-Roch et les parcs sont en accès libre. Le village se parcourt entièrement à pied, tout est groupé autour de la mairie, et la ViaRhôna permet d'y arriver à vélo.
Questions fréquentes
Peut-on entrer dans la tour Diane de Poitiers ?
Oui, et gratuitement, ce qui est rare pour un monument protégé : la tour abrite la bibliothèque municipale, et l'on y entre par une petite porte sur le côté droit. Elle ouvre le mardi et le vendredi de 16h à 18h, le mercredi de 9h à 12h et le samedi de 10h à 12h, avec plus de six mille ouvrages. Le rez-de-chaussée, la salle des Gardes, sert de salle d'exposition pour les artistes.
Quel est le rapport avec Diane de Poitiers ?
Un rapport de famille, et la commune le formule elle-même au conditionnel : la tour porte le nom de Diane de Poitiers qui « aurait fait une visite dans ce lieu qui appartenait à son frère ». Ce n'est donc pas sa maison, c'est celle de sa famille, et sa venue n'est pas établie. Nous rapportons l'appellation telle qu'elle est, sans la transformer en certitude, comme nous l'avions déjà fait à Saint-Vallier.
Que s'est-il passé ici avec Saint Louis ?
Le seigneur du lieu lui a réclamé le péage. En 1248, Louis IX descend le Rhône pour rejoindre Aigues-Mortes et sa septième croisade. Le seigneur Roger de Clérieux exige de lui le péage royal. Le roi refuse et ordonne l'assaut du château. Le siège dure plusieurs semaines, Clérieux capitule, il est emprisonné et la forteresse est démantelée. Réclamer un droit de passage au roi de France en route pour la croisade : c'est l'épisode qui fait toute l'histoire du village.
Que reste-t-il des remparts ?
Une porte sur les deux. Le village s'entoure de remparts au Moyen Âge, avec deux accès : la porte Saint-Georges et la porte du Roussillon. Seule la seconde subsiste, restaurée en 1972 et inscrite monument historique avec les remparts le 7 septembre 1978. Le ministère de la Culture date l'ensemble des 13e et 14e siècles. Elle appartient à la commune et se voit depuis la rue.
D'où vient ce nom de La Roche-de-Glun ?
Du rocher. La commune explique que le village est situé sur un rocher, et que le terme « glun » serait une expression celtique signifiant « rond comme un genou ». Ce rocher arrondi se trouvait dans le lit du Rhône, et c'est sur lui que s'élevait le donjon. Nous donnons cette étymologie comme la commune la donne : une explication locale, pas une démonstration linguistique.
Que peut-on faire à vélo ?
La ViaRhôna traverse la commune, et c'est le meilleur usage du lieu. La véloroute longe le Rhône de Genève à la Méditerranée, et La Roche-de-Glun est sur son tracé, entre la confluence de l'Isère et du Rhône au sud et Tain-l'Hermitage au nord, à douze minutes en voiture. Un point d'information et un stationnement vélos sont signalés sur la commune.
Qui habite La Roche-de-Glun ?
Trois mille cinq cent soixante-neuf habitants, et parmi eux Kevin Mayer, athlète français spécialiste des épreuves combinées, qui y réside. Le sculpteur Gaston Dintrat y a vécu de 1948 à 1964. La commune produit par ailleurs du crozes-hermitage et du côtes-du-rhône, ainsi que des fruits.
Nos sources
- Épisode de 1248, péage réclamé à Louis IX par Roger de Clérieux, siège de plusieurs semaines, emprisonnement et démantèlement de la forteresse, étymologie de « glun » comme « rond comme un genou », donjon sur le rocher dans le lit du Rhône, remparts et deux portes, porte du Roussillon restaurée en 1972, cession du Dauphiné en 1346, attribution de la tour à Diane de Poitiers au conditionnel : site officiel de la commune de La Roche-de-Glun, page « histoire », consultée par nous le 13 août 2026. https://www.larochedeglun.fr/Histoire-345
- Bibliothèque municipale installée dans la tour Diane de Poitiers, plus de 6 000 ouvrages, entrée par la petite porte du côté droit, horaires du mardi, mercredi, vendredi et samedi, salle des Gardes au rez-de-chaussée servant d'espace d'exposition et réservable en mairie : site officiel de la commune, page « espaces culturels », consultée le 13 août 2026. https://www.larochedeglun.fr/Espaces-culturels
- Inscription partielle des anciens remparts le 7 septembre 1978, datation des 13e et 14e siècles ; inscription partielle de la maison dite de Diane de Poitiers le 27 juin 1983, datation du 15e siècle ; propriété communale des deux : base Mérimée, ministère de la Culture, code INSEE 26271. https://ministere-culture.s3.sbg.io.cloud.ovh.net/POP/merimee.csv
- Charte de libertés de 1342 accordée par Humbert II, cession du Dauphiné contre 200 000 florins, porte Saint-Georges et porte du Roussillon, origine du nom par Guillaume de Roussillon au 12e siècle : carte du patrimoine du département de la Drôme et office de tourisme Ardèche Hermitage, consultés le 13 août 2026. https://cartepatrimoine.ladrome.fr/notice-1999
- Donjon rasé sur ordre de Louis XIII, four à chaux de 1741, bassin des Muzards, AOC crozes-hermitage et côtes-du-rhône, Gaston Dintrat et Kevin Mayer : Wikipédia, article La Roche-de-Glun, consulté le 13 août 2026. Plusieurs de ces points y sont signalés comme demandant une référence et nous le disons. https://fr.wikipedia.org/wiki/La_Roche-de-Glun
- Horaires de la mairie, position de la porte Roussillon, de la tour, de l'église Saint-Roch, de la pharmacie, du point d'information ViaRhôna et des parcs : OpenStreetMap, relevé par nous le 13 août 2026. Distances : moteur OSRM. https://www.openstreetmap.org/copyright
Ce que nous ne garantissons pas : la venue effective de Diane de Poitiers, que la commune elle-même donne au conditionnel et que la base du ministère qualifie par la formule « maison dite de » ; ni l'étymologie celtique de « glun », qui est une explication locale. Les datations des remparts divergent selon les sources, du 11e siècle pour la commune aux 13e et 14e pour le ministère : nous donnons les deux. Nous n'avons pas trouvé de position vérifiable pour le four à chaux de 1741, en propriété privée, ni pour le bassin des Muzards, et nous ne les cartographions pas. Enfin, les horaires d'une bibliothèque municipale changent : vérifiez auprès de la commune avant de faire la route pour entrer dans la tour. Signalez-nous une erreur si vous constatez un écart.
