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Saint-Martin-en-Vercors

Un village de quatre cents habitants dans un berceau de prairies, un tilleul planté en 1597 sur la place qui porte son nom, et une date que peu de gens associent à ce nom : le 3 juillet 1944, c'est ici que la République libre du Vercors a été officiellement intronisée. Au-dessus, les hauts plateaux, leurs gouffres et leurs bornes gravées ; en dessous, le berceau agricole et le sillon de la Vernaison.

Mis à jour le

Comment cette page est faite

L'histoire ancienne du village vient de la revue de patrimoine que la commune publie elle-même, rédigée par des gens d'ici, pas d'une fiche touristique : c'est elle qui donne le procès forestier de 1767 et le chiffre des quarante mille bêtes. Les dates de 1944 sont recoupées avec l'histoire du maquis du Vercors. Les cotes des gouffres viennent de l'inventaire spéléologique départemental, les altitudes sont mesurées par nous sur le modèle de terrain de l'IGN, et les zonages ont été interrogés en trois points parce qu'ils diffèrent entre le village et le plateau. Distances calculées par OSRM depuis la mairie.

Saint-Martin-en-Vercors est le village le plus haut placé de ce guide dans l'histoire de la Résistance, et c'est aussi un lieu où l'on peut passer une journée entière sans jamais penser à la guerre. La commune s'étage de 650 mètres à 1 575 mètres, du fond des Grands Goulets aux crêtes de la Sambue. Elle a un tilleul de quatre siècles, une plaque commémorative qui plaisante, une station-service ouverte jour et nuit, et l'un des dix plus longs réseaux souterrains du département sous ses prairies d'altitude.

  • 3 juillet 1944la République libre du Vercors intronisée ici
  • 1597l'année de plantation du tilleul de la place
  • 3 200 mde galeries sous la prairie d'Herbouilly
  • 40 000bêtes provençales sur ces montagnes en 1767
Le berceau agricole de Saint-Martin-en-Vercors, prairies, haies et hameau sous la falaise
Le berceau de Saint-Martin : prairies de fauche, haies continues de feuillus, hameau installé sur un ressaut, et au-dessus la falaise des hauts plateaux. C'est ce paysage que la commune décrit elle-même comme « d'une qualité exceptionnelle ». Photo Gloumouth1, CC BY-SA 4.0, via Wikimedia Commons.

Un berceau agricole entre deux mondes

Le mot est de la commune, et il est juste : à hauteur du village, le sillon s'élargit en un berceau orienté nord-sud, en pente vers le sud, ouvert sur la vallée de la Vernaison. Le village est bâti en balcon sur le flanc ouest, et les hameaux se voient les uns les autres. C'est un paysage de bocage, avec des haies continues au nord, des ripisylves dans les vallons, et d'anciens chemins bordés de lauzes calcaires qui relient les hameaux.

Il faut connaître le découpage pour lire la commune. Trois entités s'y superposent : le berceau agricole autour du village, à 750 mètres ; le bois de l'Allier à l'ouest, une hêtraie qui descend par paliers vers les gorges ; et à l'est les rebords des hauts plateaux, falaises et forêts mixtes qui montent jusqu'à 1 575 mètres. Le point le plus bas est aux Grands Goulets, à 650 mètres, à la limite d'Échevis.

Cette position se lit aussi dans les chiffres de population. La commune comptait 93 familles en 1644, elle a 437 habitants en 2023, et elle a gagné 21 % d'habitants en six ans, contre 2,5 % pour le département. Pour un village de montagne, c'est un chiffre inhabituel, et il ne s'explique pas par le tourisme seul : le village a gardé ses commerces, son école et sa station d'essence.

Une commune drômoise qui regarde vers l'Isère

Notre calcul de ville de référence, fondé sur les temps de route réels, ne désigne ni Valence ni Die mais Saint-Marcellin, en Isère, à 39 minutes. Die, chef-lieu historique du diocèse dont dépendait la paroisse, demande cinquante minutes et un col. Grenoble est à une heure et deux minutes, Valence à une heure. La commune elle-même écrit qu'elle appartient « à l'aire d'influence de Valence » tout en ayant plus d'échanges avec la plaine de l'Isère qu'avec Grenoble. Autrement dit : ici, l'appartenance administrative et la vie quotidienne ne pointent pas dans la même direction.

Le 3 juillet 1944, et ce qui a suivi

Saint-Martin-en-Vercors a abrité le quartier général du maquis du Vercors et un hôpital. Et le 3 juillet 1944, c'est ici que la République libre du Vercors a été officiellement intronisée, lors d'une prise d'armes en l'honneur d'Yves Farge, commissaire de la République de la région R1, revenu sur le plateau à ce titre.

Il faut mesurer ce que cela veut dire. Depuis le 9 juin 1944, la Résistance avait verrouillé les accès du plateau, qui fonctionnait en zone libérée. Une administration civile s'y était installée, le Comité de libération nationale du Vercors, présidé par Eugène Chavant et assisté de deux sous-préfets, relais du Gouvernement provisoire. Le 3 juillet est le jour où cet état de fait est officialisé par le représentant de l'État. Ce n'est pas une commémoration rétrospective : c'est un acte contemporain, posé en pleine occupation.

Dix-huit jours

Entre la prise d'armes du 3 juillet 1944 à Saint-Martin et le déclenchement de l'assaut allemand, le 21 juillet, il s'écoule dix-huit jours. L'opération mobilise près de dix mille hommes de la 157e division de montagne du général Pflaum et constitue la plus vaste entreprise menée en France contre la Résistance. Le renfort de troupes aéroportées alliées, attendu depuis dix-huit mois au titre du « plan Montagnards », n'est jamais venu. Le 23 juillet, l'ordre est donné de disperser les groupes.

La commune écrit elle-même que Saint-Martin et Saint-Julien « ne furent pas complètement détruits comme La Chapelle et Vassieux, mais payèrent un lourd tribut en morts et destructions ». C'est la formulation d'un village qui connaît la hiérarchie des malheurs de ses voisins et refuse de s'attribuer plus que sa part.

Deux autres faits rattachent la commune à cette histoire. La première attaque allemande contre le Vercors, le 22 janvier 1944, a lieu aux Grands Goulets, au hameau des Barraques-en-Vercors, à l'extrémité sud-ouest de la commune : les résistants s'y replient devant l'artillerie, et le hameau est détruit. Et le 11e régiment de cuirassiers, reconstitué clandestinement et monté sur le plateau avec trois cents hommes sous les ordres du capitaine Geyer, dit Thivollet, a participé après la dispersion à la libération de Romans et de Bourg-de-Péage avant de poursuivre vers les Vosges et l'Alsace.

Sur le terrain, la commune porte un monument aux morts et deux stèles, l'une au nord du village, l'autre aux Barraques. Le musée départemental de la Résistance du Vercors, qui raconte l'ensemble de cette histoire, est à Vassieux-en-Vercors, et la Cour des Fusillés à La Chapelle-en-Vercors, à dix minutes d'ici.

Le tilleul de 1597 et la place des assemblées

Sur la place centrale, devant la mairie, se dresse un tilleul à petites feuilles, Tilia cordata, enregistré comme planté en 1597. Quatre cent vingt-neuf ans en 2026. La place s'appelle place du Tilleul, la mairie y a son adresse au numéro 10, et le village lui consacre une fête au premier week-end d'août.

Il appartient à la campagne de plantations lancée sous Henri IV par son ministre Sully, qui faisait planter des arbres le long des chemins du royaume qu'il remettait en état. Mais la tradition locale retient une autre raison, plus convaincante pour un village de montagne : celui-ci n'ombrage aucune route, il ombrage la place où se tenaient les assemblées d'habitants, coutume en usage au 16e siècle. À cette époque exactement, la paroisse devient commune et les habitants élisent chaque année, à Pâques, un consul qui l'administre pendant un an, assisté quand il le faut d'une assemblée générale. L'arbre et l'institution sont contemporains.

Une plaque qui commémore un jour où rien n'est arrivé

À la sortie sud du village, une plaque scellée porte cette inscription : « Ici le 17 avril 1891 il ne se passa strictement rien ». Elle est enregistrée comme monument commémoratif au même titre que les autres. Nous n'avons trouvé ni auteur, ni date de pose, ni explication officielle, et nous n'en inventerons pas. Dans un village qui porte des stèles de 1944 à deux cents mètres de là, c'est une respiration, et elle vaut le détour de trente secondes qu'elle demande.

Le centre de Saint-Martin-en-Vercors, hôtel-restaurant et rue du village
Le centre du village, avec l'hôtel-restaurant et sa terrasse. Le bâti mêle les maisons anciennes en pierre et des constructions récentes : le village a été durement touché en 1944 et il a continué de bâtir depuis. Photo Jean-Paul Corlin, CC BY-SA 4.0, via Wikimedia Commons.

De l'abri de Bobache au procès de 1767

L'occupation humaine du secteur est très ancienne. L'abri de Bobache, à l'ouest de la commune, a été fouillé en 1912 et a livré des silex de la période azilienne, c'est-à-dire la fin de la dernière glaciation, autour de dix mille ans avant notre ère. Le paysage était alors une steppe à arbres clairsemés, et les chasseurs y traquaient notamment la marmotte, pour sa chair et sa fourrure.

Plus tard, entre 6 250 et 4 500 avant notre ère, la forêt se referme et gêne la chasse ; les groupes montent alors chercher en été les zones giboyeuses et peu boisées des hauts plateaux. Un abri sous roche près du Pas de la Charmate a gardé la trace de ces migrations annuelles : on y faisait halte quelques jours par an, près d'un point d'eau, pendant plusieurs millénaires. C'est une des façons les plus parlantes d'imaginer le temps long.

Les dates de Saint-Martin-en-Vercors, d'après la revue de patrimoine publiée par la commune, le dictionnaire topographique de la Drôme et la notice encyclopédique, relevées le 25 août 2026. Plusieurs points sont signalés comme demandant une référence dans notre source encyclopédique ; la revue communale les confirme pour la plupart, sans les sourcer davantage.
DateCe qui se passe
1235Le Vercors drômois passe sous la suzeraineté de l'évêque de Die, qui en dispute les revenus aux religieux de Saint-Antoine
1304Première mention de la paroisse : ecclesia Sancti Martini de Vercors. Les dîmes passent de la commanderie de Sainte-Croix au chapitre de Die
1318Saint-Martin appartient aux Antonins de Sainte-Croix
1508La peste décime la population pendant l'été
Milieu du 16eLa paroisse devient commune : un consul élu chaque année à Pâques
1573-1590Guerres de Religion : pris par Montbrun, repris par Gordes qui fait démolir les châteaux. Le village finit criblé de dettes, l'église en partie détruite
1597Plantation du tilleul de la place
164493 familles
1662Louis Gauthier de la Tour, sieur de Larénier, fait bâtir le château de l'Arénier et sa tour
1749L'évêque arrente les dîmes à un particulier pour 850 livres par an
1767Les quatre communes du Vercors drômois attaquent en justice pour défendre leur droit d'usage sur les forêts
1790La commune entre dans le canton de La Chapelle-en-Vercors

Le procès de 1767 mérite qu'on s'y arrête, parce qu'il explique le paysage. Saint-Martin, Saint-Julien, La Chapelle et Saint-Agnan défendaient devant les tribunaux leur droit d'usage sur les forêts, celui de couper du bois et de faire paître les bêtes, à l'origine des coupes d'affouage encore pratiquées. En face, l'évêque et les seigneurs voulaient restreindre ces droits pour vendre le bois de leurs scieries, et ils louaient les montagnes très cher à des bergers de Provence.

Quarante mille bêtes sur les hauts plateaux

  • Chiffre publié par la commune dans sa revue de patrimoine
  • 40 000 têtes de bétail transhumant de Provence
  • Soit quatre à cinq fois le cheptel total des quatre communes
  • Conséquence assumée à l'époque : la dégradation de la forêt

C'est le genre de chiffre qui change la façon de regarder un alpage. Les hauts plateaux au-dessus du village n'étaient pas un désert, c'était une ressource louée au plus offrant, et la pression pastorale y dépassait de très loin ce que les habitants pouvaient y mettre. La commune écrit que ces troupeaux « contribuent à dégrader la forêt » : le conflit de 1767 n'est pas seulement un conflit de droit, c'est un conflit sur l'état du milieu. Nous n'avons pas trouvé de source publiant l'année exacte de ce décompte ni sa méthode : nous donnons le chiffre tel que la commune le publie, en le signalant comme tel.

Herbouilly : la prairie, les gouffres, la neige

À l'est du village, à plus de 1 350 mètres, s'étend la prairie d'Herbouilly, une grande clairière d'altitude au milieu de la forêt. C'est un lieu très fréquenté du Vercors drômois, pour trois raisons différentes selon la saison : le ski de fond en hiver, avec une nocturne pendant les vacances de février, la promenade en été, et la spéléologie toute l'année.

Car sous ces prairies, le calcaire est percé. La commune abrite un réseau souterrain qui figure deux fois dans les inventaires départementaux : le Gour Fumant d'Herbouilly est la onzième cavité la plus longue de la Drôme, avec 3 200 mètres de galeries, et la dix-neuvième plus profonde, avec 163 mètres de dénivelé. Le système compte plusieurs entrées, dont le Gour Fumant proprement dit et le Faux Gour, à vingt mètres l'un de l'autre. Son nom vient de ce qu'on voit : il est repérable aux volutes de brouillard qu'il exhale. Deux spéléologues, Raymond Gaché et André Bourgin, y sont descendus le 29 août 1936.

Le gouffre du Pot du Loup, ouverture béante au ras du sol forestier, sans barrière
Le gouffre du Pot du Loup, à 1 288 mètres. Regardez le bord : pas de barrière, pas de garde-corps, pas de panneau, et le sentier passe à quelques mètres. C'est la règle sur ces plateaux, et c'est pour cela qu'on ne s'y promène pas dans le brouillard. Photo Jean-Paul Corlin, CC BY 4.0, via Wikimedia Commons.

La grotte de la Cheminée

  • Vers 1 360 m, à 1,3 km au nord du col d'Herbouilly
  • Entrée en plan incliné, éclairée par un puits naturel au plafond
  • Fond à 89 mètres sous l'entrée, air très frais
  • Visite libre, mais raide, glissante, blocs peu stables
  • Explorée par Jean Delmas en 1893, puis le 25 mai 1900

Elle a changé trois fois de nom : grotte des Fées à sa découverte, puis grotte d'Herbouilly, puis grotte de la Cheminée, d'après le scialet circulaire qui perce son plafond et laisse tomber la lumière, la pluie et la neige. En contrebas se forme un petit lac souterrain temporaire, alimenté par cet entonnoir. On y a récupéré de nombreux bois de cerfs et relevé des traces de travail néolithique. Le parc du Vercors la met en avant pour sa facilité d'accès, ce qui est vrai de l'entrée et faux du reste : un bon équipement est nécessaire, et l'article de référence le dit explicitement.

Un mot sur les zonages, parce qu'ils changent d'un bout à l'autre de la commune. Nous les avons interrogés en trois points. Au village, aucune zone d'intérêt écologique, seulement le parc naturel régional du Vercors, créé le 16 octobre 1970, qui couvre tout. Sur la prairie d'Herbouilly, une zone de type 1 de 160 hectares à son nom. Et sur la crête, à hauteur de la Vierge du Vercors, une autre de 357 hectares, « Crête de Chalimont et Roche Rousse ». Aucun site Natura 2000 sur les trois points. Autrement dit, ce qui est protégé ici, ce sont les clairières d'altitude et les crêtes, pas les prairies du berceau.

Les bornes gravées, et celles qu'on a resculptées

Voici ce que personne ne raconte, et qui fait pourtant une belle journée de marche. Les chemins des hauts plateaux, au-dessus de Saint-Martin, sont jalonnés de bornes de pierre gravées, certaines très anciennes, qui ont servi successivement à trois choses : marquer les limites entre seigneuries, puis celles entre la Drôme et l'Isère, puis celles de la forêt domaniale et, pour l'une d'entre elles, de la réserve naturelle des Hauts-Plateaux.

Les bornes repérées sur la commune, relevées par nous dans les descriptions détaillées d'OpenStreetMap le 25 août 2026, elles-mêmes adossées à un relevé de terrain publié en PDF par un randonneur du Vercors. Elles ne sont pas protégées au titre des monuments historiques : c'est du patrimoine sans statut, et deux d'entre elles ont déjà disparu.
BorneCe qu'elle porteCe qu'elle sépare
Pot du LoupArmoiries des Sassenage au nord, un griffon sous couronne ; le numéro de parcelle 31 à l'est ; au sud, un lion au lieu des armes de l'évêque de DieSeigneuries
Pas de l'ÂneUne croix latine entre deux fleurs de lys, et un boulon n° 6 scellé au plomb fonduForêt domaniale
Herbouilly (deux bornes)Peu visitées, à cinquante mètres du cheminDrôme et Isère
Fontaine de la CoinchetteBoulon scellé au plombDrôme, Isère, forêt domaniale et réserve naturelle
Melur nor 3Rocher gravé d'une croix très ancienne, sous un cairnTerritoires médiévaux, cités en 1318
Collet de RoybonCroix et fleur de lys. Brisée lors d'un élargissement de chemin ; rocher sculpté à l'identique en 2002Limites anciennes
Baraque GuilletFleur de lys. Détruite par l'élargissement de la piste ; rocher sculpté en 2004Limites anciennes

Deux détails valent d'être soulignés. Le premier est une anomalie héraldique : sur la borne du Pot du Loup, la face sud devrait porter les armes de l'évêque de Die, cosuzerain, et elle porte un lion. Personne n'a d'explication publiée. Le second est plus émouvant : deux bornes ont été détruites par des travaux de piste, et un habitant, André Emery, a pris l'initiative de faire sculpter des rochers voisins aux mêmes motifs, en 2002 et en 2004. Ce ne sont donc pas des bornes, ce sont des répliques, et le dire n'enlève rien : c'est un acte de conservation privé sur un patrimoine que rien ne protège.

La borne Melur nor renvoie à un texte : en 1318, l'abbé Fillet mentionne le « Melur nor, après la fontaine de la Coinchette ». Sept siècles plus tard, le nom est toujours sur le terrain, gravé sur un rocher sous un cairn. On peut faire tout le circuit à pied depuis la prairie d'Herbouilly, en une journée, et c'est une façon singulière de lire un plateau.

Le 45e parallèle, et l'erreur qu'on répète

La commune est traversée par le 45e parallèle nord, et la notice encyclopédique en tire aussitôt la conclusion habituelle : elle serait donc « à égale distance du pôle Nord et de l'équateur, environ 5 000 km ». C'est faux, et nous l'avons calculé ailleurs sur ce guide, à propos de la stèle de Pont-de-l'Isère qui affiche la même chose.

Seize kilomètres d'écart

La Terre est aplatie aux pôles, donc un degré de latitude ne mesure pas la même longueur partout. Sur l'ellipsoïde de référence, l'arc de méridien de l'équateur au 45e parallèle vaut 4 984,944 km, et du 45e parallèle au pôle Nord, 5 017,021 km. Le vrai point milieu se trouve donc 16,04 kilomètres au nord de la ligne. Le 45e parallèle passe bien ici, c'est un fait ; il n'est simplement pas à mi-chemin, et l'affirmation contraire circule sur des dizaines de communes françaises.

Ce qu'on trouve au village

C'est le point qui distingue Saint-Martin de la plupart des villages de ce guide. Pour quatre cents habitants à 750 mètres d'altitude, la commune a conservé un vrai jeu de commerces, et la communauté de communes y exploite une station-service.

La station-service intercommunale

  • Ouverte 24 heures sur 24, en libre-service
  • Exploitée par la communauté de communes, pas par un pétrolier
  • Gazole et sans-plomb 95. Ni sans-plomb 98, ni E10, ni GPL
  • Paiement par carte bancaire, accessible aux personnes à mobilité réduite
  • Route de Saint-Julien-en-Vercors, à l'entrée nord du village

Une collectivité qui reprend une pompe à essence est un signal : cela veut dire qu'aucun exploitant privé ne trouvait le volume suffisant, et que la commune a jugé qu'un village sans carburant à trente minutes de la première station de vallée n'était plus viable. Pour un visiteur, l'information pratique est simple : c'est le dernier carburant avant le plateau, et il n'y a pas de sans-plomb 98.

Le reste du village se tient sur cinquante mètres autour de la place du Tilleul : une boulangerie, une épicerie, un bar-tabac et un coiffeur. À l'écart, une ferme vend son fromage et un magasin de producteurs ouvre du mercredi au vendredi. L'hébergement va du camping deux étoiles à l'entrée du bourg à trois gîtes de groupe, plus un hôtel-restaurant aux Barraques, à l'entrée des Grands Goulets.

Les horaires que nous publions, et d'où ils viennent

Ceux de la mairie sont ceux qu'elle affiche elle-même : du lundi au vendredi de 10h à 12h, et le jeudi de 14h à 16h. Ceux des commerces viennent d'OpenStreetMap, où le bar a été vérifié le 29 juillet 2026 et l'hôtel le 23 juillet 2026 : la boulangerie du mardi au samedi de 7h à 13h et de 16h à 19h, le dimanche de 7h à 13h ; le magasin de producteurs du mercredi au vendredi, de 9h à 12h et de 14h à 18h. Ce sont des données contributives, récentes mais non officielles, et nous l'écrivons plutôt que de les faire passer pour un affichage de commerçant.

Deux activités de plein air structurent l'été. La commune abrite un terrain d'atterrissage de vol libre répertorié par la fédération, avec son propre parking, et un départ de via corda, également signalé par un stationnement dédié. Pour la randonnée, la commune est sur le tour du Vercors drômois et dispose d'un sentier de découverte. Enfin, une information fraîche à vérifier avant de partir : la mairie a publié le 30 juillet 2026 un arrêté levant l'interdiction d'accès au Pas de l'Allier, ce passage vers la vallée d'Échevis qui était fermé.

La carte des lieux

Les points ci-dessous sont ceux dont nous avons la position vérifiée. Les bornes gravées des hauts plateaux y figurent, parce que c'est le seul moyen de les trouver : elles ne sont signalées par aucun panneau. Le château de l'Arénier n'y est pas, faute de coordonnées publiées, et l'abri de Bobache non plus.

Cliquez sur un point pour voir le nom du lieu et ce qu'il faut en savoir. Fond de carte OpenStreetMap.

Venir à Saint-Martin-en-Vercors

Le village est sur la route du plateau, entre les Grands Goulets et La Chapelle-en-Vercors. Depuis la vallée du Rhône, on passe par le tunnel des Grands Goulets ; depuis Grenoble, par les gorges de la Bourne ou le col de la Croix Perrin. Toutes les voies d'accès sont des routes de montagne, et plusieurs ferment en hiver.

Temps de trajet calculés par nous le 25 août 2026 depuis la mairie de Saint-Martin-en-Vercors, moteur OSRM sur le réseau OpenStreetMap, hors trafic et hors fermeture de route. Saint-Julien-en-Vercors est limitrophe et demande trente minutes : la limite communale passe sur les hauts plateaux, et aucune route ne la franchit directement.
DestinationDistanceTemps
La Chapelle-en-Vercors (limitrophe)8,3 km10 min
Échevis (limitrophe)10,9 km12 min
Saint-Julien-en-Vercors (limitrophe)16,6 km30 min
Saint-Marcellin (Isère, ville de référence calculée)33,2 km39 min
Die45,8 km50 min
Romans-sur-Isère49,4 km50 min
Gare de Valence TGV, à Alixan52,2 km51 min
Valence61,7 km1 h 00
Grenoble50,4 km1 h 02
Montélimar111,2 km1 h 37
Nyons120,8 km2 h 10

L'école est partagée avec Saint-Julien-en-Vercors : la maternelle est à Saint-Julien, le primaire à Saint-Martin, avec cantine et périscolaire assurés en commun par les deux communes. C'est une organisation qui en dit long sur la façon dont ces villages tiennent : à deux, ou pas du tout.

Questions fréquentes

Qu'est-ce qui s'est passé à Saint-Martin-en-Vercors le 3 juillet 1944 ?

La République libre du Vercors y a été officiellement intronisée, par une prise d'armes en l'honneur d'Yves Farge, commissaire de la République de la région Rhône-Alpes venu sur le plateau. Le village abritait le quartier général du maquis et un hôpital, et le Comité de libération nationale du Vercors, présidé par Eugène Chavant et assisté de deux sous-préfets, y siégeait. Le plateau vivait alors en zone libérée depuis le 9 juin. L'assaut allemand est déclenché dix-huit jours plus tard, le 21 juillet.

Quel âge a le tilleul de la place ?

Il est enregistré comme planté en 1597, ce qui lui fait quatre cent vingt-neuf ans en 2026. C'est un tilleul à petites feuilles, de l'espèce Tilia cordata, et il appartient à la campagne de plantations lancée sous Henri IV par son ministre Sully. À Saint-Martin, il n'ombrageait pas une route mais la place où se tenaient les assemblées d'habitants. La place porte son nom, la mairie y a son adresse, et le village lui consacre une fête le premier week-end d'août.

Le 45e parallèle est-il vraiment à mi-chemin entre l'équateur et le pôle ?

Non, et la commune est traversée par ce parallèle, donc autant le dire ici. La Terre est aplatie aux pôles : de l'équateur au 45e parallèle, l'arc de méridien mesure 4 984,9 kilomètres, et du 45e parallèle au pôle Nord, 5 017,0 kilomètres. Le vrai point milieu se trouve donc seize kilomètres plus au nord. L'écart est petit à l'échelle du globe, mais il est réel, et il vaut pour toutes les communes qui se réclament de cette ligne.

Peut-on visiter les gouffres d'Herbouilly ?

Deux réponses différentes selon la cavité. La grotte de la Cheminée s'ouvre par un plan incliné éclairé par un puits naturel, et le parc du Vercors la met en avant pour sa facilité d'accès, mais elle est raide, glissante, avec des blocs peu stables et un fond à quatre-vingt-neuf mètres sous l'entrée : ce n'est pas une promenade. Le Gour Fumant et le Pot du Loup sont des gouffres verticaux non protégés qui s'ouvrent au ras du sol forestier, sans barrière. On les regarde de loin, on n'y descend pas sans matériel ni encadrement.

Trouve-t-on du carburant et des commerces sur place ?

Oui, et c'est assez rare dans un village de montagne de quatre cents habitants pour être signalé. La station-service du village est en libre-service vingt-quatre heures sur vingt-quatre, par carte bancaire, et elle est exploitée par la communauté de communes : gazole et sans-plomb 95, pas de sans-plomb 98 ni de GPL. Le village a aussi une boulangerie, une épicerie, un bar-tabac, un coiffeur et une ferme qui vend son fromage.

Que sont les bornes gravées d'Herbouilly ?

Un jeu de bornes anciennes, semées le long des chemins des hauts plateaux, qui marquaient les limites de seigneuries puis celles de la Drôme et de l'Isère, de la forêt domaniale et, plus récemment, de la réserve naturelle. Certaines portent les armoiries des Sassenage, d'autres une fleur de lys ou une croix. Deux d'entre elles ont été brisées par l'élargissement des pistes, et un habitant en a fait sculpter des répliques dans le rocher, en 2002 et en 2004.

Nos sources

  • Abri de Bobache fouillé en 1912 et silex aziliens, halte mésolithique du Pas de la Charmate, Vertacomicori comme l'un des dix-neuf districts des Voconces et fondation de Novare selon Pline l'Ancien, suzeraineté de l'évêque de Die à partir de 1235, arrentement de 1749 pour 850 livres, procès forestier de 1767 et chiffre des 40 000 têtes de bétail provençal représentant quatre à cinq fois le cheptel des quatre communes, tribut payé en 1944, participation du 11e régiment de cuirassiers à la libération de Romans et Bourg-de-Péage, étagement de 650 m aux Grands Goulets à 1 575 m à la Sambue, description des trois entités paysagères et horaires de la mairie : commune de Saint-Martin-en-Vercors, pages « Patrimoine » et « Présentation » de son site officiel, lues le 25 août 2026. https://stmartinenvercors.fr/la-commune/patrimoine/
  • Arrêté levant l'interdiction d'accès au Pas de l'Allier, publié le 30 juillet 2026 : commune de Saint-Martin-en-Vercors, actualité du site officiel, lue le 25 août 2026. https://stmartinenvercors.fr/2026/07/30/acces-pas-de-lallier/
  • Intronisation officielle de la République libre du Vercors le 3 juillet 1944 lors d'une prise d'armes en l'honneur d'Yves Farge, commissaire de la République de la région R1, Comité de libération nationale du Vercors présidé par Eugène Chavant et assisté de deux sous-préfets, verrouillage du plateau le 9 juin, première attaque allemande du 22 janvier 1944 aux Grands Goulets, assaut du 21 juillet par la 157e division de montagne du général Pflaum avec près de dix mille hommes, ordre de dispersion du 23 juillet, arrivée du 11e régiment de cuirassiers avec 300 hommes sous les ordres de Geyer dit Thivollet : Wikipédia, article « Maquis du Vercors », consulté le 25 août 2026. https://fr.wikipedia.org/wiki/Maquis_du_Vercors
  • Quartier général du maquis et hôpital à Saint-Martin, restauration de la République le 3 juillet 1944, attestations du nom de 1304 à 1891, peste de 1508, guerres de Religion et prises par Montbrun puis Gordes, 93 familles en 1644, château de l'Arénier bâti en 1662 par Louis Gauthier de la Tour, rattachements d'avant 1790, canton de La Chapelle-en-Vercors en 1790, reculée des Grands Goulets classée à l'Inventaire du patrimoine géologique en 2014 sur 1 645,95 ha, Pas de l'Âne à 1 400 m, cours d'eau de la commune, écoles partagées avec Saint-Julien, foire aux fleurs du 1er juin, fête du Tilleul du premier week-end d'août, nocturne de ski de fond d'Herbouilly, bulletin « L'Écho de Roche Rousse », population de 437 habitants en 2023 en hausse de 21,05 % depuis 2017 et normales de la station de La Chapelle-en-Vercors : Wikipédia, article « Saint-Martin-en-Vercors », consulté le 25 août 2026. Plusieurs points y sont signalés comme demandant une référence, et nous le disons. https://fr.wikipedia.org/wiki/Saint-Martin-en-Vercors
  • Grotte de la Cheminée : exploration par Jean Delmas en 1893 puis par Decombaz, Pellerin, Bouzigues et Deya le 25 mai 1900, noms successifs de grotte des Fées puis d'Herbouilly, scialet circulaire au plafond, lac souterrain temporaire, bois de cerfs et traces néolithiques, altitude d'environ 1 360 m à 1,3 km au nord du col d'Herbouilly, fond à 89 m sous l'entrée, mise en avant par le parc du Vercors et danger réel : Wikipédia, article « Grotte de la Cheminée », consulté le 25 août 2026. https://fr.wikipedia.org/wiki/Grotte_de_la_Chemin%C3%A9e
  • Gour Fumant d'Herbouilly : 11e cavité la plus longue de la Drôme avec 3 200 m de développement et 19e la plus profonde avec 163 m de dénivelé, système à plusieurs entrées dont le Faux Gour, volutes de brouillard et descente de Raymond Gaché et André Bourgin le 29 août 1936 : Wikipédia, articles « Liste des cavités naturelles les plus longues de la Drôme », « Liste des cavités naturelles les plus profondes de la Drôme » et « André Bourgin », consultés le 25 août 2026. https://fr.wikipedia.org/wiki/Liste_des_cavit%C3%A9s_naturelles_les_plus_longues_de_la_Dr%C3%B4me
  • Parc naturel régional du Vercors de 226 595 ha créé le 16 octobre 1970, zones d'intérêt écologique de type 1 « Prairie d'Herbouilly » (160 ha) et « Crête de Chalimont et Roche Rousse » (357 ha), absence de zonage au village et absence de site Natura 2000 sur les trois points testés : API Carto de l'IGN, couches nature, interrogée par nous le 25 août 2026. https://apicarto.ign.fr/api/doc/nature
  • Altitudes de la mairie, du tilleul, du Gour Fumant, du Pot du Loup, du point de vue d'Herbouilly et de la Vierge du Vercors : service d'altimétrie de la Géoplateforme, modèle RGE Alti de l'IGN, interrogé par nous le 25 août 2026. https://geoservices.ign.fr/rgealti
  • Date de plantation du tilleul et espèce Tilia cordata, inscription de la plaque du 17 avril 1891, descriptions détaillées des sept bornes gravées et de leurs répliques sculptées en 2002 et 2004, carburants et ouverture 24h/24 de la station intercommunale, horaires de la boulangerie, du bar-tabac, de l'épicerie et du magasin de producteurs, repères géodésiques du clocher à 776,8 m et des hauts plateaux, terrain de vol libre et via corda, hameaux de la commune : OpenStreetMap, tags bruts relevés par nous le 25 août 2026. Distances routières : moteur OSRM depuis la mairie. https://www.openstreetmap.org/copyright

Ce que nous n'avons pas pu établir : l'auteur, la date de pose et le sens de la plaque du 17 avril 1891 ; l'année exacte du décompte des quarante mille têtes de bétail ; la position du château de l'Arénier et de l'abri de Bobache ; les horaires de visite éventuels des cavités encadrées ; et l'explication du lion qui figure au sud de la borne du Pot du Loup à la place des armes de l'évêque de Die. Signalez-nous une erreur si vous constatez un écart.