L'intérêt de Rochefort-en-Valdaine tient en une phrase, c'est un château médiéval qui appartient à la commune, dans un département où 36 des 48 châteaux protégés sont privés et restent fermés. Le site, en plein air, sur une crête à 280 mètres, se parcourt librement toute l'année, et une association de bénévoles ouvre le donjon et la chapelle l'après-midi des samedis, dimanches et fériés de mai à la fin août.
- 1223la tour rectangulaire du nouveau château
- 18 mla hauteur du donjon, terrasse accessible
- 1907l'abandon du village au pied du château
- 16 oct. 2004la mise en service du premier parc éolien de la Drôme
Cinq siècles de château empilés sur une crête
La notice du ministère de la Culture dit pourquoi le château a été protégé, et la phrase commande tout le reste, « un résumé de l'architecture castrale militaire entre le 11e et le 16e siècle ». Le site commence par une fortification établie avant le 12e siècle, dont le château conserve l'implantation primitive de la fin du 10e ou du début du 11e siècle, deux mottes distinctes. Le mandement de Rochefort est fondé en 1138. Une seule des deux mottes est réutilisée pour le nouveau château, avec sa chapelle castrale et sa puissante tour rectangulaire datée des environs de 1223. Une muraille l'entoure, reprise au 14e siècle, et un village se groupe à son pied. Suit un temps d'abandon relatif entre le 14e et le 15e, puis le château est réoccupé et modernisé par les seigneurs de Taulignan, qui percent des fenêtres dans les murs médiévaux, installent de grandes cheminées, une cuisine et un four à pain. On ne visite pas un édifice, on visite une superposition, et la lecture des maçonneries est l'intérêt du lieu.
Ce qui se voit aujourd'hui, c'est le donjon, haut de dix-huit mètres, une tour massive de trois niveaux qui a conservé sa grande salle voûtée d'origine, et dont un escalier mène à la terrasse et à sa table d'orientation. De là, on voit la vallée du Rhône, la plaine de la Valdaine au nord, les montagnes ardéchoises à l'ouest et les pré-Alpes du Diois à l'est. À l'est du site, la chapelle Saint-Blaise, chapelle du château, entièrement restaurée, qui fut l'église paroissiale du village. Le tertre du premier château de terre a été en partie taillé dans le rocher, ce qui est visible sur place et ce qui distingue une motte artificielle d'un éperon aménagé. La commune, elle, compte trois mottes aménagées tout au long de la barre rocheuse, dont une seule porte le château.
Le site a été consolidé par une association locale, l'ACROCH, qui l'entretient depuis quarante-cinq ans en partenariat avec la commune, propriétaire. La restauration a commencé en 1985, seize ans avant l'inscription au titre des monuments historiques. C'est l'ordre inverse de celui qu'on imagine, ici la protection est venue après le travail des bénévoles. Le château accueille des expositions pendant l'été, des concerts, un repas médiéval, et, fait inhabituel pour une commune de trois cent cinquante habitants, un centre de recherches sur les mottes castrales.
Le donjon et la chapelle ouvrent les week-ends de mai à août
Le site médiéval de Rochefort-en-Valdaine
Le site est en pente et en pierre, il ne convient pas aux fauteuils roulants. L'adhésion à l'ACROCH, dix euros par foyer, va entièrement à la restauration du château et de la chapelle.
Le village abandonné en 1907
Sous le château, sur le versant nord, il y avait un village, et la commune donne une date pour sa fin, 1907. C'est tard. La plupart des villages perchés drômois se vident au 19e siècle, quand la route et l'eau descendent dans la plaine. Celui-ci tient jusqu'à la veille de la Grande Guerre. Il subsiste les pans de murs de la vieille école et ceux d'une chapelle Sainte-Agathe, une porte du rempart qui donnait accès au village, et un pigeonnier, privilège du seigneur, aménagé quand Eynier Dupuy-Montbrun réaménage le château au 15e siècle. Une croix de chemin est plantée juste sous le château, et le monument aux morts est une stèle adossée au mur d'enceinte du cimetière, portant l'inscription « Commune de Rochefort à ses Enfants Morts pour la France ». Les morts de 1914 sont restés en haut, avec le village mort.
Le premier parc éolien de la Drôme
Sur le plateau du col du Colombier, au sud du château, les éoliennes sont les plus anciennes du département. Le parc, exploité par la Compagnie nationale du Rhône en partenariat avec Montjoyer, a été mis en service le 16 octobre 2004, à cheval sur les deux communes. Ses machines sont des Jeumont J48 de 750 kW, un modèle français des années 1990 aujourd'hui rare, dont six sont sur Rochefort-en-Valdaine, numérotées E5, E6 et E10 à E13, et le reste sur la crête de Montjoyer. C'est un témoin technique autant qu'énergétique.
Une commune sans bourg et sept hameaux
Rochefort-en-Valdaine n'a pas de village au sens habituel. La commune se décrit elle-même comme un habitat diffus réparti dans deux vallées, la Valdaine au nord-est et la Citelle au sud-ouest, séparées par la colline du château. Sept hameaux, les Chambauds, les Faures, les Durands, Baye Loudet, Boislang, le Colombier et les Théolats, une école à deux classes construite en 1994, l'école primaire Gabriel-Giffon, une salle polyvalente appelée Le Foyer, et la chapelle Notre-Dame-des-Victoires, désacralisée et devenue maison des associations. Le nom du lieu est attesté vers 1355 sous la forme Rochafort in Vaudania, les roches fortifiées dans la vallée des eaux, ce que confirment sur le terrain les six sources captées que relève l'IGN.
Deux itinéraires balisés partent de la commune, entre Grel à 190 mètres, Fontagrèse à 250, Fontbrenoux à 350 et le plateau des Claves à 390. Le point haut est le Serre Haute, à 432 mètres. La boucle cyclable départementale n° 90, dite La Corima, 155 km et 2 186 mètres de dénivelé, passe par ce secteur. Pour la baignade et les grandes marches, il faut aller ailleurs, la commune n'a ni cours d'eau baignable ni zonage de protection de la nature.
La carte des lieux
Les éoliennes portées sur la carte sont les six du territoire communal, le parc en compte davantage sur Montjoyer. La chapelle Sainte-Agathe n'est pas placée, la commune la situe au pied du château et l'IGN en relève une autre du même nom près de la mairie.
Cliquez sur un point pour voir le nom du lieu et ce qu'il faut en savoir. Fond de carte OpenStreetMap.
Venir à Rochefort-en-Valdaine
La commune est à l'est de Montélimar, sur la route de Dieulefit, à dix-neuf minutes de la ville. Les quatre communes limitrophes sont toutes à moins de douze minutes, ce qui rend le secteur facile à combiner en une demi-journée. Le château est à sept cents mètres de la mairie à vol d'oiseau, mais il faut passer par Le Colombier ou par Chambaud, ou monter à pied.
| Destination | Distance | Temps |
|---|---|---|
| La Touche (limitrophe) | 2,6 km | 5 min |
| Puygiron (limitrophe) | 4,7 km | 8 min |
| Espeluche (limitrophe) | 6,8 km | 10 min |
| Montjoyer (limitrophe) | 7,6 km | 11 min |
| Montélimar | 13,5 km | 19 min |
| Nyons | 36,7 km | 43 min |
| Valence | 56,2 km | 52 min |
| Gare de Valence TGV, à Alixan | 67,0 km | 59 min |
| Avignon | 86,4 km | 1 h 09 |
| Lyon | 155,6 km | 2 h 00 |
La mairie, 115 rue des Granges, ouvre le lundi de 8h à 13h, le mercredi de 9h à 17h et le vendredi de 9h à 16h30, au 04 75 53 83 12. Elle est accessible en fauteuil roulant, ce qui n'est pas le cas du site médiéval. Il n'y a ni office de tourisme, ni hébergement relevé sur la commune, mais un restaurant, La Fontaine de Rocoule. Sans voiture, la ligne 31 du réseau Montélibus relie Montélimar au hameau du Colombier via Allan et Espeluche, l'arrêt n'est pas au château et il reste à monter.
Questions fréquentes
Le château de Rochefort-en-Valdaine se visite-t-il ?
Oui. Le site, en plein air, se parcourt librement toute l'année, et le donjon et la chapelle Saint-Blaise ouvrent l'après-midi des samedis, dimanches et jours fériés de mai à la fin août, ainsi que pendant les expositions. Des visites commentées s'organisent sur demande auprès de l'association ACROCH, chateauderochefortenvaldaine@gmail.com. Le château appartient à la commune, ce qui est rare, sur les 48 châteaux protégés de la Drôme, 36 sont privés.
Comment monte-t-on au château ?
À pied en vingt-cinq minutes depuis le centre du village par un chemin de randonnée fléché, ou en voiture depuis le hameau du Colombier ou depuis Chambaud. Le site est sur une crête à 280 mètres, en pente et en pierre, il n'est pas accessible en fauteuil roulant.
Y avait-il un village au pied du château ?
Oui, et il a été abandonné en 1907, d'après la commune. Il subsiste les pans de murs de la vieille école et d'une chapelle Sainte-Agathe, l'ensemble du site médiéval étant entouré de remparts. C'est un cas classique en Drôme, le village descend vers la route et l'eau, et le vieux site se vide. La particularité ici est la date, très tardive, et le fait que la commune d'aujourd'hui n'a pas de bourg unique mais sept hameaux répartis dans deux vallées.
Combien mesure le donjon et peut-on y monter ?
Dix-huit mètres, sur trois niveaux. Il a conservé sa grande salle voûtée d'origine, et un escalier mène à la terrasse et à sa table d'orientation, d'où l'on voit la vallée du Rhône. La tour rectangulaire est datée des environs de 1223, ce qui en fait la partie la plus lisible d'un site que la base Mérimée décrit comme « un résumé de l'architecture castrale militaire entre le 11e et le 16e siècle ».
Pourquoi y a-t-il des éoliennes sur le plateau ?
Parce que c'est ici qu'a démarré l'éolien drômois. Le parc du col du Colombier, à cheval sur Rochefort-en-Valdaine et Montjoyer, a été mis en service le 16 octobre 2004, le premier du département. Ses machines sont des Jeumont J48 de 750 kW, un modèle français des années 1990 devenu rare, dont six sont sur Rochefort.
Comment venir sans voiture ?
Par la ligne 31 du réseau Montélibus, qui relie Montélimar au hameau du Colombier en passant par Allan et Espeluche. L'arrêt est au Colombier et non au château, il reste à monter jusqu'au site médiéval.
Nos sources
- Inscription du château en totalité, enceinte, donjon, logis et chapelle Saint-Blaise, par arrêté du 6 septembre 2001, propriété de la commune, deux mottes, fondation du mandement en 1138 et tour datée des environs de 1223 : base Mérimée, ministère de la Culture, notice PA26000010. https://pop.culture.gouv.fr/notice/merimee/PA26000010
- Ouverture du donjon et de la chapelle les samedis, dimanches et fériés après-midi de mai à fin août, visites commentées sur demande, accès à pied en 25 minutes, table d'orientation, remaniements des seigneurs de Taulignan, pigeonnier d'Eynier Dupuy-Montbrun, porte du vieux village, entretien par l'ACROCH depuis 45 ans, adhésion de 10 € : site de l'association ACROCH, consulté le 13 septembre 2026. https://www.chateauderochefortenvaldaine.org/
- Hauteur du donjon de 18 mètres, grande salle voûtée, abandon du village en 1907, restes de la vieille école et de la chapelle Sainte-Agathe, trois mottes, restauration depuis 1985, expositions d'été et centre de recherches sur les mottes castrales, accès depuis Le Colombier ou Chambaud, sept hameaux, école de 1994, chapelle Notre-Dame-des-Victoires, ferme éolienne de la CNR avec Montjoyer, toponymie de 1355 : site officiel de la commune, pages « Site médiéval » et « Visite virtuelle 360° ». https://rochefort-en-valdaine.com/fr/rb/1886549/site-medieval
- Mise en service du parc éolien le 16 octobre 2004 : registre national des installations de production et de stockage d'électricité, plateforme ODRÉ. https://odre.opendatasoft.com/explore/dataset/registre-national-installation-production-stockage-electricite-agrege/
- Adresse, téléphone et horaires de la mairie : annuaire de l'administration, consulté le 13 septembre 2026. https://lannuaire.service-public.fr/
- Six éoliennes Jeumont J48/750 nommées E5, E6, E10 à E13, altitudes des points de repère, six sources captées, ligne 31 du réseau Montélibus, boucle cyclable n° 90 La Corima, inscription du monument aux morts : OpenStreetMap et repères géodésiques de l'IGN. Distances : moteur OSRM. https://www.openstreetmap.org/copyright
- Absence de parc naturel régional, de site Natura 2000, de ZNIEFF et de réserve naturelle sur le territoire communal : API Carto de l'IGN, couches des espaces protégés. https://apicarto.ign.fr/api/doc/nature
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