Mis à jour le
Les chiffres d'électricité sont relevés par nous dans le registre national des installations de production, commune par commune, le 25 août 2026, pas repris d'un dossier de presse. Les altitudes de l'abbaye, du village et des sommets sont mesurées sur le modèle de terrain de l'IGN. Nous comptons les éoliennes une par une dans OpenStreetMap et nous publions l'écart avec la puissance déclarée au registre. Les horaires du musée agricole viennent de son propre site. Ceux de l'abbaye, nous n'avons pas pu les établir, et nous disons pourquoi. Distances calculées par OSRM depuis la mairie.
Montjoyer est une commune née de son abbaye, et pas l'inverse. Le village serait sorti au 15e siècle d'une simple grange agricole d'Aiguebelle, et il n'a été détaché de Réauville qu'en 1840. Aujourd'hui, le territoire porte trois choses qui n'ont rien à voir entre elles : un monastère cistercien de 889 ans, dix-sept éoliennes sur la crête, et un musée d'outils agricoles installé au pied de l'abbaye. Les trois se visitent dans la même journée.
- 26 juin 1137la fondation d'Aiguebelle par douze moines
- 2abbayes de France à avoir gardé leur ruelle des convers
- 20,9 GWhd'électricité produits ici chaque année
- 233moines à Aiguebelle en 1850, 22 en 2025
L'abbaye d'Aiguebelle, fondée en 1137
La fondation est datée au jour près : le 26 juin 1137, un abbé venu de Morimond arrive avec douze moines, selon la tradition cistercienne qui reproduit le nombre des apôtres. Les terres leur ont été données par Gontard de Loup, seigneur de Rochefort, ce que confirme la charte rédigée après coup. L'abbaye s'installe dans un vallon boisé, en rive droite de la Vence, un peu au-dessus de deux cents mètres : notre mesure au chevet donne 214 mètres.
Le nom vient de aqua bella, la belle eau, et il désigne la qualité de la ressource hydraulique, c'est-à-dire le critère numéro un du choix d'un site cistercien. Il apparaît sous la forme ecclesia Sanctae Mariae de Aquabella dès 1160, monasterium Aquae Bellae en 1298, Aygabelle en 1496.
Le monastère possède très tôt les terres de Montjoyer et de Réauville. En 1281, l'abbé donne au comte de Provence, frère de Saint Louis, la terre de Réauville, tout en conservant le domaine utile de Montjoyer jusqu'à la Révolution. Les moines implantent autour d'eux des granges, ces exploitations agricoles qui font tourner l'abbaye ; la plus proche donne naissance au village de Montjoyer. Les 12e et 13e siècles sont prospères ; la guerre de Cent Ans appauvrit durement la maison.
Un monastère cistercien abritait deux communautés : les moines de chœur, qui priaient et lisaient, et les frères convers, qui faisaient le travail manuel et tenaient les granges. Ils vivaient dans le même bâtiment sans se mélanger, et la circulation des convers passait par un couloir réservé, la ruelle des convers, qui longeait le cloître sans y ouvrir.
Les convers ayant disparu à la fin du Moyen Âge, ces couloirs ont presque tous été percés, cloisonnés ou détruits par les remaniements suivants. Aiguebelle est, avec l'abbaye de Fontfroide, le seul monastère cistercien de France à avoir conservé sa ruelle des convers primitive. C'est un fait d'architecture rare, et il n'a fait l'objet d'aucune protection au titre des monuments historiques : la commune ne compte, officiellement, aucun monument protégé.
L'abbaye a par ailleurs conservé la plus grande partie de ses bâtiments conventuels médiévaux malgré les démolitions et les restaurations : l'église, le cloître, la sacristie, la salle du chapitre, la salle des moines, le réfectoire, la cuisine et tout le bâtiment des convers.
1791, 1815 : chassés puis revenus
En 1791, les moines sont chassés, les terres saisies et vendues. L'absence dure vingt-cinq ans. Ce sont des trappistes venus de Suisse qui rétablissent l'abbaye en 1815, sous la direction du père Étienne, et ce qu'ils trouvent mérite d'être cité dans le détail, parce que c'est rarement aussi précis.
| La pièce | Ce qu'elle était devenue |
|---|---|
| La cuisine et le réfectoire des moines | À peu près intacts |
| Le réfectoire des convers et la salle capitulaire | Une écurie |
| Le chauffoir | Une cave à vin |
| Le cloître | Un stockage de fumier |
| L'église abbatiale | Une étable et une bergerie |
| Les bras du transept | Ni voûtes ni toiture |
La reconstruction s'étale sur trente ans. Une première campagne va jusque vers 1847 : un clocher de trente-cinq mètres est bâti, puis démoli depuis, ainsi qu'un clocher-mur plus modeste ; l'abbatiale reçoit un jubé et une tribune, le cloître est recrépi, l'église blanchie et sa façade refaite, celle qu'on voit aujourd'hui. Une deuxième campagne traite les bâtiments conventuels, l'hôtellerie et les jardins, puis l'église est reprise en 1856. L'hôtellerie est reconstruite plus haut sur le plateau en 1868, l'ancienne devenant infirmerie, et une hôtellerie féminine ouvre en 1884.
Le résultat est spectaculaire : la communauté compte 233 moines en 1850. C'est de là que partent les fondations : Notre-Dame de Staouëli en Algérie dès 1843, puis Notre-Dame-des-Neiges en Ardèche, où séjourna le père de Foucauld, Notre-Dame de l'Atlas à Tibhirine, Sainte-Marie du Désert, Acey, les Dombes, Bonnecombe et Koutaba au Cameroun. Aiguebelle est une maison mère.
Du 14 juillet au 15 août 1873, un essaim de séismes dont l'épicentre se situe à Châteauneuf-du-Rhône, à une vingtaine de kilomètres, secoue le secteur. Les intensités atteignent VII à VIII sur l'échelle MSK, c'est-à-dire des dommages sérieux aux bâtiments ordinaires, et l'abbaye subit des dégâts. On oublie souvent que la basse vallée du Rhône est sismique : elle l'est, et l'été 1873 en est la démonstration la plus longue du 19e siècle drômois.
Le chocolat, les draps et la minoterie
Une communauté de deux cent trente moines doit vivre. Après l'élevage et l'agriculture, les trappistes d'Aiguebelle se lancent dans l'artisanat, puis dans l'industrie. Ils fabriquent d'abord des chapelets, des balais, des corbeilles d'osier. Puis vient une fabrique de draps, de 1841 à 1877, et une minoterie en 1867.
Et surtout, la chocolaterie, qui devient la première industrie d'Aiguebelle. Le succès crée son propre problème : les moines ne sont pas assez nombreux, il faut embaucher des ouvriers, et le nombre d'ouvriers augmente. Les moines s'occupent des activités spirituelles, culturelles et sociales de cette population, mais la vocation d'un monastère est la prière et la méditation, pas la gestion d'une usine. En 1895, la chocolaterie est transférée à Donzère, à vingt-cinq kilomètres de là.
Une abbaye qui déménage sa propre usine parce qu'elle est devenue trop grosse pour son silence : c'est un arbitrage rare et il est documenté. Le nom « Chocolat d'Aiguebelle » a continué sa carrière industrielle, et le lieu de fabrication a quitté la commune il y a cent trente et un ans. Les anciens locaux industriels de l'abbaye, eux, sont toujours là, au pied du monastère, et ils abritent aujourd'hui le musée agricole.
Les fausses cartes d'identité de 1943
Pendant la Première Guerre mondiale, l'infirmerie de l'abbaye devient hôpital militaire et accueille des blessés de 1914 à 1918. Pendant la seconde, la communauté compte environ soixante-quinze moines, et ce qu'elle fait est d'un autre ordre.
Les moines fabriquent clandestinement de fausses cartes d'identité, distribuées aux réfractaires au service du travail obligatoire. À partir de la fin 1942, la communauté accueille des réfugiés, cachés dans les annexes de la distillerie ; des Juifs sont accueillis et déguisés en ouvriers agricoles. Des fermes dépendant du monastère abritent des groupes de l'Armée secrète, et des armes auraient été dissimulées par l'armée dans la chaudière de l'édifice en juin ou juillet 1940.
Avril 1944 : la perquisition
Il faut se représenter la scène pour comprendre ce qui se joue. Un monastère où l'on fabrique des faux papiers, où des Juifs travaillent aux champs sous une fausse identité, et où des armes dorment peut-être dans une chaudière, est fouillé par la police politique allemande. Rien n'est découvert. La menace d'incendie tient lieu de conclusion. Aucune plaque ne le rappelle sur place.
Le mémorial de Tibhirine
C'est le lieu de mémoire le plus fort de la commune, et il est directement lié à ce qui précède. Aiguebelle a fondé, par l'intermédiaire de Staouëli, la trappe de Notre-Dame de l'Atlas à Tibhirine, en Algérie, dont sept moines ont été enlevés puis tués en 1996, communauté aujourd'hui transférée à Midelt au Maroc.
Le lien est personnel autant qu'institutionnel : frère Luc, l'un des sept moines de Tibhirine, a fait son noviciat à Aiguebelle et y a séjourné jusqu'en 1946, avant d'y revenir à plusieurs reprises. Une chapelle-mémorial des martyrs de Tibhirine a été aménagée sur le site de l'abbaye.
Le site de l'abbaye porte plusieurs autres éléments de dévotion en accès extérieur : une grotte Notre-Dame de Lourdes, des oratoires, une chapelle d'hôtellerie et plusieurs croix de chemin. Ce sont des ajouts du 19e et du 20e siècle, très éloignés de la sobriété cistercienne du 12e, et ce contraste fait partie de ce qu'on vient voir.
Le musée de la mémoire agricole
Au pied de l'abbaye, dans les anciens locaux industriels, une association a installé le musée de la Mémoire Agricole du Pays de Grignan. Il rassemble plusieurs centaines d'outils et de machines anciennes, collectés par des passionnés de dix-neuf villages du secteur.
Mémoire Agricole du Pays de Grignan
L'association a été créée il y a plus de vingt ans, à l'initiative de Bruno Durieux, pour donner un lieu à des collectionneurs qui rassemblaient chacun de leur côté des machines d'intérêt historique. Elle s'est tournée vers la communauté cistercienne, dont « la contribution à l'agriculture dans le pays de Grignan a été, au fil des siècles, fondamentale », et l'abbaye l'a hébergée. Un travail d'inventaire et de documentation accompagne la présentation. Nous n'avons pas trouvé de tarif publié.
Le village, son église et son nom
Le village est à quatre kilomètres au nord de l'abbaye, sur un replat à 329 mètres. Il garde une ancienne porte de rempart, une fontaine sur la place, et son église Saint-Paulin, dont le clocher est plus imposant qu'on ne l'attend : les repères de l'IGN placent l'entrée de l'église à 332,28 mètres et le centre de la croix du clocher à 366,63, soit trente-quatre mètres de hauteur.
Le nom est attesté depuis 1077, sous la forme latine in campo Montis Jugerii, « dans le champ du mont Jugier ». Il passe par Montjouier en 1280, Montjuere en 1281, Monsjuerii en 1447, Montjeuyer en 1640, Montjuyer en 1758, avant de se fixer. Mons, le mont, ne pose pas de problème ; la seconde partie viendrait du latin jugerum, le jugère, unité de surface cultivable issue de la cadastration romaine, celle-là même que décrit Pline l'Ancien dans son Histoire naturelle. Moins sûrement, de jugum, qui a chez Cicéron le sens de hauteur, de cime.
Le fait est bref dans les sources et il vaut d'être lu deux fois : en 1759, le bourg de Montjoyer est échangé par Louis XV contre des terres contiguës au parc du château de Versailles. Le roi voulait arrondir son domaine, il a troqué un bourg drômois. Quatre-vingts ans plus tard, en 1840, ce bourg deviendra une commune. Avant cela, il n'était qu'une paroisse de la communauté de Réauville, dite la Grande Terre, dont l'église dépendait du diocèse de Saint-Paul-Trois-Châteaux et dont les dîmes revenaient à l'abbé d'Aiguebelle. Curiosité de frontière : Montjoyer était en Dauphiné, alors que Réauville, dont elle relevait, était en Provence.
Le territoire porte aussi une tour de guet d'origine romaine, celle de Montlucet, trois chapelles dispersées dans les hameaux, dont Saint-Barthélemy à Cîtelles et Saint-Joseph au Fraysse, et onze sommets nommés sur dix-huit kilomètres carrés : Mont Lucé, à 455 mètres, est le point haut, suivi de Serre Colon, du Chênevier, de Hauthueche, de Vire Vieille, du Serre du Grey, de Destay, du Serre Blandine, du Serre de Grillard, du Serre de la Coude et du Serre du Fraysse. Le mot serre, ici, désigne une crête étroite.
Vingt et un gigawattheures pour 275 habitants
C'est la face contemporaine de la commune, et elle est massive. Nous avons interrogé le registre national des installations de production d'électricité pour la seule commune de Montjoyer, le 25 août 2026.
| Installation | Puissance | Énergie sur 12 mois |
|---|---|---|
| Parc éolien, mis en service le 16 octobre 2004 | 9 750 kW | 14 518 994 kWh |
| Centrale photovoltaïque du plateau des Claves | 4 440 kW | 6 313 799 kWh |
| 17 installations solaires de moins de 36 kW | 58,77 kW | 41 591 kWh |
| Total | 14 249 kW | 20 874 384 kWh |
Rapporté aux 275 habitants, cela fait 75 900 kilowattheures par habitant et par an. Le parc éolien du 16 octobre 2004 n'est pas seul : il a été mis en service le même jour que celui de Rochefort-en-Valdaine, et les deux installations forment en réalité un seul parc à cheval sur deux communes, totalisant 17 250 kW. Ce sont les plus anciennes installations éoliennes de la Drôme.
Voici l'écart que nous ne savons pas trancher. Le registre déclare 9 750 kW pour Montjoyer, ce qui fait exactement treize machines de 750 kW. Or, en comptant une par une les éoliennes situées à l'intérieur des limites communales dans OpenStreetMap, nous en trouvons dix-sept, toutes du même modèle, des Jeumont J48/750, numérotées de E7 à E27. Deux explications sont possibles : le registre agrège autrement que la limite communale, ou la numérotation couvre un parc plus large que ce que déclare cette ligne. Nous publions les deux décomptes plutôt que d'en choisir un.
Ces machines se voient de loin, et elles se montent à vélo. Le col de Serre Colon, à 433 mètres, d'où part l'alignement d'éoliennes le long de la crête de Vire Vieille, a figuré au kilomètre 130 de la cinquième étape du Tour de France 2020, entre Gap et Privas, classé en quatrième catégorie. Gravi depuis Salles-sous-Bois, il fait 4,1 kilomètres à 3,7 % : une bosse honnête, pas un col. Le Français Benoît Cosnefroy, alors en tête du classement de la montagne, est passé le premier au sommet. La notice de la commune donne 434 mètres et celle du col 433 : un mètre d'écart, que nous signalons sans le trancher.
Sur les zonages de protection, l'écart entre le bas et le haut de la commune est net. Le village et l'abbaye ne sont couverts par aucun zonage : ni parc naturel, ni site Natura 2000, ni zone d'intérêt écologique. Sur les crêtes, en revanche, la zone de type 1 « Plateau de Montjoyer et pentes boisées de la vallée de la Citerne » couvre 437 hectares, fiche du 22 novembre 2016. C'est le même plateau qui porte les éoliennes.
La carte des lieux
Les points ci-dessous sont ceux dont nous avons la position vérifiée. La tour de guet de Montlucet n'y figure pas, faute de coordonnées publiées. Les éoliennes ne sont pas marquées une par une : elles s'alignent sur la crête entre le col de Serre Colon et le nord du village.
Cliquez sur un point pour voir le nom du lieu et ce qu'il faut en savoir. Fond de carte OpenStreetMap.
Venir à Montjoyer
Montjoyer est à vingt minutes de la sortie d'autoroute de Montélimar sud et à dix minutes de Grignan. Le point d'orientation utile est simple : depuis la D 541, suivez « Abbaye Notre-Dame d'Aiguebelle », c'est le fléchage qui mène à la fois à l'abbaye et au musée agricole. La commune est drômoise, mais notre calcul de ville de référence, fondé sur les temps de route, désigne Valréas, dans le Vaucluse, à vingt et une minutes.
| Destination | Distance | Temps |
|---|---|---|
| Réauville (limitrophe) | 5,1 km | 8 min |
| Grignan (limitrophe) | 7,5 km | 10 min |
| Rochefort-en-Valdaine (limitrophe) | 9,2 km | 14 min |
| Espeluche (limitrophe) | 11,4 km | 17 min |
| Salles-sous-Bois (limitrophe) | 13,1 km | 17 min |
| La Touche (limitrophe) | 11,9 km | 19 min |
| Valréas (Vaucluse, ville de référence calculée) | 18,8 km | 21 min |
| Portes-en-Valdaine (limitrophe) | 13,9 km | 22 min |
| Montélimar | 19,9 km | 29 min |
| Allan (limitrophe) | 13,3 km | 30 min |
| Nyons | 33,9 km | 37 min |
| Valence | 75,2 km | 1 h 00 |
| Gare de Valence TGV, à Alixan | 86,0 km | 1 h 07 |
| Die | 81,2 km | 1 h 36 |
Sur place, il n'y a ni commerce, ni station-service, ni distributeur. La mairie ouvre lundi, mardi, jeudi et vendredi, de 9h à 12h30 et de 14h à 17h30, et elle est fermée le mercredi. La commune a une école publique maternelle. Le climat est méditerranéen : la station Météo-France la plus proche, à Montboucher-sur-Jabron, neuf kilomètres au nord, donne 13,6 °C de moyenne annuelle et 915 mm de précipitations sur 1991-2020, avec un maximum relevé de 41,9 °C le 13 août 2003.
Questions fréquentes
Peut-on visiter l'abbaye d'Aiguebelle ?
L'abbaye est un monastère habité, pas un monument ouvert à la visite libre : vingt-deux moines cisterciens-trappistes y vivaient encore en 2025, de quarante-cinq à quatre-vingt-seize ans. Il y a une boutique et une hôtellerie sur le site, et l'église abbatiale se visite habituellement en dehors des offices. Nous ne publions ni horaires ni tarifs : le nom de domaine du site officiel de l'abbaye est aujourd'hui à vendre et nous n'avons trouvé aucune page à jour tenue par la communauté. Téléphonez avant de vous déplacer.
Qu'est-ce que la ruelle des convers, et pourquoi celle d'Aiguebelle compte ?
C'est le couloir qui séparait, dans un monastère cistercien, le circuit des frères convers, chargés du travail manuel, de celui des moines de chœur : deux communautés dans le même bâtiment, qui ne devaient pas se croiser. Presque toutes ont été supprimées lors des remaniements des siècles suivants. Aiguebelle est, avec l'abbaye de Fontfroide, le seul monastère cistercien de France à avoir gardé sa ruelle des convers d'origine.
Y a-t-il un rapport entre Aiguebelle et le chocolat ?
Oui, et c'est l'origine d'une marque connue. Après la restauration de 1815, les moines ont diversifié leurs activités : chapelets, balais, corbeilles d'osier, une fabrique de draps de 1841 à 1877, une minoterie en 1867. La chocolaterie est devenue la première industrie de l'abbaye. Elle employait tant d'ouvriers laïcs qu'elle est devenue incompatible avec la vocation contemplative du lieu, et elle a été transférée à Donzère en 1895.
Que produit une commune de 275 habitants en électricité ?
Un peu plus de vingt millions huit cent mille kilowattheures par an, d'après le registre national des installations de production, soit environ 76 000 kWh par habitant et par an. Le détail : 14,5 GWh d'éolien pour une puissance déclarée de 9 750 kW mise en service le 16 octobre 2004, 6,3 GWh d'une centrale photovoltaïque de 4 440 kW au plateau des Claves, et 41 591 kWh de dix-sept petites installations solaires.
Quand Montjoyer est-elle devenue une commune ?
Le 11 juin 1840, et pas avant. Jusque-là, ce n'était qu'une paroisse rattachée à la communauté de Réauville, appelée la Grande Terre. Le village lui-même serait né au 15e siècle autour d'une grange agricole de l'abbaye voisine. Autrement dit : l'abbaye a huit cent quatre-vingt-neuf ans, et la commune cent quatre-vingt-six.
Le col de Serre Colon a-t-il été emprunté par le Tour de France ?
Oui, une fois. Il figurait au kilomètre 130 de la cinquième étape du Tour de France 2020, entre Gap et Privas, classé en quatrième catégorie. Gravi depuis Salles-sous-Bois, il fait 4,1 kilomètres à 3,7 % de pente moyenne, ce qui en fait une bosse et non un col alpin. Benoît Cosnefroy, alors en tête du classement de la montagne, est passé le premier au sommet.
Nos sources
- Fondation du 26 juin 1137 par un abbé de Morimond et douze moines, don de Gontard de Loup seigneur de Rochefort, étymologie d'aqua bella, don de Réauville au comte de Provence en 1281, granges dont l'une donne naissance à Montjoyer, appauvrissement pendant la guerre de Cent Ans, expulsion de 1791 et vingt-cinq ans d'absence, retour des trappistes suisses en 1815 sous le père Étienne et état détaillé des bâtiments, campagnes de restauration jusqu'en 1847 puis 1856, clocher de 35 m démoli, hôtellerie de 1868 et hôtellerie féminine de 1884, 233 moines en 1850, chapelets balais et corbeilles, fabrique de draps de 1841 à 1877, minoterie de 1867, chocolaterie transférée à Donzère en 1895, fondations de Staouëli à Koutaba, essaim sismique du 14 juillet au 15 août 1873 d'intensité VII-VIII MSK avec épicentre à Châteauneuf-du-Rhône, hôpital militaire de 1914-1918, fausses cartes d'identité, réfugiés cachés dans les annexes de la distillerie et Juifs déguisés en ouvriers agricoles à partir de fin 1942, perquisition de la Gestapo en avril 1944 et menace d'incendie, noviciat de frère Luc jusqu'en 1946, ruelle des convers primitive unique avec Fontfroide, et communauté de 22 moines de 45 à 96 ans en 2025 : Wikipédia, article « Abbaye Notre-Dame d'Aiguebelle », consulté le 25 août 2026. https://fr.wikipedia.org/wiki/Abbaye_Notre-Dame_d%27Aiguebelle
- Attestations du nom de 1077 à 1891 et étymologie par jugerum ou jugum, tour de guet de Montlucet d'origine romaine, seigneurie des Rochefort et don de 1137, cession partielle de droits aux comtes de Provence en 1280, naissance du village au 15e siècle à partir d'une grange de l'abbaye, échange du bourg par Louis XV en 1759 contre des terres contiguës au parc de Versailles, paroisse du diocèse de Saint-Paul-Trois-Châteaux rattachée à la communauté de Réauville dite la Grande Terre, érection en commune distincte le 11 juin 1840, col de Serre Colon donné à 434 m, et normales de la station de Montboucher-sur-Jabron avec le maximum du 13 août 2003 : Wikipédia, article « Montjoyer », consulté le 25 août 2026. Plusieurs points y sont signalés comme demandant une référence, et nous le disons. https://fr.wikipedia.org/wiki/Montjoyer
- Col de Serre Colon à 433 m, parc de dix éoliennes en ligne depuis le col le long de la crête de Vire-Vieille, ascension de 4,1 km à 3,7 % depuis Salles-sous-Bois, kilomètre 130 de la 5e étape du Tour de France 2020 entre Gap et Privas en 4e catégorie, et passage en tête de Benoît Cosnefroy : Wikipédia, article « Col de Serre Colon », consulté le 25 août 2026. https://fr.wikipedia.org/wiki/Col_de_Serre_Colon
- Puissance de 9 750 kW du parc éolien mis en service le 16 octobre 2004 et 14 518 994 kWh injectés sur douze mois, centrale photovoltaïque du plateau des Claves de 4 440 kW et 6 313 799 kWh, dix-sept installations solaires de moins de 36 kW pour 58,77 kW et 41 591 kWh : registre national des installations de production et de stockage d'électricité, plateforme ODRÉ, interrogé par nous pour le code commune 26203 le 25 août 2026. https://odre.opendatasoft.com/explore/dataset/registre-national-installation-production-stockage-electricite-agrege/
- Dates et horaires d'ouverture du musée de début avril à fin octobre, le mercredi, le dimanche et les jours fériés de 14h à 18h, installation dans les anciens locaux industriels au pied de l'abbaye, création de l'association il y a plus de vingt ans à l'initiative de Bruno Durieux, plus de cinquante membres issus de dix-neuf villages, et rôle historique de la communauté cistercienne dans l'agriculture du pays de Grignan : association Mémoire Agricole du Pays de Grignan, pages « Bienvenue », « Histoire » et « Contacts », lues le 25 août 2026. https://memoireagricolegrignan.org/
- Zone d'intérêt écologique de type 1 « Plateau de Montjoyer et pentes boisées de la vallée de la Citerne » de 437 ha, fiche du 22 novembre 2016, et absence de tout zonage sur le village et sur l'abbaye : API Carto de l'IGN, couches nature, interrogée par nous en trois points le 25 août 2026. https://apicarto.ign.fr/api/doc/nature
- Altitudes de la mairie, de l'abbatiale, du Mont Lucé, du Serre Colon, de la chapelle Saint-Barthélemy et de l'église Saint-Paulin : service d'altimétrie de la Géoplateforme, modèle RGE Alti de l'IGN, interrogé par nous le 25 août 2026. https://geoservices.ign.fr/rgealti
- Décompte machine par machine des dix-sept éoliennes Jeumont J48/750 numérotées E7 à E27 dans les limites communales, repères géodésiques de l'église Saint-Paulin, des chapelles et du campanile dont la croix a été constatée détruite en 2001, onze sommets nommés, boutique de l'abbaye, horaires de la mairie, école maternelle et hameaux : OpenStreetMap, tags bruts relevés par nous le 25 août 2026. Distances routières : moteur OSRM depuis la mairie. https://www.openstreetmap.org/copyright
Ce que nous n'avons pas pu établir : les horaires d'ouverture et de visite de l'abbaye, le nom de domaine de son site officiel étant aujourd'hui parqué et proposé à la vente ; les horaires des offices ; le tarif d'entrée du musée agricole ; la position exacte de la tour de guet de Montlucet ; et le nombre réel d'éoliennes du parc, entre les treize que suppose la puissance déclarée et les dix-sept que nous avons comptées sur la carte. Signalez-nous une erreur si vous constatez un écart.
