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Moras-en-Valloire se visite à pied, en une heure pour le bourg et en une demi-journée avec la boucle des vergers. On y passe deux portes du 15e siècle, la maison du gouverneur de 1592 et la mairie, inscrite aux monuments historiques, puis on monte vers la Madone qui domine la plaine. L'association Moras en valeur fait visiter le village gratuitement aux Journées du patrimoine, et sur demande toute l'année pour les groupes.
- 1009l'acte de Rodolphe III qui nomme Moras pour la première fois
- 2 600habitants estimés dans la communauté de Moras en 1789
- 682habitants dans la commune aujourd'hui
- 2011le label Site remarquable du goût pour la poire de la Valloire
Le bourg-rue et ses demeures
Le village actuel est le second bourg de Moras. Le premier était au pied du château, sur la colline. Celui-ci a été établi vers 1250 sur la route qui reliait Grenoble au Rhône, ce qui lui donne sa forme de village-rue, une longue rue principale bordée de maisons de notables. Les murs mêlent le pisé, la molasse et les galets roulés posés en arêtes de poisson, la maçonnerie de la Valloire.
La commune signale deux portes du 15e siècle, et deux maisons à ne pas manquer. La maison du gouverneur a été construite en 1592 contre le rempart, pour l'officier chargé de défendre la place. Wikipédia ajoute que le maréchal d'Ornano y a séjourné, et qu'un traité y fut probablement signé en 1596 avec le comte de la Roche, pour rapprocher catholiques et protestants. La Maison Quarrée, de la fin du 16e ou du début du 17e siècle, abrite la mairie. C'est elle que protège l'inscription aux monuments historiques du 13 février 1979, une inscription partielle sur un édifice du 17e siècle, propriété de la commune.
Près de la fontaine se dresse un arbre de la liberté. Le premier, planté à la Révolution, a été abattu en l'an VI. Un marronnier l'a remplacé en 1848, et la tradition locale veut qu'on l'ait arrosé de cent litres de vin. À l'église Notre-Dame, la base Palissy du ministère de la Culture recense trois objets protégés, une hallebarde du 16e siècle et un tableau de sainte Madeleine du 17e, tous deux classés le 3 novembre 1960, et un saint Charles Borromée inscrit en 1979. La base ne dit pas s'ils sont exposés.
Un mandement éclaté en cinq communes
Jusqu'à la Révolution, le mandement de Moras couvrait les communes actuelles de Moras, d'Épinouze, de Lens-Lestang, de Saint-Sorlin-en-Valloire et de Manthes, avec une partie de Lapeyrouse-Mornay. On y estimait 2 600 habitants en 1789. Les villages s'en sont détachés un à un, Lens-Lestang en 1654, Lapeyrouse-Mornay en partie en 1855, Épinouze en 1878, Saint-Sorlin en 1880 et Manthes en 1884. Moras compte aujourd'hui 682 habitants.
En 1790, Moras devient le chef-lieu d'un canton réduit à Lens-Lestang et à elle-même, avant de passer, à la réorganisation de l'an VIII, dans le canton du Grand-Serre. Le bourg garde longtemps une gendarmerie et une perception. Au 18e siècle, il était aussi à la tête d'un archiprêtré du diocèse de Vienne qui allait d'Anneyron à Hauterives et débordait sur l'Isère.
De la donation de 1009 au château démantelé
Le nom de Moras apparaît le 6 juin 1009, dans un acte par lequel Rodolphe III, roi de Bourgogne, donne une partie du château et des terres de Moras aux Guigues, la maison d'Albon dont sortiront les dauphins de Viennois. Le parc municipal porte cette date, et le village a fêté son millénaire en juin 2009. En 1227, le dauphin Guigues VI accorde une charte de libertés, en laissant aux habitants la construction et l'entretien de la muraille. En 1349, avec le Dauphiné, Moras passe au domaine royal, et les rois la confient ensuite à des seigneurs engagistes, dont Diane de Poitiers et le baron des Adrets.
Le château, simple motte surmontée d'une tour vers l'an mil, était devenu une place forte. Il est démantelé sur ordre de Louis XIII. La date diverge selon les textes, 1627 pour Wikipédia, qui précise qu'il était armé de 33 pièces d'artillerie, et 1637 pour la page d'histoire de la commune. Les remparts du bourg ont été démolis au milieu du 19e siècle.
Les signes morassiens
Des fouilles menées sur la colline dans les années 1970 ont mis au jour un habitat néolithique, et surtout des poteries gravées de pictogrammes, que la commune date de l'âge du bronze final. Ces signes ont donné leur nom au type dit « morassien ». La commune y voit peut-être l'une des premières formes d'écriture connues en Europe occidentale, et Wikipédia reprend l'hypothèse au conditionnel. Nous n'avons pas trouvé de publication scientifique récente qui la confirme.
La poire de la Valloire et la cabane Chosson
Vers 1880, après le phylloxéra qui ruine la vigne, Moras se tourne vers la poire. Les vergers palissés couvrent aujourd'hui les coteaux, et le secteur a reçu en 2011 le label Site remarquable du goût. Au milieu des vergers des Ronzières, la cabane Chosson, l'ancien abri à outils d'un arboriculteur restauré par l'association du site, accueille une exposition sur le métier et une table des variétés de poires.
La cabane est sur la boucle des Chemins de l'Arborescence, qui part du parc municipal. La boucle découverte fait 6,5 km, pour 2 h 30, la boucle randonnée 11 km, pour 3 h 30. Le parcours passe par l'église, dont le clocher sonnait jusqu'en 1950 les heures d'arrosage de la prairie, et monte à la Madone, une statue de la Vierge élevée par les habitants en 1854.
La commune et Wikipédia disent la Madone élevée en remerciement d'avoir été épargnés par la peste. En 1854, c'est pourtant le choléra qui frappe la France, avec 143 468 victimes pour la vague de 1853 et 1854, durement ressentie dans le sud du pays, et Wikipédia ne signale aucune peste en France entre celle de Marseille, en 1720, et 1902.
Sur place
La mairie est au 68 rue Maurice-Savin, dans la Maison Quarrée, avec l'entrée du secrétariat à droite après le porche. Elle ouvre le lundi, le mardi, le jeudi et le samedi de 8 h 30 à 11 h 30, et le vendredi de 13 h 30 à 17 h. Elle est fermée le mercredi. Téléphone 04 75 31 94 71.
Pour une visite guidée, l'association Moras en valeur reçoit gratuitement lors des Journées européennes du patrimoine, et sur demande toute l'année pour les groupes, à 2 € par personne, au 04 75 03 94 18. La commune n'a aucun site naturel protégé, ni Natura 2000 ni ZNIEFF.
La carte des lieux
La mairie, l'église, le parc du 6 juin 1009, point de départ des boucles, et la cabane Chosson, aux coordonnées publiées par la commune. Les deux portes et la maison du gouverneur ne sont pas portées, faute de coordonnées vérifiées.
Cliquez sur un point pour voir le nom du lieu. Fond de carte OpenStreetMap.
Venir à Moras-en-Valloire
Moras est à la limite de l'Isère, à onze minutes de Beaurepaire. Les anciennes paroisses de son mandement sont toutes à moins de dix minutes, et le Palais idéal du facteur Cheval, à Hauterives, à onze.
| Destination | Distance | Temps |
|---|---|---|
| Manthes, limitrophe | 2,3 km | 4 min |
| Saint-Sorlin-en-Valloire, limitrophe | 3,7 km | 5 min |
| Lens-Lestang, limitrophe | 3,9 km | 6 min |
| Lapeyrouse-Mornay | 4,5 km | 7 min |
| Épinouze | 6,5 km | 9 min |
| Hauterives, limitrophe | 7,1 km | 11 min |
| Beaurepaire (Isère) | 8,6 km | 11 min |
| Anneyron | 9,5 km | 13 min |
| Le Grand-Serre | 11,1 km | 17 min |
| Saint-Rambert-d'Albon, gare | 16,4 km | 20 min |
| Saint-Vallier | 24,5 km | 28 min |
| Romans-sur-Isère | 33,4 km | 39 min |
| Valence | 65,2 km | 55 min |
| Lyon | 74,6 km | 1 h 07 |
Questions fréquentes
Pourquoi Moras s'appelle-t-elle Moras-en-Valloire ?
Le complément a été ajouté en 1936, pour distinguer la commune drômoise de son homonyme de l'Isère. La Valloire, la vallée d'or des textes latins, est la plaine fertile que domine la colline du village.
Que sont les signes morassiens ?
Ce sont des pictogrammes gravés sur des poteries trouvées sur la colline lors de fouilles dans les années 1970, datées de l'âge du bronze final par la commune. Elle y voit peut-être l'une des premières formes d'écriture d'Europe occidentale, et Wikipédia l'écrit aussi au conditionnel.
Peut-on visiter Moras-en-Valloire avec un guide ?
Oui. L'association Moras en valeur fait visiter le village gratuitement lors des Journées européennes du patrimoine, et toute l'année sur demande pour les groupes, à 2 euros par personne. Téléphone 04 75 03 94 18.
Où voir la poire de la Valloire ?
À la cabane Chosson, au milieu des vergers des Ronzières, sur le chemin commun aux randonnées de Moras et de Manthes. Elle abrite une exposition sur l'arboriculture et les variétés de poires. Le secteur a reçu en 2011 le label Site remarquable du goût.
Quels sont les horaires de la mairie de Moras-en-Valloire ?
Le lundi, le mardi, le jeudi et le samedi de 8h30 à 11h30, et le vendredi de 13h30 à 17h. Fermé le mercredi. La mairie est au 68 rue Maurice-Savin, téléphone 04 75 31 94 71.
Nos sources
- Hôtel de ville, protection, datation et propriétaire : base Mérimée, notice PA00117000. https://pop.culture.gouv.fr/notice/merimee/PA00117000
- Hallebarde, sainte Madeleine, saint Charles Borromée : base Palissy, notices PM26000190, PM26000191 et PM26000758. https://pop.culture.gouv.fr/notice/palissy/PM26000190
- Donation de 1009, second bourg, signes morassiens, poire, nom de 1936 : site de la commune, page Histoire. https://moras-en-valloire.fr/histoire/
- Portes, maisons, clocher, Madone, boucles, visites guidées : site de la commune, page Balades et découvertes. https://moras-en-valloire.fr/balades-et-decouvertes/
- Cabane Chosson et ses coordonnées, Site remarquable du goût : site de la commune. https://moras-en-valloire.fr/la-poire-de-la-valloire/
- Horaires de la mairie : site de la commune. https://moras-en-valloire.fr/secretariat-de-mairie/
- Mandement, seigneurs, charte de 1227, château, maisons, arbre de la liberté, détachements des communes : Wikipédia, article Moras-en-Valloire. https://fr.wikipedia.org/wiki/Moras-en-Valloire
- Choléra de 1853 et 1854 : Wikipédia, article Troisième pandémie de choléra. Peste en France : article Peste. https://fr.wikipedia.org/wiki/Troisi%C3%A8me_pand%C3%A9mie_de_chol%C3%A9ra
- Population et superficie : INSEE via geo.api.gouv.fr. Altitude : RGE ALTI de l'IGN. Zonages : API Carto nature. Temps de trajet : OSRM sur le réseau OpenStreetMap. https://geo.api.gouv.fr/decoupage-administratif
Nous n'avons pas pu vérifier la datation des signes morassiens dans une publication scientifique, ni les conditions de visite de l'église. Signalez-nous une erreur si vous constatez un écart.
