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Manthes

Six kilomètres carrés et demi, six cent quatre-vingt-cinq habitants, et deux monuments historiques dont une église classée. Le village n'existe que parce que des bénédictins de Cluny ont bâti un prieuré sur la colline au 11e siècle. Il a fallu attendre 1884 pour que Manthes devienne une commune à part entière.

Comment cette page est faite

Classement de l'église le 11 avril 1932, inscription du prieuré le 3 juin 1986, datations, propriétaires et coordonnées : base Mérimée du ministère de la Culture, notices pour le code INSEE 26172. Attestations depuis 1333, fondation clunisienne, prieurés dépendants, érection en commune le 16 avril 1884, description du prieuré et du lac, exposition d'art annuelle, foire du 18 septembre : Wikipédia, article Manthes, consulté le 13 août 2026, d'après le Dictionnaire topographique de la Drôme de 1891. Plusieurs de ces points y sont signalés comme non référencés et nous le disons. Zonages : référentiel des espaces protégés de l'IGN, interrogé par nous. Distances : calculées par nous depuis la mairie, moteur OSRM.

Manthes est un cas rare : une commune minuscule avec un patrimoine de bourg. La raison tient en une phrase, et c'est la clef de toute la visite : le prieuré est antérieur au village. Ce sont les moines qui ont fait naître les maisons, et non l'inverse.

  • 11e sièclela fondation du prieuré par les bénédictins de Cluny
  • 16 avril 1884le jour où Manthes devient une commune
  • 3prieurés qui dépendaient de celui de Manthes
  • 6,8 km²la superficie totale de la commune
Le prieuré clunisien de Manthes dans la Drôme
Le prieuré de Manthes, bâti en galets au sommet de la colline. Photo Gachepi, CC BY-SA 3.0, via Wikimedia Commons.

Le prieuré, et comment y entrer

Le prieuré de Manthes a été fondé au 11e siècle par les bénédictins de l'ordre de Cluny. Il n'était pas un établissement isolé : il avait trois prieurés dans sa dépendance, ceux de Peaugres, en Ardèche, de Montchastain et de Charrières. Son titulaire était décimateur et seigneur temporel du lieu : il percevait la dîme et exerçait la justice.

Le bâtiment est construit en galets, ces cailloux roulés que la Valloire fournit en abondance, et il domine le village depuis le sommet de la colline. Il se compose d'une église, d'un clocher et d'un ensemble de salles que notre source qualifie de remarquables, dont des oubliettes. L'abside centrale de l'église porte un double vitrail représentant saint Pierre et saint Paul, dont les visages sont datés du 16e siècle. Le prieuré a été restauré en 2006.

Le portail d'entrée du prieuré de Manthes
Le portail d'entrée du prieuré. Photo Gachepi, CC BY-SA 3.0, via Wikimedia Commons.
Une exposition d'art gratuite, une fois par an

C'est la meilleure façon d'entrer, et elle ne dure pas toute l'année : une exposition d'art contemporain gratuite est organisée chaque année dans l'ancien prieuré. C'est le seul accès public régulier dont nous ayons trouvé trace. En dehors de cette période, nous n'avons trouvé ni horaire ni tarif publiés, et le bâtiment appartient à une association, pas à la commune. La mairie, ouverte du lundi au samedi de 8h30 à 11h30, est le seul point de contact possible pour savoir quand.

La protection est récente : le prieuré est inscrit monument historique le 3 juin 1986 et le ministère le date des 15e et 16e siècles, ce qui désigne les bâtiments conservés, pas la fondation. Il subsiste par ailleurs des vestiges du prieuré du 16e siècle, avec leurs cheminées, et un château du 17e siècle sur la commune.

Têtes sculptées sur la façade de l'église du prieuré de Manthes
Les têtes sculptées de la façade de l'église du prieuré. Photo Gachepi, CC BY-SA 3.0, via Wikimedia Commons.
Deux sources, deux propriétaires

Le ministère écrit que le prieuré est propriété d'une association. Wikipédia écrit qu'il appartient à « l'évêché de la Drôme ». Cette seconde formulation est doublement discutable : d'abord parce qu'elle contredit la base officielle, ensuite parce qu'il n'existe pas d'évêché de la Drôme, le département relevant du diocèse de Valence. Nous retenons la base Mérimée, qui fait foi sur le statut des monuments protégés, et nous signalons l'écart plutôt que de le taire.

Une église classée, ce qui n'est pas rien

L'église de Manthes vue depuis le parc du village
L'église Saint-Pierre-et-Saint-Paul vue depuis le parc du village. Photo Daniel Culsan, CC BY-SA 4.0, via Wikimedia Commons.

L'église Saint-Pierre-et-Saint-Paul est classée monument historique le 11 avril 1932, et non simplement inscrite. La distinction compte : le classement est le niveau le plus élevé de protection en droit français, réservé aux édifices d'intérêt public. Le ministère la date des 11e et 12e siècles et elle appartient à la commune, donc elle s'ouvre comme toute église paroissiale.

La protection porte, selon notre source, sur le clocher et le chevet, qui sont les parties romanes. À l'intérieur, elle signale des vitraux du 14e siècle et un Christ du 17e. Une église romane classée à quarante mètres d'un prieuré clunisien du 11e siècle, sur une commune de moins de sept kilomètres carrés : c'est une densité patrimoniale qu'on ne rencontre pas ailleurs dans la Valloire.

Une commune de 1884

Manthes a longtemps existé comme paroisse sans exister comme commune. Le nom est attesté dès 1333 sous la forme Mantol, puis Mantula en 1408, et le prieuré apparaît au 14e siècle comme prioratus de Mantula Cluniaci. Suivent Mantols en 1614, Menton en 1650, Mantoz en 1778 et Mantes en 1790.

Rattachée à Moras jusqu'à la fin du 19e siècle

Sur le plan féodal, Manthes faisait partie de la terre et du mandement de Moras, le prieur n'y jouissant que de quelques droits seigneuriaux. En 1790, elle devient une simple section de la commune de Moras. Il faut attendre le 16 avril 1884 pour qu'elle soit érigée en commune distincte, rattachée au canton du Grand-Serre. Cela explique une bizarrerie statistique : le premier recensement de Manthes date de 1886, quand la plupart des communes drômoises ont des séries qui remontent à 1793.

La commune faisait partie du comté d'Albon puis des possessions des dauphins, et sa paroisse relevait du diocèse de Vienne, pas de Valence : c'est le nord du département, tourné vers l'Isère depuis toujours.

Le lac, le lavoir et la roue à aubes

Le lavoir de Manthes
Le lavoir de Manthes, dans le parc du lac. Photo Daniel Culsan, CC BY-SA 4.0, via Wikimedia Commons.

Le lac de Manthes, auquel des travaux récents ont adjoint un parc, est l'espace public de la commune. Notre source le décrit comme petit mais doté d'une faune diversifiée. Autour, deux objets valent l'arrêt : un lavoir, et les ruines d'une ancienne usine textile dont il ne reste, écrit-elle, « qu'une vieille roue à aubes immobilisée par le temps ».

L'eau, la vraie ressource de la commune

Une commune de 6,8 km² qui a nourri une usine textile, un moulin encore en activité en 1992, une pisciculture et un lac ne le doit pas au hasard : elle est assise sur les sources de la Veuze. La pisciculture des Sources est d'ailleurs installée dans le cadre du château, avec des bassins naturels. Dans la plaine sèche de la Valloire, une résurgence permanente est une rareté, et c'est probablement ce qui a décidé les moines de Cluny à s'installer ici.

Le calendrier local tient en deux dates : la fête, le dimanche suivant le 30 juin, et une foire le 18 septembre, à date fixe. La pêche est signalée comme le loisir principal, ce qui est cohérent avec tout le reste.

La carte des lieux

L'église et le prieuré sont placés aux coordonnées données par le ministère : ils sont à quarante mètres l'un de l'autre, ce qui explique qu'ils se confondent à petite échelle. Le lac, le lavoir et la pisciculture ne figurent pas : nous n'avons pas trouvé pour eux de position vérifiable, et sur une commune de cette taille il suffit de suivre le parc.

Cliquez sur un point pour voir le nom du lieu et ce qu'il faut en savoir. Fond de carte OpenStreetMap.

Venir à Manthes

Manthes est à l'extrême nord de la Drôme, dans la plaine de la Valloire, et c'est l'un des cas les plus nets de commune drômoise tournée vers un autre département : sa ville de référence calculée est Beaurepaire, en Isère, à neuf minutes, quand Valence est à cinquante-cinq. Lyon est plus proche en temps de trajet que la préfecture du département.

Temps de trajet routiers calculés depuis la mairie de Manthes, moteur OSRM sur le réseau OpenStreetMap. Hors trafic.
DestinationDistanceTemps
Beaurepaire (Isère)6,6 km9 min
Anneyron10,8 km13 min
Hauterives9,8 km13 min
Châteauneuf-de-Galaure13,5 km16 min
Le Grand-Serre11,3 km17 min
Saint-Vallier25,7 km29 min
Romans-sur-Isère36,0 km41 min
Valence66,7 km55 min
Lyon75,5 km1 h 07
Aucun zonage de protection, et une mairie ouverte le samedi

Le référentiel national des espaces protégés ne rend rien sur la commune : ni parc, ni Natura 2000, ni ZNIEFF, ni réserve. En revanche la mairie est ouverte du lundi au samedi, de 8h30 à 11h30, samedi compris, ce qui est rare pour une commune de cette taille et utile si vous voulez poser une question sur le prieuré un jour de week-end.

Questions fréquentes

Peut-on visiter le prieuré de Manthes ?

Une fois par an, au moins. Une exposition d'art contemporain gratuite est organisée chaque année dans l'ancien prieuré, ce qui est le moyen le plus sûr d'entrer. En dehors de cette période, nous n'avons trouvé ni horaire ni tarif publiés. Le bâtiment est inscrit monument historique depuis le 3 juin 1986 et appartient à une association : appelez la mairie au préalable.

Quel est le monument le plus important de Manthes ?

L'église Saint-Pierre-et-Saint-Paul, classée monument historique le 11 avril 1932, datée des 11e et 12e siècles par le ministère et propriété de la commune. Un classement, et non une simple inscription, sur une commune de 685 habitants et de moins de sept kilomètres carrés : c'est le signe d'un édifice roman de premier ordre.

Manthes est-elle une vieille commune ?

Non, c'est l'une des plus jeunes de la Drôme. Jusqu'en 1790, Manthes était une paroisse rattachée à la communauté de Moras, puis elle est devenue une simple section de la commune de Moras. Elle n'a été érigée en commune distincte que le 16 avril 1884, soit moins de cent cinquante ans. Le prieuré, lui, date du 11e siècle.

À qui appartient le prieuré de Manthes ?

Les sources se contredisent. La base Mérimée du ministère de la Culture le donne en propriété d'une association. Wikipédia écrit qu'il appartient à « l'évêché de la Drôme », entité qui n'existe pas : le département relève du diocèse de Valence. Nous retenons la base officielle, qui fait foi en matière de statut des monuments protégés.

Que voir d'autre à Manthes ?

Le lac de Manthes et son parc, avec un lavoir et les ruines d'une ancienne usine textile dont il ne reste qu'une roue à aubes immobilisée. La pisciculture des Sources, dans le cadre du château, avec des bassins naturels. Et, sur la façade de l'église du prieuré, des têtes sculptées qui valent qu'on lève les yeux.

Quelle est la ville de référence de Manthes ?

Beaurepaire, en Isère, à 6,6 km et neuf minutes. C'est l'un des cas les plus nets de commune drômoise tournée vers un autre département : Valence, préfecture, est à 55 minutes, et Lyon à 1 h 07. Manthes est à l'extrême nord de la Drôme, dans la plaine de la Valloire.

Nos sources

  • Classement de l'église le 11 avril 1932, inscription du prieuré le 3 juin 1986, datations, propriétaires et coordonnées : base Mérimée, ministère de la Culture, code INSEE 26172. https://ministere-culture.s3.sbg.io.cloud.ovh.net/POP/merimee.csv
  • Attestations de 1333 à 1891, fondation clunisienne du 11e siècle, prieurés dépendants de Peaugres, Montchastain et Charrières, rattachement à Moras, érection en commune le 16 avril 1884, description du prieuré, des oubliettes et du double vitrail, restauration de 2006, exposition d'art annuelle gratuite, lac, lavoir, roue à aubes, pisciculture des Sources, fête et foire du 18 septembre : Wikipédia, article Manthes, consulté le 13 août 2026, d'après le Dictionnaire topographique de la Drôme de J. Brun-Durand, 1891. Plusieurs de ces points y sont signalés comme non référencés et nous le disons dans le texte. https://fr.wikipedia.org/wiki/Manthes
  • Absence de tout zonage de protection : référentiel des espaces protégés, apicarto de l'IGN, interrogé par nous le 13 août 2026. https://apicarto.ign.fr/api/doc/nature
  • Horaires de la mairie et position des lieux du bourg : OpenStreetMap, relevé le 13 août 2026. Distances : moteur OSRM. https://www.openstreetmap.org/copyright

Nous n'avons trouvé ni les dates ni les horaires de l'exposition annuelle du prieuré, ni aucune condition d'accès au bâtiment en dehors de celle-ci : passez par la mairie. Nous n'avons pas pu lever la contradiction entre le ministère et Wikipédia sur le propriétaire du prieuré, et nous ne cartographions ni le lac, ni le lavoir, ni la pisciculture, faute de positions vérifiables. Signalez-nous une erreur si vous constatez un écart.