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Montmiral

Une tour classée depuis 1927, à deux kilomètres du village, dont le ministère dit qu'elle est à la fois gallo-romaine, du 11e et du 12e siècle. Le village, lui, s'appelait Solo, puis Saint-Christophe, et n'a pris le nom de sa tour qu'au 19e siècle. Il avait trois églises et 1 600 habitants ; il en a une et 649.

Comment cette page est faite

Classement de la vieille tour le 19 juillet 1927, inscription partielle de l'église le 5 juillet 1927, datations, propriétaires et coordonnées : base Mérimée du ministère de la Culture, code INSEE 26207. Attestations depuis 950, trois églises médiévales, seigneurs des Clermont aux Emé de Marcieu, marquisat de 1710, passage de François Ier en 1533, séparation de Saint-Michel le 16 avril 1884, démographie de 1797, vestiges du quartier Saladot : Wikipédia, article Montmiral, consulté le 13 août 2026, d'après le Dictionnaire topographique de la Drôme de 1891. Plusieurs de ces points y sont signalés comme non référencés et nous le disons. Zonage ZNIEFF : référentiel des espaces protégés de l'IGN. Positions et horaires : OpenStreetMap. Distances : calculées par nous depuis la mairie, moteur OSRM.

Montmiral est un village de crête de la Drôme des collines, à 400 mètres, avec une vue franche sur le Vercors. Ce qu'on vient y voir n'est pas au village : la tour classée est à 2,2 km, et elle est privée. Le reste se lit dans le paysage et dans les noms de lieux, qui portent la trace d'un village qui a beaucoup perdu.

  • 3 âgesgallo-romain, 11e et 12e siècle, pour une seule tour
  • 3 églisesau Moyen Âge, il n'en reste qu'une
  • 1 600habitants en 1797, contre 649 aujourd'hui
  • 16 avril 1884le jour où Saint-Michel se détache de la commune
La vieille tour de Montmiral, classée monument historique
La vieille tour de Montmiral, classée monument historique le 19 juillet 1927. Photo Clary Paco, CC BY-SA 4.0, via Wikimedia Commons.

La vieille tour, trois âges en un seul monument

C'est le monument de la commune, et il est classé, pas seulement inscrit : la vieille tour est protégée depuis le 19 juillet 1927. Elle est en propriété privée, et se trouve à 2,2 km et cinq minutes du village actuel, sur l'ancien site castral.

Une datation en trois temps, ce qui est rare

Le ministère lui attribue trois périodes : gallo-romain, 11e siècle, 12e siècle. Ce n'est pas une hésitation, c'est une lecture de maçonnerie : la base est antique, le corps médiéval. Cela recoupe ce que dit la documentation locale, qui signale des vestiges gallo-romains sur la commune, notamment au quartier Saladot, où de nombreux restes romains ont été découverts. Une hypothèse y place la ville disparue de Solonium. La tour apparaît dans les textes dès l'an 1000, comme castrum Montis Mirati, dans le cartulaire de Romans, et elle appartient au 11e siècle aux Bressieux.

L'intérieur de la tour de Montmiral
L'intérieur de la tour. Elle est privée : cette vue n'implique aucun droit d'accès. Photo Clary Paco, CC BY-SA 4.0, via Wikimedia Commons.

Le second monument est l'église, inscrite partiellement le 5 juillet 1927, deux semaines avant le classement de la tour, datée du 11e siècle et propriété de la commune. Le ministère ne lui donne pas de coordonnées ; il s'agit de l'église Saint-Christophe, au village. Deux protections en quinze jours, sur la même commune, en 1927 : c'est le signe d'une campagne d'inventaire menée d'un coup.

Solo, Saint-Christophe, Montmiral

Peu de communes ont hésité aussi longtemps sur leur propre nom. Les mentions les plus anciennes ne parlent pas de Montmiral : en 950, le cartulaire de Romans nomme la villa Soduli ; en 995, la villa quae dicitur Solo. C'est seulement vers l'an 1000 qu'apparaît le castrum Montis Mirati, et le nom désigne alors la tour, pas le village.

Huit siècles de coexistence

Les deux appellations vivent côte à côte pendant très longtemps. La paroisse est nommée ecclesia Sancti Christophori in loco Sole en 1068, le nom Montmiral se fixe dans les cartulaires à partir de 1150, mais en 1593 on écrit encore « le bourg de Saint-Christophe », et l'almanach du Dauphiné de 1788 donne « Saint-Christophe de Montmiral ». Le nom de la tour n'a définitivement absorbé celui du village qu'au 19e siècle. Autrement dit, c'est le monument qui a fini par nommer la commune, et non l'inverse.

Sur le sens, la source propose deux lectures, l'une et l'autre plausibles : de mons, le mont, et miratus, participe passé de mirari, être en admiration, on tire soit le « mont admirable », soit le « mont d'où l'on admire », c'est-à-dire le mont d'où l'on voit loin. La seconde colle mieux au terrain : le village est à 400 mètres et regarde le Vercors.

La vue sur le massif du Vercors depuis Montmiral
La vue sur le Vercors depuis Montmiral. C'est probablement l'origine du nom. Photo Pabix, CC BY-SA 3.0, via Wikimedia Commons.

Trois églises, et ce qu'il en reste

Au Moyen Âge, la commune comptait trois églises, et cela ne tenait pas à la dévotion : c'étaient trois paroisses distinctes du diocèse de Vienne, Montmiral, Saint-Martin et Saint-Michel, réunies dans une seule communauté.

Le détail qui vaut le déplacement

L'église Saint-Martin se trouvait près du château, au sud de la motte castrale. Près de ses ruines, on a retrouvé des tombes des environs de l'an 1000. L'église Saint-Michel aurait été bâtie en même temps que le château de pierre. Et l'église Saint-Christophe, celle qui subsiste et qui est inscrite, est celle autour de laquelle s'est formé le village actuel : une charte du 11e siècle l'appelle « église mère au temps de Charlemagne ». Elle a été remise au 11e siècle à l'abbaye Saint-Barnard de Romans, qui y a établi une communauté de chanoines réguliers. La terre était alors disputée entre les dauphins et les religieux de Romans.

Il subsiste par ailleurs une chapelle Saint-Martin au sud de la commune, près du site de la tour, et deux croix de chemin. La seigneurie, elle, appartenait aux Clermont, fut confisquée et donnée aux Dusie en 1465, rendue aux Clermont deux ans plus tard, vendue aux Fléhard en 1581, cédée aux Mistral au milieu du 17e siècle, et ceux-ci obtinrent en 1710 l'érection de Montmiral en marquisat. Les Emé de Marcieu furent les derniers seigneurs.

François Ier et la cheminée de la Chapotière

En novembre 1533, dit la tradition locale, François Ier s'arrête à Montmiral. Il aurait chassé dans les bois de la forêt de Thivolet, qui couvraient alors les collines, et gravé sa signature dans une des bâtisses du village.

Ce que porterait la ferme Chapotière

Le détail est précis, et c'est ce qui le rend intéressant : la cheminée de la ferme Chapotière porterait une inscription ainsi que le visage du roi, sculpté en 1539, soit six ans après la visite. Un portrait royal daté sur une cheminée de ferme, dans un village de collines, ce n'est pas courant. Notre source signale toutefois ce point comme non référencé, et il s'agit d'une propriété privée : nous ne publions ni adresse, ni position, et nous ne suggérons pas d'aller frapper à la porte.

Un village qui a perdu les deux tiers de ses habitants

Vue générale de Montmiral vers 1910
Montmiral au début du 20e siècle. Fonds des Médiathèques Valence Romans agglomération, sans restriction de réutilisation, via Wikimedia Commons.

En 1797, la commune comptait 1 600 habitants. Elle en compte 649 aujourd'hui, soit une perte de 59 %, et elle recule encore, de 3,3 % entre 2017 et 2023. Deux mécanismes s'additionnent, et il vaut la peine de les distinguer.

L'exode rural, plus une amputation administrative

Le premier mécanisme est l'exode rural, commun à toutes les collines drômoises. Le second est ponctuel et daté : le 16 avril 1884, la paroisse de Saint-Michel est détachée de la commune de Montmiral pour former une commune distincte, aujourd'hui Saint-Michel-sur-Savasse. Montmiral a donc perdu d'un coup un tiers de ses paroisses et une part de sa population. Curiosité de calendrier : c'est le même jour, le 16 avril 1884, que Manthes était érigée en commune distincte de Moras, à cinquante kilomètres de là. Le même décret a fait et défait deux communes drômoises.

Montmiral avait pourtant été chef-lieu de canton en 1790, avec Crépol, Miribel et Parnans. La réorganisation de l'an VIII l'a ramenée au rang de simple commune du canton de Romans. Aujourd'hui, l'école du village va de la maternelle au CP et forme un regroupement pédagogique avec Saint-Michel-sur-Savasse, qui accueille le CP au CM2 : les deux communes séparées en 1884 scolarisent à nouveau ensemble.

La carte des lieux

La tour est placée aux coordonnées données par le ministère. L'église inscrite n'en a pas dans la base officielle : elle est positionnée d'après OpenStreetMap, au village. La ferme Chapotière et le quartier Saladot ne figurent pas : le premier est privé, le second n'a pas de position vérifiable.

Cliquez sur un point pour voir le nom du lieu et ce qu'il faut en savoir. Fond de carte OpenStreetMap.

Venir à Montmiral

Le village de Montmiral
Le village de Montmiral, à 400 mètres d'altitude. Photo Toutaitanous, CC BY-SA 3.0, via Wikimedia Commons.

Montmiral est à l'est de la Drôme des collines, à la limite de l'Isère, et sa ville de référence est Romans-sur-Isère, à vingt et une minutes. C'est une commune de bout de route : Valence est à quarante minutes, et il n'y a pas d'axe qui la traverse. Cela se paie en temps de trajet, et cela explique une partie de son dépeuplement.

Temps de trajet routiers calculés depuis la mairie de Montmiral, moteur OSRM sur le réseau OpenStreetMap. Hors trafic. La première ligne est une distance interne à la commune.
DestinationDistanceTemps
Vieille tour (même commune)2,2 km5 min
Romans-sur-Isère17,7 km21 min
Bourg-de-Péage18,7 km23 min
Saint-Donat-sur-l'Herbasse20,2 km28 min
Hauterives25,4 km32 min
Le Grand-Serre24,2 km33 min
Saint-Jean-en-Royans30,5 km37 min
Valence38,9 km40 min
Une ZNIEFF de 27 000 hectares, et une mairie ouverte le samedi

La commune est comprise dans la ZNIEFF de type 2 des Collines drômoises, 27 001 hectares, créée le 6 avril 2011. C'est un zonage d'inventaire, pas une protection réglementaire : il signale un ensemble paysager cohérent, celui des collines molassiques entre Isère et Galaure. Aucun autre zonage sur la commune. La mairie est ouverte du mardi au samedi, de 9h à 12h, le matin seulement, mais samedi compris.

Questions fréquentes

Qu'est-ce que la vieille tour de Montmiral ?

Le monument classé de la commune, protégé depuis le 19 juillet 1927. Le ministère lui reconnaît trois âges : gallo-romain, 11e siècle et 12e siècle. Elle est en propriété privée et se dresse à 2,2 km du village actuel, sur l'ancien site castral. Elle apparaît dans les textes dès l'an 1000 sous le nom de castrum Montis Mirati.

Le village a-t-il changé de nom ?

Oui, et il a mis huit siècles à s'y résoudre. Il s'appelait Solo, ou villa Soduli, en 950 et 995. La tour apparaît sous le nom de Montmiral vers l'an 1000, et les deux noms cohabitent longtemps : en 1593 on écrit encore « le bourg de Saint-Christophe », et en 1788 « Saint-Christophe de Montmiral ». Le nom actuel ne s'impose qu'au 19e siècle.

François Ier est-il venu à Montmiral ?

En novembre 1533, d'après la tradition locale. Il aurait chassé dans les bois de la forêt de Thivolet, qui couvraient alors les collines, et gravé sa signature dans une bâtisse du village. La cheminée de la ferme Chapotière porterait une inscription et le visage du roi, sculpté en 1539. Notre source signale ce point comme non référencé.

Combien d'églises Montmiral a-t-elle eues ?

Trois au Moyen Âge : Saint-Martin près du château, dont on a retrouvé des tombes des environs de l'an 1000 près des ruines ; Saint-Michel, probablement bâtie en même temps que le château de pierre ; et Saint-Christophe, autour de laquelle s'est formé le village actuel. Une charte du 11e siècle appelle cette dernière « église mère au temps de Charlemagne ».

Pourquoi Montmiral a-t-elle perdu autant d'habitants ?

Deux raisons se cumulent. La commune comptait 1 600 habitants en 1797 et n'en a plus que 649 : c'est l'exode rural classique des collines drômoises. Mais elle a aussi perdu un morceau d'elle-même le 16 avril 1884, quand la paroisse de Saint-Michel a été détachée pour former une commune distincte, aujourd'hui Saint-Michel-sur-Savasse.

Que voit-on depuis Montmiral ?

Le Vercors. Le village est à 400 mètres d'altitude, et c'est probablement l'origine de son nom : mons et miratus, le mont admirable ou le mont d'où l'on admire. La commune est comprise dans la ZNIEFF de type 2 des Collines drômoises, qui couvre 27 001 hectares.

Nos sources

  • Classement de la vieille tour le 19 juillet 1927, inscription partielle de l'église le 5 juillet 1927, datations gallo-romaine, 11e et 12e siècle, propriétaires et coordonnées : base Mérimée, ministère de la Culture, code INSEE 26207. https://ministere-culture.s3.sbg.io.cloud.ovh.net/POP/merimee.csv
  • Attestations de 950 à 1891, villa Soduli et Solo, castrum Montis Mirati de l'an 1000, étymologie, vestiges du quartier Saladot et hypothèse de Solonium, trois églises médiévales et tombes de l'an 1000, charte de l'église mère, seigneurs des Clermont aux Emé de Marcieu, marquisat de 1710, passage de François Ier en novembre 1533 et cheminée de la ferme Chapotière, canton de 1790, séparation de Saint-Michel le 16 avril 1884, 1 600 habitants en 1797, regroupement pédagogique : Wikipédia, article Montmiral, consulté le 13 août 2026, d'après le Dictionnaire topographique de la Drôme de J. Brun-Durand, 1891. Plusieurs de ces points y sont signalés comme non référencés et nous le disons dans le texte. https://fr.wikipedia.org/wiki/Montmiral
  • ZNIEFF de type 2 « Collines drômoises », 27 001 hectares, créée le 6 avril 2011, et absence de tout autre zonage : référentiel des espaces protégés, apicarto de l'IGN, interrogé par nous le 13 août 2026. https://apicarto.ign.fr/api/doc/nature
  • Position de l'église Saint-Christophe et de la chapelle Saint-Martin, croix de chemin, horaires de la mairie : OpenStreetMap, relevé le 13 août 2026. Distances : moteur OSRM. https://www.openstreetmap.org/copyright

La vieille tour est en propriété privée et nous n'avons trouvé aucune condition d'accès publiée : elle se regarde depuis la route. Le passage de François Ier en 1533 et la cheminée sculptée de la ferme Chapotière sont signalés comme non référencés par notre source, et la ferme est privée : nous n'en publions ni l'adresse ni la position. Nous n'avons pas non plus de position vérifiable pour les ruines de Saint-Martin ni pour le quartier Saladot. Signalez-nous une erreur si vous constatez un écart.