Inscription du 2 juin 2009 et classement du 9 novembre 2009, datation et propriétaires : base Mérimée du ministère de la Culture, code INSEE 26099. Attestations depuis 998, doyenné de Colonzelle, seigneurie vendue en 1574, épisode Brotin de 1588, texte du 24 février 1728, démographie de 1789, description de l'église et de ses peintures, carrières de meules, chapelle de Margerie, fêtes : Wikipédia, article Colonzelle, consulté le 13 août 2026, d'après le Dictionnaire topographique de la Drôme de 1891. Plusieurs de ces points y sont signalés comme non référencés et nous le disons. Zonages : référentiel des espaces protégés de l'IGN. Positions, oratoires et sentiers : OpenStreetMap. Distances : calculées par nous depuis la mairie, moteur OSRM.
Colonzelle est à six minutes de Grignan et personne ne s'y arrête. C'est une erreur : la commune possède l'un des ensembles de peintures murales médiévales les mieux conservés du secteur, dans une église qui n'est pas au village, et d'anciennes carrières de meules de moulin accessibles par un sentier.
- 14e siècleles peintures murales du chœur, presque intactes
- 9 nov. 2009le classement, cinq mois après l'inscription
- 998la première mention, dans le cartulaire de Cluny
- 3souverainetés traversées en 10 km, notées en 1728
Une église classée en 2009, et ses peintures
L'église Saint-Pierre-ès-Liens, anciennement dite église Saint-Pierre de Margerie, est datée de la seconde moitié du 12e siècle par le ministère. Sa protection est à la fois très récente et inhabituelle dans sa forme : elle a été inscrite le 2 juin 2009, puis classée le 9 novembre 2009, cinq mois plus tard.
Ce qui fait la valeur de cet édifice n'est pas son architecture mais son décor : dans le chœur est conservé un ensemble de peintures murales presque intact, daté du début du 14e siècle. Des peintures murales médiévales complètes sont rarissimes : la plupart ont été badigeonnées au 17e ou au 19e siècle, et ce qu'on en retrouve tient généralement à quelques fragments, comme à Le Grand-Serre où des sondages ont mis au jour des traces. Ici, l'ensemble tient debout. C'est très probablement ce qui explique le passage rapide de l'inscription au classement.
Deux autres éléments sont signalés : un porche voûté en berceau, protégé au titre de l'inscription, et un linteau historié, c'est-à-dire sculpté de personnages. Sur une église romane rurale, un linteau historié est déjà un objet notable : c'est le seul endroit où le sculpteur avait la place de raconter quelque chose.
La base du ministère indique un statut inhabituel : « propriété de la commune ; propriété privée ». L'édifice est donc partagé entre le domaine public communal et un ou plusieurs propriétaires privés, ce qui arrive quand le bâtiment et son terrain, ou l'église et une chapelle latérale, ne sont pas au même nom. En pratique, cela veut dire qu'il n'y a pas un seul interlocuteur, et nous n'avons trouvé ni horaire ni tarif publiés pour la visite. La mairie, ouverte quatre heures et demie par semaine, est le point de départ.
Deux Saint-Pierre : ne vous trompez pas d'église
C'est le piège de cette commune, et il est identique à celui de Puygiron : deux édifices portent presque le même nom. L'église Saint-Pierre du village, remaniée, est dans le bourg, à côté de la mairie. L'église Saint-Pierre-ès-Liens, celle qui est classée, est à l'écart, au sud, du côté du lieu-dit Saint-Pierre, à environ un kilomètre.
Le ministère ne donne pas de coordonnées pour l'édifice protégé, ce qui n'aide pas. Nous nous appuyons sur les données cartographiques, qui placent une chapelle Saint-Pierre au sud du bourg. Ce n'est pas une erreur d'un jour : les mentions anciennes distinguent bien le decanatus Sancti Petri de Colonzellis, le doyenné, en 1518, et l'église paroissiale du village, dédiée à Notre-Dame avant la Révolution.
Un troisième sanctuaire complète la commune : la chapelle Notre-Dame-des-Lumières, au hameau de Margerie, érigée aux 17e et 18e siècles. C'est là que se tient la fête du hameau, le 15 août, distincte de la fête communale, qui tombe le dernier dimanche de juillet.
Les carrières de meules au-dessus du Lez
Voici le site que personne ne signale et qui vaut la marche. Entre Colonzelle et le hameau de Margerie, sur une falaise qui domine le Lez, subsistent d' anciennes carrières de meules de moulin. Un sentier y mène.
Une carrière de meules ne ressemble à aucune autre. On y taillait les meules directement dans la paroi, en creusant une gorge circulaire autour du disque avant de le détacher. Ce qui reste sur place, ce sont donc les empreintes rondes des meules extraites, et parfois des meules abandonnées en cours de taille, fendues ou ratées. Chaque cercle vide dans la roche correspond à un moulin qui a tourné quelque part. Le site n'a ni billetterie, ni horaire, ni entretien : c'est un site industriel à ciel ouvert, à aborder comme une falaise, avec des chaussures et de la prudence.
Le reste des promenades tient aux garrigues, que notre source signale comme le loisir principal de la commune avec la pêche, et à deux parcs aménagés dans le bourg : le parc au bord du Lez et le parc du parcours de santé. Trois oratoires jalonnent par ailleurs la commune, dédiés à sainte Thérèse, à sainte Marie-Madeleine et à l'Immaculée Conception.
Trois pays en dix kilomètres
Colonzelle est le meilleur endroit pour comprendre le puzzle territorial de la Drôme provençale, et un document le prouve mieux que n'importe quelle explication.
Chargés de régler la succession de François de Castellane-Adhémar de Grignan, mort le 30 décembre 1714, des avocats de la cour d'Aix consignent dans l'inventaire du château de Grignan qu'ils ont « été à Chamaret, en Dauphiné […], de là être passés à Colonzelle, en Provence […] et passés à Grillon, dans le Comtat venaissin ». Trois villages distants d'une dizaine de kilomètres, trois souverainetés différentes : le royaume de France par le Dauphiné, le royaume de France par la Provence, avec ses propres parlements et sa propre fiscalité, et les États du pape. Colonzelle était une « terre adjacente de Provence », du ressort du parlement et de l'intendance d'Aix.
Cette imbrication a survécu à sa manière : la ville de référence calculée de Colonzelle n'est ni Grignan ni Montélimar, mais Valréas, dans le Vaucluse, à neuf minutes, chef-lieu de l'Enclave des Papes, ce territoire vauclusien entièrement entouré de Drôme. L'intercommunalité actuelle, Enclave des Papes - Pays de Grignan, réunit les deux côtés de l'ancienne frontière.
La commune a payé cette position. En octobre 1588, un chef de guerre nommé Brotin s'empare temporairement du village et de son château : il commence par imposer des contributions, puis incendie les fermes. La révolte ne prend fin qu'en janvier 1589. Vers 1620, les habitants subissent de nouvelles incursions. En 1789, la commune comptait 65 maisons et 325 personnes.
Un doyen qui était aussi le seigneur
La première mention est datée : 998, dans le cartulaire de Cluny, sous la forme castrum Colonzellas in Provintia. C'est la même charte, portant le numéro 2466, qui mentionne la cella Sancti Amandi de Montségur-sur-Lauzon : deux communes de ce site entrent dans l'histoire écrite par le même document, au même moment.
Le village est né d'un prieuré bénédictin, et son organisation est singulière : la seigneurie temporelle de la paroisse relevait des doyens du prieuré jusqu'en 1574. Autrement dit, le titulaire du doyenné de Colonzelle, bénéfice clunisien dépendant du prieuré de Pont-Saint-Esprit, était à la fois seigneur spirituel et seigneur temporel : il disait la messe et rendait la justice. Le bénéfice a été uni au chapitre collégial de Grignan en 1533, et en 1574 les doyens ont vendu la seigneurie aux Castellane-Adhémar, qui l'ont réunie à leur baronnie de Grignan, érigée en comté en 1558.
Le nom, lui, a été écrit de quatorze façons différentes entre 998 et 1891 : Coroncellis en 1296, Colluncellis en 1409, Collonselles chez Lesdiguières en 1585, Crouzelles au 16e siècle, Couronselles en 1690, Coulonzelles au dénombrement du royaume de 1700. Il ne s'est fixé qu'au 19e siècle.
La carte des lieux
Le monument classé n'a pas de coordonnées dans la base du ministère : nous le plaçons d'après OpenStreetMap, sous réserve, et nous le signalons dans son infobulle. Les carrières de meules ne figurent pas : nous n'avons pas de position vérifiée, et il ne serait pas prudent d'envoyer quelqu'un au pied d'une falaise sur une approximation.
Cliquez sur un point pour voir le nom du lieu et ce qu'il faut en savoir. Fond de carte OpenStreetMap.
Venir à Colonzelle
Colonzelle est à quatre kilomètres et demi de Grignan et à huit de Valréas : c'est une commune de traverse, entre le château le plus visité de la Drôme et le chef-lieu de l'Enclave. Elle se combine sans effort avec Chamaret et Montségur-sur-Lauzon, à huit minutes chacune.
| Destination | Distance | Temps |
|---|---|---|
| Grignan | 4,4 km | 6 min |
| Chamaret | 4,7 km | 8 min |
| Montségur-sur-Lauzon | 6,0 km | 8 min |
| Valréas (Vaucluse) | 8,1 km | 9 min |
| La Baume-de-Transit | 9,3 km | 12 min |
| Taulignan | 10,8 km | 14 min |
| Suze-la-Rousse | 17,3 km | 21 min |
| Nyons | 22,2 km | 23 min |
| Montélimar | 31,7 km | 35 min |
C'est la contrainte pratique de cette page. La mairie n'ouvre que le lundi et le jeudi, de 13h30 à 17h. Ni le matin, ni le mardi, ni le mercredi, ni le vendredi, ni le week-end. Sur une commune dont les deux sites intéressants sont hors du bourg et sans horaire publié, cela veut dire qu'il faut téléphoner à l'avance ou se contenter de ce qui se voit depuis l'extérieur. Le référentiel des espaces protégés, lui, ne rend aucun zonage sur la commune.
Questions fréquentes
Que voir dans l'église Saint-Pierre-ès-Liens de Colonzelle ?
Un ensemble de peintures murales presque intact, daté du début du 14e siècle, conservé dans le chœur. C'est ce qui a valu à l'édifice, roman de la seconde moitié du 12e siècle, d'être inscrit monument historique le 2 juin 2009 puis classé cinq mois plus tard, le 9 novembre 2009. Regardez aussi le porche voûté en berceau et le linteau historié.
Où se trouve l'église classée de Colonzelle ?
À l'écart du village, au sud, et non dans le bourg. Le ministère ne lui donne pas de coordonnées ; les données cartographiques la situent près du lieu-dit Saint-Pierre, à environ un kilomètre du centre. Elle est parfois appelée église Saint-Pierre de Margerie. L'église du village, elle, s'appelle aussi Saint-Pierre et n'est pas protégée : ne les confondez pas.
Qu'est-ce que les carrières de meules de Colonzelle ?
D'anciennes carrières où l'on taillait les meules de moulin, entre Colonzelle et le hameau de Margerie, sur une falaise qui domine le Lez. Un sentier y mène. C'est un site industriel médiéval et moderne à ciel ouvert, sans billetterie ni horaire, et l'un des rares de ce type accessibles à pied dans la Drôme provençale.
Colonzelle était-elle en Provence ou en Dauphiné ?
En Provence, et c'est vérifiable par un texte. Le 24 février 1728, les avocats chargés de la succession de François de Castellane-Adhémar écrivent avoir été « à Chamaret, en Dauphiné, de là être passés à Colonzelle, en Provence, et passés à Grillon, dans le Comtat venaissin ». Trois souverainetés en une dizaine de kilomètres.
Quelle est la ville de référence de Colonzelle ?
Valréas, dans le Vaucluse, à 8,1 km et neuf minutes : c'est le chef-lieu de l'Enclave des Papes, ce territoire vauclusien entièrement entouré par la Drôme. Grignan est à six minutes et Montélimar à trente-cinq. La commune fait partie de l'intercommunalité Enclave des Papes - Pays de Grignan, qui réunit les deux côtés de la frontière.
Quand la mairie de Colonzelle est-elle ouverte ?
Le lundi et le jeudi de 13h30 à 17h, et c'est tout : quatre heures et demie par semaine, l'après-midi seulement. Pour une commune de 524 habitants dont les deux sites intéressants sont hors du bourg et sans horaire publié, c'est une contrainte réelle : préparez vos questions et appelez.
Nos sources
- Inscription du 2 juin 2009, classement du 9 novembre 2009, datation de la seconde moitié du 12e siècle et statut de propriété partagé : base Mérimée, ministère de la Culture, code INSEE 26099. https://ministere-culture.s3.sbg.io.cloud.ovh.net/POP/merimee.csv
- Mention de 998 dans le cartulaire de Cluny, attestations jusqu'en 1891, doyenné de Colonzelle et union au chapitre de Grignan en 1533, vente de la seigneurie en 1574, épisode Brotin d'octobre 1588 à janvier 1589, incursions de 1620, texte du 24 février 1728 sur les trois souverainetés, 65 maisons et 325 personnes en 1789, peintures murales du chœur, porche voûté, linteau historié, chapelle Notre-Dame-des-Lumières de Margerie, carrières de meules, fêtes : Wikipédia, article Colonzelle, consulté le 13 août 2026, d'après le Dictionnaire topographique de la Drôme de J. Brun-Durand, 1891. Plusieurs de ces points y sont signalés comme non référencés et nous le disons dans le texte. https://fr.wikipedia.org/wiki/Colonzelle
- Absence de tout zonage de protection : référentiel des espaces protégés, apicarto de l'IGN, interrogé par nous le 13 août 2026. https://apicarto.ign.fr/api/doc/nature
- Position présumée de l'église classée, chapelle Saint-Pierre, oratoires, parcs, sentiers et horaires de la mairie : OpenStreetMap, relevé le 13 août 2026. Distances : moteur OSRM. https://www.openstreetmap.org/copyright
Le ministère ne donne pas de coordonnées pour l'église classée : la position que nous affichons vient d'OpenStreetMap et n'est pas garantie. Nous n'avons trouvé ni horaire ni tarif de visite, ni pour l'église, ni pour les carrières de meules, dont nous ne publions pas la position faute d'un relevé fiable. Le statut de propriété partagé entre la commune et un privé n'est pas détaillé par la base officielle, et nous n'avons pas pu déterminer qui détient quelle partie de l'édifice. Signalez-nous une erreur si vous constatez un écart.
