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Les distances sont recalculées depuis la mairie principale, à Chatuzange, et non depuis la mairie annexe de Pizançon : sur une commune à deux bourgs, le point de départ change les chiffres, et nous donnons les deux altitudes. La double protection du château, inscription et classement le même jour, vient de la base Mérimée. La chaîne des pareries est reconstituée à partir du dictionnaire topographique du département. Distances calculées par OSRM.
Chatuzange-le-Goubet est la commune la plus peuplée que ce guide ait ajoutée depuis longtemps, et elle a une particularité qui explique tout : elle est double. Un bourg sur le plateau, à 218 mètres, et un autre au bord de l'Isère, à 153 mètres. Deux paroisses distinctes depuis le Moyen Âge, deux églises, deux mairies aujourd'hui encore, et une seigneurie qui a passé cinq siècles à se diviser et à se recoller.
- 924la première mention de Pizançon
- 2pareries pendant cinq siècles
- 65 mde dénivelé entre les deux bourgs
- 15 octobre 1982inscription et classement le même jour
Une commune à deux bourgs
Le fait le plus utile à savoir avant de venir : il n'y a pas un centre-bourg mais deux, et ils sont à six minutes de route l'un de l'autre.
| Le bourg | Altitude | Ce qu'on y trouve |
|---|---|---|
| Chatuzange | 218 m | La mairie principale, l'église Saint-Apollinaire, la pharmacie, le musée |
| Pizançon | 153 m | La mairie annexe, l'église Saint-Michel, le château classé, le barrage sur l'Isère |
Cette dualité n'est pas récente : elle est d'origine. Avant 1790, la communauté s'appelait Pizançon, ou « delphinaux de Pizançon », et sa circonscription territoriale correspondait exactement à la commune actuelle. Elle comprenait deux paroisses distinctes : celle de Chatuzange, dédiée à saint Apollinaire, et celle de Pizançon, dédiée à saint Michel. La commune moderne a hérité de cette structure et l'a conservée dans son organisation administrative.
Pizançon, mentionné en 924
C'est l'une des mentions les plus anciennes de ce guide. En 924, le cartulaire de Romans enregistre ecclesia Sancti Michaelis in villa Pisanciano : l'église Saint-Michel dans le domaine de Pizançon. Le nom du village est donc attesté onze siècles avant nous.
Le château suit de près. Il apparaît en 1050 sous la forme castrum Pisantiani, puis en 1099 castrum Pisancianum, et surtout, en 1100, sous une formule qui vaut description : castrum Pizancianun super fluvium Isare, le château de Pizançon sur la rivière Isère. Un mandement est mentionné la même année, une châtellenie en 1183.
Le dictionnaire topographique du département recense pour Pizançon l'une de ses entrées les plus longues. Entre 924 et 1413, le nom s'écrit successivement Pisanciano, Pisantiani, Pisancianum, Pizancianun, Pizenczan, Pisencans, Pisanca, Piszanza, Pizanza, Pisanchan, Pisansa, Pissanum, Pissanczani, Piszasianum, Pisantiani, Pizenza, Pisancsanum, Pisansiani, Pizencianum, Piscencain, et enfin Pizançon en 1413. Les scribes écrivaient ce qu'ils entendaient, et ils entendaient chacun autre chose.
Le château, inscrit et classé le même jour
Le château de Pizançon est le seul monument protégé de la commune, et sa fiche officielle porte une singularité : « 15 octobre 1982 : inscrit MH partiellement ; 15 octobre 1982 : classé MH ». Les deux mesures sont prises le même jour, ce qui est rare : en général, l'inscription précède le classement de plusieurs décennies, comme à Châteaudouble, où vingt-neuf ans séparent les deux. Ici, l'arrêté distingue simplement les parties classées des parties seulement inscrites.
La datation officielle est le 19e siècle, ce qui pose une question évidente : que fait un château du 19e sur un site attesté depuis 1050 ? La réponse est celle de la plupart des châteaux de la plaine de l'Isère : le bâtiment actuel est une reconstruction, sur l'emplacement et parfois sur les substructions de la forteresse médiévale. Il est propriété privée, et nous n'avons trouvé aucune condition de visite publiée.
Le site porte aujourd'hui un autre ouvrage : le barrage de Pizançon, installé sur l'Isère. Le secteur relève de la grande zone d'intérêt écologique dite « Zone fonctionnelle de la rivière Isère à l'aval de Meylan », 15 632 hectares, que nous avons relevée au point du château. Au bourg de Chatuzange, en revanche, il n'y a aucun zonage de protection : nous l'avons vérifié.
Cinq siècles de terre coupée en deux
L'histoire seigneuriale de Pizançon est l'une des plus enchevêtrées du département, et elle tourne autour d'un mot : la parerie. Une parerie est une part indivise d'une seigneurie, tenue par un co-seigneur appelé parier. Deux pariers pour une même terre, chacun percevant sa moitié des droits.
Le point de départ est monastique : la terre fait partie du domaine temporel de l'abbaye de Romans. Puis, au début du 12e siècle, elle est partagée entre les François de Royans et les Clérieux. Ces deux parts ne se rejoindront plus pendant des siècles.
| Date | Parerie venue des François de Royans, puis delphinale | Parerie venue des Clérieux, puis des Poitiers |
|---|---|---|
| Avant 1250 | Aux Chabeuil | |
| 1277 | Aux barons de la Tour, futurs dauphins | |
| 1336 | Aux comtes de Valentinois, par héritage | |
| 1374 | Aux Poitiers-Saint-Vallier | |
| 1467 | Louis XI donne aux Poitiers-Saint-Vallier la part des dauphins : la terre est temporairement réunifiée | |
| 1542 | Nouveau partage, entre les Vaulperge et les Béavieu | |
| 1545 et 1570 | Aux Crequi, puis recouvrée par les Poitiers-Saint-Vallier | |
| 1593 | Engagée à Lesdiguières | |
| 1595 | Vendue aux La Croix-Chevrière | |
| 1632 | Vendue aux consuls de Romans | |
| 1655 | Les La Croix-Chevrière acquièrent la parerie delphinale et réunifient la terre. Derniers seigneurs. | |
Deux lignes de ce tableau méritent qu'on s'y arrête. En 1593, la parerie delphinale est engagée à Lesdiguières, le connétable protestant du Dauphiné, homme le plus puissant de la région à cette date. En 1632, elle est vendue aux consuls de Romans : c'est-à-dire à une ville, pas à un seigneur. Une municipalité qui achète la moitié d'une seigneurie voisine est un fait révélateur de la montée des bourgeoisies urbaines au 17e siècle.
Il faut attendre 1655, soit cinq siècles et demi après le partage d'origine, pour que les La Croix-Chevrière rachètent la seconde part et réunifient définitivement la terre. Ce sont les derniers seigneurs, et ce sont les mêmes qui tenaient Crozes-Hermitage comme barons de Clérieux.
Saint-Apollinaire et Saint-Michel
Les deux paroisses ont chacune leur église, et toutes deux dépendaient du même seigneur ecclésiastique : le chapitre de Romans, qui y prenait la dîme et présentait à la cure.
L'église Saint-Apollinaire, à Chatuzange, est mentionnée comme paroisse dès le 12e siècle sous la forme parrochia Chatusanzias, puis comme église en 1244 : ecclesia de Chalusangiis. Saint Apollinaire est le patron du diocèse de Valence, dont relevait la paroisse.
L'église Saint-Michel, à Pizançon, est celle mentionnée en 924. C'est donc, sur le papier, le plus ancien édifice religieux attesté de la commune, avec plus de trois siècles d'avance sur l'autre.
Chatuzange, et le Goubet
Le nom de la commune est attesté dès 1095 : villa Chatuzanges, dans le cartulaire de Romans. Suivent Chalvenzanjes en 1140, Chatuisanges en 1218, Chatuzangas en 1247, Chatuczangis en 1248, Chatussangiis en 1382 : la forme est stable dans son squelette et flotte dans son orthographe, comme partout.
En 1891, le dictionnaire topographique enregistre encore Chatuzange tout court, commune du canton de Bourg-de-Péage. Le complément « le Goubet » a été ajouté plus tard : nos sources le donnent sans date et signalent elles-mêmes le point comme demandant une référence. Nous ne pouvons donc pas dire quand. Le Goubet est un hameau de la commune, et c'est de lui que vient le complément.
Ce qu'on trouve sur place
Avec six mille cinq cent vingt-trois habitants, Chatuzange-le-Goubet est une commune périurbaine, et cela se voit dans son équipement.
Les services recensés, et leurs horaires
L'ouverture du samedi matin est le détail utile : peu de mairies de cette taille la maintiennent, et elle change tout pour qui travaille en semaine à Valence ou à Romans. Les horaires des boulangeries viennent d'OpenStreetMap et ne sont pas un affichage officiel.
Le relief est modeste : les Montelets culminent à 325 mètres au sud, et le Mont Perroux, que nous avons mesuré à 245 mètres, domine le bourg de Chatuzange d'une trentaine de mètres. Une grotte est cartographiée près du château de Pizançon, sans nom ni indication d'accès, et une source au sud de la commune.
La carte des lieux
Les points ci-dessous sont ceux dont nous avons la position vérifiée. La base Mérimée ne publie pas de coordonnées pour le château de Pizançon : celles que nous utilisons viennent d'OpenStreetMap. Le hameau du Goubet et le barrage sur l'Isère ne sont pas marqués faute de position relevée.
Cliquez sur un point pour voir le nom du lieu et ce qu'il faut en savoir. Fond de carte OpenStreetMap.
Venir à Chatuzange-le-Goubet
La commune est traversée par l'autoroute A49 et se trouve à huit minutes de Romans comme de Bourg-de-Péage, et à quatorze minutes de la gare de Valence TGV. C'est l'une des communes les mieux desservies de ce guide, et elle compte huit communes limitrophes.
| Destination | Distance | Temps |
|---|---|---|
| Marches (limitrophe) | 3,1 km | 4 min |
| Pizançon (le second bourg de la commune) | 4,1 km | 6 min |
| Romans-sur-Isère (limitrophe) | 6,2 km | 8 min |
| Bourg-de-Péage (limitrophe) | 6,1 km | 8 min |
| Alixan (limitrophe) | 9,0 km | 10 min |
| Saint-Paul-lès-Romans (limitrophe) | 9,9 km | 14 min |
| Gare de Valence TGV, à Alixan | 14,3 km | 14 min |
| Bésayes (limitrophe) | 8,9 km | 15 min |
| Valence | 23,9 km | 23 min |
Avant 1790, la paroisse relevait du diocèse de Valence et la communauté portait le nom de Pizançon. En 1891, la commune faisait partie du canton de Bourg-de-Péage. Elle est aujourd'hui dans l'agglomération de Valence Romans, et c'est vers Romans que tout converge.
Questions fréquentes
Pourquoi la commune a-t-elle deux mairies ?
Parce qu'elle a deux bourgs et deux paroisses depuis le Moyen Âge. La mairie principale est à Chatuzange, à 218 mètres, sur le plateau ; une mairie annexe est à Pizançon, à 153 mètres, au bord de l'Isère, quatre kilomètres et six minutes plus bas. Avant 1790, la communauté s'appelait Pizançon et comprenait les deux paroisses de Chatuzange, dédiée à saint Apollinaire, et de Pizançon, dédiée à saint Michel. Les deux églises existent toujours.
Le château de Pizançon se visite-t-il ?
C'est une propriété privée et nous n'avons trouvé aucune condition de visite publiée. Il a la particularité d'avoir été inscrit et classé le même jour, le 15 octobre 1982, ce qui est peu courant. La base Mérimée le date du 19e siècle, alors que le castrum est mentionné dès 1050 : le bâtiment actuel n'est pas la forteresse médiévale, mais il en occupe le site, sur l'Isère.
Qu'est-ce qu'une parerie ?
Une part indivise d'une seigneurie, tenue par un co-seigneur appelé parier. La terre de Pizançon en a compté deux pendant des siècles : la parerie delphinale, venue des dauphins, et la parerie des Poitiers, venue des comtes de Valentinois. Elles ont été réunies une première fois en 1467 par Louis XI, re-partagées en 1542, et définitivement réunies en 1655. Entre-temps, l'une d'elles a été engagée à Lesdiguières en 1593 puis vendue aux consuls de Romans en 1632.
Depuis quand Pizançon est-il attesté ?
Depuis 924, ce qui en fait l'une des mentions les plus anciennes de ce guide : ecclesia Sancti Michaelis in villa Pisanciano, dans le cartulaire de Romans. Le château apparaît en 1050 sous la forme castrum Pisantiani, et en 1100 sous une formule qui décrit sa position mieux qu'une carte : castrum Pizancianun super fluvium Isare, le château de Pizançon sur la rivière Isère.
Y a-t-il un musée sur la commune ?
Un musée de minéraux et de fossiles est recensé au bourg de Chatuzange. Nous n'avons trouvé ni horaires ni tarif publiés à une source officielle vérifiable, et nous n'en inventons pas : la seule information de contact disponible est une page de réseau social. Renseignez-vous en mairie, ouverte du lundi au vendredi et, fait rare, le samedi matin.
Combien de boulangeries pour 6 523 habitants ?
Quatre, réparties sur les deux bourgs, et deux d'entre elles sont ouvertes tous les jours de 6h à 20h. C'est le signe d'une commune périurbaine à forte circulation : Romans est à huit minutes, Bourg-de-Péage à huit, la gare de Valence TGV à quatorze. Ces horaires viennent d'OpenStreetMap et ne sont pas un affichage officiel.
Nos sources
- Château de Pizançon, inscription partielle et classement au titre des monuments historiques tous deux datés du 15 octobre 1982, datation du 19e siècle, propriété privée, et absence de coordonnées dans la notice : base Mérimée, ministère de la Culture, relevée par nous le 25 août 2026. https://pop.culture.gouv.fr/notice/merimee/PA00116907
- Attestations de Chatuzange de 1095 à 1891 et de Pizançon de 924 à 1413, mention de l'église Saint-Michel en 924 et du château en 1050 puis en 1100 sous la forme castrum Pizancianun super fluvium Isare, mandement de 1100 et châtellenie de 1183, appartenance au domaine temporel de l'abbaye de Romans, partage entre les François de Royans et les Clérieux au début du 12e siècle, chaîne des deux pareries de 1250 à 1655 avec la réunification de 1467 par Louis XI, le partage de 1542, l'engagement à Lesdiguières en 1593, la vente aux consuls de Romans en 1632 et la réunification définitive par les La Croix-Chevrière en 1655, deux paroisses de Chatuzange dédiée à saint Apollinaire et de Pizançon dédiée à saint Michel dépendant du chapitre de Romans, communauté dite delphinaux de Pizançon avant 1790, barrage sur l'Isère, et sommets des Montelets et du Mont Perroux : Wikipédia, article « Chatuzange-le-Goubet », consulté le 25 août 2026. La date d'ajout du complément « le Goubet » y est signalée comme demandant une référence, et nous le disons. https://fr.wikipedia.org/wiki/Chatuzange-le-Goubet
- Zone d'intérêt écologique de type 2 « Zone fonctionnelle de la rivière Isère à l'aval de Meylan » de 15 632 ha au château de Pizançon, et absence de tout zonage de protection au bourg de Chatuzange : API Carto de l'IGN, couches nature, interrogée par nous en deux points le 25 août 2026. https://apicarto.ign.fr/api/doc/nature
- Altitudes des deux bourgs, du château de Pizançon et du Mont Perroux : service d'altimétrie de la Géoplateforme, modèle RGE Alti de l'IGN, interrogé par nous le 25 août 2026. https://geoservices.ign.fr/rgealti
- Positions du château, des deux églises, des deux mairies, des quatre boulangeries, de la pharmacie et du musée de minéraux, et horaires de la mairie et des commerces : OpenStreetMap, tags bruts relevés par nous le 25 août 2026. Distances routières : moteur OSRM depuis la mairie principale, calculs faits par nous. https://www.openstreetmap.org/copyright
Ce que nous n'avons pas pu établir : les conditions de visite du château de Pizançon ; les horaires et le tarif du musée de minéraux et de fossiles, dont la seule information de contact est une page de réseau social ; la date d'ajout du complément « le Goubet » au nom de la commune ; la position exacte du barrage sur l'Isère et de la grotte cartographiée près du château ; et la part du bâtiment médiéval subsistant dans le château actuel. Signalez-nous une erreur si vous constatez un écart.
