Aller au contenu

Charmes-sur-l'Herbasse

Le 19 avril 1836, un enfant naît ici. Il s'appelle Joseph Ferdinand Cheval, il deviendra facteur, et il passera trente-trois ans à bâtir le monument le plus visité du nord de la Drôme, à seize minutes d'ici. Le village, lui, a gardé son château médiéval, celui des seigneurs qui furent les favoris de Louis XI, et une maison classée dont personne ne connaît l'adresse.

Comment cette page est faite

Les deux protections, leurs dates et leur statut de propriété viennent de la base Mérimée du ministère de la Culture, notices relevées le 13 août 2026 : la base ne fournit aucune coordonnée pour la maison Proclamy, et nous ne la cartographions donc pas. La date et le lieu de naissance de Ferdinand Cheval, l'histoire des seigneurs de Nerpol et de Bathernay, l'érection en comté de 1652 et le Christ en ivoire classé viennent de Wikipédia, articles Ferdinand Cheval et Charmes-sur-l'Herbasse, consultés le 13 août 2026. Les positions et les horaires de mairie viennent d'OpenStreetMap. Les distances sont calculées par nous depuis la mairie, moteur OSRM.

Il faut le savoir avant de venir : les deux monuments protégés de la commune sont privés et ne se visitent pas. Ce qui se voit est le château depuis le village, l'église et la vallée. Charmes se visite donc en une demi-heure, et se combine avec Hauterives, à seize minutes, où le facteur Cheval a construit son Palais idéal, et avec Saint-Donat, à huit minutes.

  • 19 avril 1836la naissance de Ferdinand Cheval, ici
  • 12 oct. 1912le classement de la maison Proclamy
  • nov. 1652l'érection de Charmes en comté
  • 1160-1300les Nerpol bâtissent le château actuel
Le château de Charmes-sur-l'Herbasse, qui domine le village
Le château, qui domine le village. Inscrit monument historique le 4 août 1986, il est propriété privée et ne se visite pas. Photo Daniel Culsan, CC BY 4.0, via Wikimedia Commons.

Le village où naît le facteur Cheval

C'est le fait que Charmes ne met pas en avant, et c'est pourtant celui qui la relie à l'histoire de l'art du monde entier.

Né ici le 19 avril 1836

Joseph Ferdinand Cheval, plus connu sous le nom du facteur Cheval, est né à Charmes-sur-l'Herbasse le 19 avril 1836 et mort à Hauterives le 19 août 1924. Il a passé trente-trois ans à édifier le monument qu'il a nommé le Palais idéal, puis huit années supplémentaires à bâtir son propre tombeau. Les deux sont aujourd'hui protégés et se visitent, à Hauterives, à seize minutes de route de son village de naissance. Le Palais idéal est, avec 10,50 € l'entrée, l'un des rares sites drômois à billetterie permanente : nous en avons relevé les tarifs et les sept régimes d'horaires à la source.

Rien, sur place, ne signale cette naissance : ni plaque relevée, ni maison identifiée, ni panneau. C'est une information que nous donnons parce qu'elle est vérifiable, pas parce qu'il y aurait quelque chose à voir. Si vous faites la route jusqu'au Palais idéal, sachez simplement que l'homme qui l'a bâti vient de la vallée d'à côté.

Le château, de la tour en bois au favori de Louis XI

Le château domine le village et il est inscrit monument historique le 4 août 1986, daté du 14e siècle avec des reprises au 19e. Il est propriété privée. Son histoire se lit en quatre temps, et elle explique la forme du bourg.

Les propriétaires successifs du château de Charmes, d'après la notice encyclopédique de la commune consultée le 13 août 2026. Les dates données par cette source ne sont pas toutes référencées : nous les rapportons comme un fil, pas comme un acte notarié.
ÉpoqueCe qui se passe
10e siècleLe chanoine Premencus, de la collégiale Saint-Barnard de Romans, fait dresser une tour en bois et une enceinte où les habitants peuvent se réfugier
11e siècleUn château fort est bâti à l'emplacement supposé de cette tour
1160 à 1300Les seigneurs de Nerpol vivent à Charmes et bâtissent le château actuel, en y incorporant le donjon du siècle précédent. Leurs armes sont sculptées sur la façade méridionale
1406Joachim de Bathernay hérite du château de son grand-père Arthaud de Nerpol
15e siècleImbert de Bathernay, favori de Louis XI, est fait seigneur de Charmes et de Margès, baron du Bouchage
8 juillet 1602Françoise d'Ailly vend à Antoine d'Hostun, sénéchal de Lyon, les châteaux et juridictions de Charmes, Saint-Donat, Margès et Bren
Novembre 1652Jacques Coste obtient l'érection de Charmes en comté, avec union de Saint-Donat, Bren, Bathernay, Saint-Mury et Margès
Un vitrail qui raconte un mariage

Le détail le plus parlant du château n'est pas visible de l'extérieur, mais il vaut d'être connu : le vitrail qui éclaire l'escalier intérieur unit les écussons du Dauphiné et de la Savoie. Il aurait été placé là par René de Bathernay pour illustrer son mariage. Un vitrail d'escalier qui sert de faire-part héraldique, dans un château de village de la Drôme des collines : c'est ce genre de chose que les protections au titre des monuments historiques préservent sans jamais l'expliquer.

L'ascension d'Imbert de Bathernay mérite quelques lignes, parce qu'elle part d'ici. Fils cadet d'un modeste seigneur, il fut invité par le dauphin à venir le trouver au château de Peyrins pour s'occuper de ses offices de fauconnerie et de vénerie. Il participa à tous les divertissements du futur Louis XI, en devint le meilleur soutien, et fut, selon notre source, sans conteste le favori du roi, qui le combla de dons, de revenus en fiefs, de terres et de châteaux.

La maison Proclamy, classée mais introuvable

Le second monument protégé de la commune est aussi le plus étrange, et il illustre une limite réelle des bases patrimoniales.

Ce que protège l'arrêté de 1912

  • Classée le 12 octobre 1912
  • 15e siècle
  • Propriété privée
  • Aucune coordonnée dans la base

L'objet protégé est décrit comme l'escalier de l'ancienne maison Proclamy et son enveloppe : autrement dit, ce n'est pas la maison qui est classée, c'est un escalier et la cage qui le contient. Le classement est la protection la plus forte, et il date du 12 octobre 1912, ce qui en fait l'une des plus anciennes du secteur. Mais la base du ministère ne fournit aucune coordonnée, la maison est privée, et nous n'avons trouvé aucune source qui la situe précisément dans le village. Nous ne la portons donc pas sur la carte : mieux vaut une absence qu'un point faux.

La Grande-Rue de Charmes-sur-l'Herbasse vers 1900
La Grande-Rue vers 1900. C'est dans ce tissu ancien que se trouve la maison Proclamy, dont l'escalier est classé depuis 1912 et dont la base du ministère ne donne pas l'adresse. Photo Médiathèques Valence Romans agglomération, sans restriction connue, via Wikimedia Commons.

L'église Saint-Mury et le village

L'église Saint-Mury date du 19e siècle et n'est pas protégée en tant que bâtiment. Elle abrite en revanche un Christ en ivoire classé au titre des objets, ce qui est une protection distincte de celle des immeubles et souvent ignorée des visiteurs.

Le vocable lui-même est une curiosité locale : saint Mury, ou Muris, a donné son nom à l'une des cinq terres réunies au comté de Charmes en 1652, aux côtés de Saint-Donat, Bren, Bathernay et Margès. C'est un saint qu'on ne rencontre pas ailleurs dans le département, et son nom survit ici à la fois dans une église et dans un ancien fief.

Le paysage, et pourquoi il ressemble à celui de l'Isère

Charmes est dans la vallée de l'Herbasse, à l'est de la vallée du Rhône et au nord de celle de l'Isère. L'Herbasse est une petite rivière qui naît dans la forêt de Chambaran, sur la commune iséroise de Roybon, et qui traverse la partie méridionale du territoire communal. Les collines qui l'encadrent sont, comme tout le Bas-Dauphiné, faites de sables jaunes molassiques avec des couches irrégulières de grès : c'est ce qui donne ces reliefs mous, ces talus jaunes et ces bois de châtaigniers qu'on ne trouve pas au sud du département. L'ensemble du territoire communal est d'ailleurs couvert par la ZNIEFF de type 2 « Collines drômoises », 27 001 hectares, dont la fiche date du 6 avril 2011 : c'est un inventaire du patrimoine naturel, pas une contrainte réglementaire. Le chef-lieu est un village modeste, entouré de terres agricoles, avec de nombreux hameaux disséminés : l'INSEE classe la commune en habitat dispersé.

La carte des lieux

Les points ci-dessous sont ceux que nous avons pu situer avec certitude. La maison Proclamy n'y figure pas, faute de coordonnées dans la base du ministère, et le château y figure sans être visitable : la carte sert à le situer depuis le village.

Cliquez sur un point pour voir le nom du lieu et ce qu'il faut en savoir. Fond de carte OpenStreetMap.

Venir à Charmes-sur-l'Herbasse

La commune est en Drôme des collines, au nord de Romans. Elle a six communes limitrophes, et sa position en fait une étape naturelle entre Saint-Donat et Hauterives.

Temps de trajet calculés par nous le 13 août 2026 depuis la mairie de Charmes-sur-l'Herbasse, moteur OSRM sur le réseau OpenStreetMap, hors trafic.
DestinationDistanceTemps
Margès (limitrophe)3,4 km6 min
Saint-Donat-sur-l'Herbasse (limitrophe)5,0 km8 min
Bathernay (limitrophe)5,0 km8 min
Crépol (limitrophe)6,4 km8 min
Montchenu (limitrophe)9,2 km14 min
Ratières (limitrophe)11,3 km14 min
Hauterives, le Palais idéal14,8 km16 min
Romans-sur-Isère, ville de référence13,9 km17 min
Tain-l'Hermitage18,4 km22 min
Gare de Valence TGV, à Alixan24,1 km28 min
Valence29,7 km35 min
Lyon105,3 km1 h 24
Sur place

La mairie ouvre quatre matinées par semaine : lundi, mardi, jeudi et vendredi de 8h30 à 11h, plus le vendredi après-midi de 14h30 à 16h30. Il n'y a ni office de tourisme, ni billetterie, ni musée sur la commune. Trois points de repère de randonnée sont signalés sur le territoire, Le Cabaret-Neuf, Le Laca et La Limite, et un camping existe au lieu-dit Les Falquets. Pour manger ou faire des courses, comptez sur Saint-Donat, à huit minutes, qui a trois monuments classés et un orgue de 1971.

Questions fréquentes

Le facteur Cheval est-il né à Charmes-sur-l'Herbasse ?

Oui. Joseph Ferdinand Cheval est né ici le 19 avril 1836. Il est mort à Hauterives le 19 août 1924, après avoir passé trente-trois ans à bâtir son Palais idéal, puis huit années de plus à construire son propre tombeau. Charmes est donc le village de naissance de l'auteur du monument le plus visité de la Drôme du nord, situé à seize minutes de route de là.

Peut-on visiter le château de Charmes ?

Non : il est propriété privée, inscrit monument historique le 4 août 1986, et nous n'avons trouvé aucune information publique sur une ouverture. Il se voit très bien depuis le village, qu'il domine. Les armes des seigneurs de Nerpol, qui vécurent ici entre 1160 et 1300, sont sculptées dans la pierre sur la façade méridionale : c'est ce qu'on peut en observer depuis l'extérieur.

Qu'est-ce que la maison Proclamy ?

Le second monument protégé de la commune, et le plus difficile à trouver. La base du ministère de la Culture protège « l'escalier de l'ancienne maison Proclamy et son enveloppe », classé le 12 octobre 1912, daté du 15e siècle. Elle est propriété privée et la base ne fournit aucune coordonnée : nous ne la cartographions donc pas, faute de position vérifiable.

Qui était Imbert de Bathernay ?

Le favori de Louis XI, et seigneur de Charmes. Fils cadet d'un modeste seigneur local, le jeune Imbert fut invité par le dauphin à s'occuper de ses offices de fauconnerie et de vénerie au château de Peyrins, devint son compagnon de divertissement puis son meilleur soutien. Louis XI le combla de dons, de revenus, de fiefs et de châteaux : il fut seigneur de Charmes et de Margès, baron du Bouchage. Sa famille tenait le château depuis 1406.

Charmes a-t-elle été un comté ?

Oui, en novembre 1652 : Jacques Coste obtint l'érection de Charmes en comté, avec l'union des terres de Saint-Donat, Bren, Bathernay, Saint-Mury et Margès. Un village de huit cents habitants aujourd'hui a donc été, pendant un temps, le chef-lieu d'un comté qui couvrait toute la vallée de l'Herbasse.

Que voir dans l'église Saint-Mury ?

L'église elle-même date du 19e siècle et n'est pas protégée, mais elle abrite un Christ en ivoire classé au titre des objets. Le vocable est en lui-même une curiosité : saint Mury, ou Muris, a donné son nom à l'une des terres réunies au comté de Charmes en 1652. C'est un saint local que l'on ne rencontre nulle part ailleurs dans le département.

Où se trouve Charmes-sur-l'Herbasse ?

Dans la vallée de l'Herbasse, en Drôme des collines, à dix-sept minutes de Romans-sur-Isère et vingt-huit de la gare de Valence TGV. L'Herbasse est une petite rivière qui naît dans la forêt de Chambaran, sur la commune iséroise de Roybon. Le sous-sol est fait de sables jaunes molassiques avec des couches irrégulières de grès, comme dans tout le Bas-Dauphiné.

Nos sources

  • Escalier de l'ancienne maison Proclamy et son enveloppe, classé le 12 octobre 1912, daté du 15e siècle, propriété privée, sans coordonnées fournies ; château inscrit le 4 août 1986, daté des 14e et 19e siècles, propriété privée : base Mérimée, ministère de la Culture, relevée le 13 août 2026. https://www.pop.culture.gouv.fr/search/list?base=%5B%22Patrimoine%20architectural%20(M%C3%A9rim%C3%A9e)%22%5D
  • Naissance de Joseph Ferdinand Cheval le 19 avril 1836 à Charmes-sur-l'Herbasse, mort à Hauterives le 19 août 1924, trente-trois ans de construction du Palais idéal et huit ans pour son tombeau : Wikipédia, article Ferdinand Cheval, consulté le 13 août 2026. https://fr.wikipedia.org/wiki/Ferdinand_Cheval
  • Tour en bois du chanoine Premencus au 10e siècle, château fort du 11e, seigneurs de Nerpol de 1160 à 1300 et armes sculptées sur la façade méridionale, héritage de Joachim de Bathernay en 1406, ascension d'Imbert de Bathernay auprès de Louis XI, vitrail unissant Dauphiné et Savoie, vente du 8 juillet 1602 à Antoine d'Hostun, érection en comté en novembre 1652, Christ en ivoire classé de l'église Saint-Mury, géologie de la vallée de l'Herbasse et source de la rivière à Roybon : Wikipédia, article Charmes-sur-l'Herbasse, consulté le 13 août 2026. Plusieurs de ces points ne sont pas référencés dans cette source et nous le disons. https://fr.wikipedia.org/wiki/Charmes-sur-l%27Herbasse
  • ZNIEFF de type 2 « Collines drômoises », 27 001 hectares, fiche du 6 avril 2011, qui couvre l'ensemble du territoire communal, et absence de parc naturel régional, de site Natura 2000 et de réserve naturelle : API Carto de l'IGN, couches des espaces protégés, interrogées depuis la mairie le 13 août 2026. https://apicarto.ign.fr/api/doc/nature
  • Positions du château et de l'église, horaires de la mairie, points de repère de randonnée et camping : OpenStreetMap, relevé par nous le 13 août 2026. Distances : moteur OSRM depuis la mairie. https://www.openstreetmap.org/copyright

Ce que nous n'avons pas pu établir : la position de la maison Proclamy, que la base du ministère ne géolocalise pas et qu'aucune autre source ne situe ; l'existence d'une plaque ou d'un lieu commémorant la naissance de Ferdinand Cheval dans le village, que nous n'avons pas trouvée ; et les conditions d'ouverture de l'église Saint-Mury, qu'aucune source ne publie. Signalez-nous une erreur si vous constatez un écart.