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Portes-lès-Valence

Un port fluvial pour les Grecs de Massalia, un mandement médiéval appelé Fiancey, un nom changé en 1908, une gare de triage attaquée le 6 juillet 1944 et trente prisonniers de Montluc fusillés deux jours plus tard sur les lieux mêmes de l'explosion. La dixième commune de la Drôme par la population n'a qu'un monument protégé, et il est en ruine.

Comment cette page est faite

Le sabotage du 6 juillet 1944 et l'exécution du 8 juillet, l'ancien nom de Fiancey, le port grec et l'histoire paroissiale viennent de Wikipédia, article Portes-lès-Valence, consulté le 13 août 2026 ; les points qui y sont signalés comme demandant une référence sont indiqués comme tels dans le texte. L'inscription de la chapelle Saint-Gervais, sa double qualification de chapelle et de site archéologique, et sa position viennent de la base Mérimée du ministère de la Culture, notice PA00117106. L'état de ruine du monument est établi par les photographies libres qui en existent et par la donnée cartographique, qui le classe explicitement en vestiges. Les parcs, équipements et horaires viennent d'OpenStreetMap. Les distances sont calculées par nous depuis la mairie, moteur OSRM.

Ce n'est pas une commune de carte postale, et il vaut mieux le dire avant que vous ne fassiez le détour : l'unique monument protégé est un pan de mur dans les ronces, il n'y a ni musée, ni office de tourisme, ni village perché. Ce que Portes-lès-Valence a, c'est une histoire de la Résistance parmi les plus dures du département, un équipement culturel dense pour sa taille, et vingt-quatre parcs. On vient ici pour comprendre, pas pour photographier.

  • 8 juil. 1944trente prisonniers de Montluc fusillés ici
  • 1908l'année où Fiancey devient Portes-lès-Valence
  • 16 juil. 1990l'inscription de la chapelle Saint-Gervais
  • 47,3 %du territoire artificialisé en 2018, contre 35 % en 1990
Vue générale de Portes-lès-Valence vers 1900
Vue générale vers 1900. La commune s'appelait encore Fiancey : le changement de nom date de 1908. Photo Médiathèques Valence Romans agglomération, sans restriction connue, via Wikimedia Commons.

Le 6 et le 8 juillet 1944

C'est ce qui doit être raconté en premier, parce que c'est ce que la ville porte encore dans ses noms de rues et de squares. Portes-lès-Valence était une gare de triage, donc un nœud logistique allemand, donc une cible.

Un sabotage, puis des otages fusillés sur les lieux de l'explosion

Le 6 juillet 1944, une action de la Résistance vise la gare de triage : plusieurs locomotives sont détruites et un local administratif saute. Quinze personnes sont tuées, dont trois Français. Deux jours plus tard, en représailles, les Allemands amènent trente prisonniers de la prison de Montluc, à Lyon, et les fusillent sur les lieux mêmes de l'explosion. Il ne s'agissait donc pas de combattants pris sur place, mais d'otages transportés depuis quatre-vingt-dix kilomètres pour être exécutés là où le coup avait été porté.

Deux lieux en portent la mémoire, et ils sont l'un et l'autre en accès libre. Le mur des fusillés, au sud-ouest de la ville, près du faisceau ferroviaire, et le square des Fusillés, au nord du centre. Un monument aux morts en obélisque se dresse par ailleurs près de la mairie. Un troisième monument, non nommé sur les relevés, se trouve à côté du square. La commune abrite aussi le CASI des cheminots de la région de Lyon, institution sociale ferroviaire, ce qui dit assez ce qu'a été cette ville : une ville de cheminots.

Fiancey, le mandement qui a donné la commune

L'histoire du nom est plus longue que celle du bourg actuel, et elle explique la géographie communale.

Un port pour les Grecs, un mandement pour les évêques, un nom pour la gare

Le site a d'abord été un relais routier et un port fluvial pour le commerce grec de Massalia, l'actuelle Marseille. Au 12e siècle, une paroisse du diocèse de Valence y a son église sous le vocable de Saint-Gervais, dépendant d'abord de l'abbaye de Saint-Victor de Valence, puis de l'abbaye de Saint-Ruf, qui y prend la dîme. Vers le milieu du 15e siècle, la paroisse de Portes remplace celle de Saint-Gervais-de-Fiancey, avec une église sous le vocable de Notre-Dame. Le mandement de Fiancey avait exactement l'étendue de la commune actuelle, et c'est ce nom que la commune a porté jusqu'en 1908. La mention « Saint Gervais de Fiancey » est attestée dans les archives de la Drôme en 1644.

Le déplacement du nom raconte le déplacement du centre de gravité : de la paroisse rurale de Fiancey, au sud-est, vers le bourg de Portes, né sur la route puis sur le rail. C'est le même mouvement qu'à Mirabel-et-Blacons, où le chef-lieu descend en 1907, ou à La Bégude-de-Mazenc, où il change de village en 1894. Trois communes, trois décennies, le même basculement vers la plaine et la voie de communication.

La chapelle Saint-Gervais, un monument en ruine

Le seul monument protégé de la commune est la chapelle Saint-Gervais, inscrite le 16 juillet 1990. La base du ministère la qualifie de deux façons à la fois, ce qui est rare et important : « chapelle ; site archéologique ». Autrement dit, la protection porte autant sur ce qui reste debout que sur ce qui est enfoui.

Ce qu'on trouve au lieu-dit Saint-Gervais

  • Lieu-dit Saint-Gervais
  • 3 km au sud-est du centre
  • Inscrit le 16 juillet 1990
  • Aucun aménagement, aucune signalétique

Un pan de mur, au milieu d'un taillis de ronces. C'est la description que donnent les photographies libres du monument, et la donnée cartographique le classe explicitement en vestiges. Le sous-sol, lui, est plus riche : une villa gallo-romaine dite de Saint-Gervais a été retrouvée et partiellement fouillée dans les quartiers du Colombier et des Chaux, par des campagnes échelonnées de 1935 à 1979. C'est cette continuité, villa antique puis chapelle paroissiale médiévale sur le même point, qui justifie la double qualification de l'arrêté. Il n'y a ni fléchage, ni panneau, ni chemin aménagé : n'y allez pas en espérant une visite.

Ce qu'il y a à faire dans la ville

Pour une commune de dix mille habitants sans vocation touristique, l'équipement est inhabituellement fourni, et il est concentré sur trois cents mètres autour de la mairie.

Les équipements publics relevés sur la commune, d'après OpenStreetMap et le site de la ville, relevés par nous le 13 août 2026. Les horaires d'une salle ou d'une piscine changent d'une saison à l'autre : vérifiez avant de vous déplacer.
ÉquipementCe que c'est
Train ThéâtreSalle de spectacle et cinéma d'un écran, 117 fauteuils, dont le nom rappelle la ville cheminote
Médiathèque1 rue Louis-Aragon, réseau de Valence Romans Agglo, accès wifi
Piscine Camille-MuffatPiscine intercommunale, avec un bassin extérieur pour enfants
Théâtre de verdureEn plein air, dans le parc Léo-Lagrange
Halle des sportsÉgalement appelée gymnase Delaune, multisports
Espace Charly JuriettiSalle polyvalente, à côté du Train Théâtre
Stade Gabriel CoullaudAu sud de la commune
Vingt-quatre parcs et squaresDont un arboretum, le parc des Chênes, le parc Louis-Aragon et le square Jean-Macé
Le Train Théâtre de Portes-lès-Valence
Le Train Théâtre, salle de spectacle et cinéma de 117 fauteuils. Le nom rend hommage à l'identité cheminote de la commune. Photo Blueberry-026, CC BY-SA 4.0, via Wikimedia Commons.
Une commune très bâtie, et qui perd des habitants

Deux chiffres se répondent. L'occupation des sols donne 47,3 % de territoires artificialisés en 2018, contre 35 % en 1990, avec 29,8 % de zones industrielles, commerciales et de réseaux de communication : l'autoroute A7, la voie ferrée et le faisceau de triage y sont pour beaucoup. Et la population recule de 1,25 % entre 2017 et 2023, quand la Drôme gagne 2,47 %. Le territoire se remplit d'infrastructures et se vide un peu d'habitants. C'est aussi pourquoi la commune n'a aucun espace naturel protégé : ni parc naturel régional, ni site Natura 2000, ni ZNIEFF, ni réserve, ce que nous avons vérifié auprès des inventaires nationaux.

Un mot de climat, qui vaut pour toute cette partie de la vallée du Rhône. La station Météo-France la plus proche, à Étoile-sur-Rhône, à quatre kilomètres, donne sur 1991-2020 une température moyenne annuelle de 13,5 °C et un cumul de précipitations de 904,5 mm. Le Rhône, lui, a marqué la mémoire locale par ses crues de 1812, 1840, 1856 et 1993, un point que notre source signale comme demandant une référence.

La mairie de Portes-lès-Valence
L'hôtel de ville. Le monument aux morts, le square des Fusillés et le Train Théâtre sont tous à moins de trois cents mètres. Photo Jacques Forêt, CC BY-SA 3.0, via Wikimedia Commons.

La carte des lieux

Les points ci-dessous sont ceux que nous avons pu situer avec certitude. La chapelle Saint-Gervais y figure, avec sa position officielle et l'avis qu'elle est en ruine et sans accès aménagé : la cacher ferait croire qu'il n'y a rien, alors qu'il y a un monument protégé mal en point, ce qui est une information en soi.

Cliquez sur un point pour voir le nom du lieu et ce qu'il faut en savoir. Fond de carte OpenStreetMap.

Venir à Portes-lès-Valence

La commune est immédiatement au sud de Valence, entre le Rhône et la voie ferrée. Elle est à dix-neuf minutes de la gare de Valence TGV, sur la commune d'Alixan, et à dix minutes de la gare de Valence-Ville.

Temps de trajet calculés par nous le 13 août 2026 depuis la mairie de Portes-lès-Valence, moteur OSRM sur le réseau OpenStreetMap, hors trafic. Les distances aux deux gares sont celles que donne la commune, en kilomètres à vol d'oiseau pour Valence TGV.
DestinationDistanceTemps
Beauvallon (limitrophe)3,1 km5 min
Étoile-sur-Rhône (limitrophe)5,9 km9 min
Valence (limitrophe, ville de référence)10,0 km11 min
Montéléger (limitrophe)3,6 km5 min
Gare de Valence-Ville6,5 km10 min
Valence, centre-ville8,8 km12 min
Gare de Valence TGV, à Alixan19,4 km19 min
Sur place

L'hôtel de ville ouvre du lundi au vendredi de 9h à 12h et de 13h30 à 16h30, et le samedi de 9h à 11h. Il n'y a pas d'office de tourisme : le plus proche est celui de Valence. La ville compte deux hôtels, dont un le long de l'axe sud, un centre aéré à l'est et des commerces de proximité au centre. Deux boîtes à livres sont installées, place de la République et rue Jean-Jaurès. Pour une visite, la bonne façon de faire est de se garer près de la mairie et de tout parcourir à pied : le monument aux morts, le square des Fusillés, le Train Théâtre et la médiathèque tiennent dans un rectangle de trois cents mètres de côté.

Questions fréquentes

Que s'est-il passé à Portes-lès-Valence le 8 juillet 1944 ?

Une exécution de masse en représailles. Le 6 juillet 1944, la Résistance attaque la gare de triage : plusieurs locomotives sont détruites et un local administratif saute, quinze personnes sont tuées dont trois Français. Deux jours plus tard, les Allemands amènent trente prisonniers de la prison de Montluc, à Lyon, et les fusillent sur les lieux mêmes de l'explosion. Un mur des fusillés et un square des Fusillés en gardent la mémoire dans la ville.

Pourquoi la commune a-t-elle changé de nom en 1908 ?

Parce qu'elle ne s'appelait pas Portes. Jusqu'en 1908, la commune portait le nom de Fiancey, celui du mandement médiéval dont elle avait exactement l'étendue. Le nom de Portes, puis de Portes-lès-Valence, s'est imposé avec le développement du bourg autour de la voie ferrée et de la route. C'est l'un des rares changements de nom de commune drômoise du 20e siècle.

La chapelle Saint-Gervais se visite-t-elle ?

Non, et il faut le dire clairement : elle est en ruine. Inscrite monument historique le 16 juillet 1990 au titre de la chapelle et du site archéologique, elle se réduit aujourd'hui à un pan de mur, au lieu-dit Saint-Gervais, à trois kilomètres au sud-est du centre. Les photographies libres disponibles la montrent au milieu d'un taillis de ronces. Le site correspond à une villa gallo-romaine fouillée partiellement au 20e siècle.

Portes-lès-Valence a-t-elle été un port ?

Oui, et c'est ce que dit son nom. Le lieu a été un relais routier et un port fluvial pour le commerce grec de Massalia, l'actuelle Marseille. La commune est en bord de Rhône, dont les crues de 1812, 1840, 1856 et 1993 ont marqué la mémoire locale. Aujourd'hui, la voie d'eau a cédé la place à la voie ferrée et à l'autoroute A7, qui traversent toutes deux la commune.

Qu'est-ce que le Train Théâtre ?

La salle de spectacle et le cinéma de la ville, dont le nom rend hommage à l'identité cheminote de la commune. Le cinéma compte un seul écran de 117 fauteuils. À deux cents mètres se trouvent la médiathèque et l'espace Charly Jurietti, et un théâtre de verdure occupe le parc Léo-Lagrange. Pour une commune de dix mille habitants, l'équipement culturel est dense.

Y a-t-il de la nature à Portes-lès-Valence ?

Des parcs, oui, et beaucoup : nous en avons compté vingt-quatre sur le territoire communal, dont un arboretum, le parc des Chênes, le parc Louis-Aragon, le parc Léo-Lagrange et le square Jean-Macé. En revanche, aucun espace naturel protégé : ni parc naturel régional, ni site Natura 2000, ni ZNIEFF, ni réserve. C'est une commune très artificialisée, à 47,3 % en 2018 contre 35 % en 1990.

Est-ce une commune qui grandit ?

Non, elle recule. Avec 10 477 habitants en 2023, Portes-lès-Valence perd 1,25 % de sa population par rapport à 2017, alors que la Drôme gagne 2,47 % sur la même période. C'est l'une des rares communes de plus de dix mille habitants du département dans ce cas, et cela va de pair avec l'artificialisation des sols et la place prise par les infrastructures.

Nos sources

  • Chapelle Saint-Gervais, inscrite le 16 juillet 1990, qualifiée « chapelle ; site archéologique », au lieu-dit Saint-Gervais : base Mérimée, ministère de la Culture, notice PA00117106, relevée le 13 août 2026. https://www.pop.culture.gouv.fr/notice/merimee/PA00117106
  • Sabotage de la gare de triage le 6 juillet 1944, quinze morts dont trois Français, exécution de trente prisonniers de la prison de Montluc deux jours plus tard, ancien nom de Fiancey jusqu'en 1908, port fluvial du commerce grec de Massalia, paroisse Saint-Gervais du 12e siècle et abbayes de Saint-Victor puis Saint-Ruf, mention de 1644, villa gallo-romaine fouillée de 1935 à 1979, crues du Rhône, occupation des sols et évolution de population : Wikipédia, article Portes-lès-Valence, consulté le 13 août 2026. Plusieurs de ces points y sont signalés comme demandant une référence, et nous le disons. https://fr.wikipedia.org/wiki/Portes-l%C3%A8s-Valence
  • État de ruine du monument, réduit à un pan de mur dans un taillis de ronces : descriptions des photographies libres du site déposées sur Wikimedia Commons, et qualification en vestiges dans la donnée cartographique, consultées le 13 août 2026. https://commons.wikimedia.org/wiki/Category:Chapelle_Saint-Gervais_de_Portes-l%C3%A8s-Valence
  • Mur des fusillés, square des Fusillés, monument aux morts, Train Théâtre et sa capacité de 117 fauteuils, médiathèque, piscine Camille-Muffat, théâtre de verdure, vingt-quatre parcs et squares, horaires de la mairie : OpenStreetMap, relevé par nous le 13 août 2026. Distances : moteur OSRM depuis la mairie. https://www.openstreetmap.org/copyright
  • Absence de parc naturel régional, de site Natura 2000, de ZNIEFF et de réserve naturelle sur la commune : API Carto de l'IGN, couches des espaces protégés, interrogées le 13 août 2026. https://apicarto.ign.fr/api/doc/nature

Ce que nous n'avons pas pu établir : l'identité des trente fusillés du 8 juillet 1944, que nous n'avons trouvée sur aucune source consultable en ligne ; l'état exact du sous-sol archéologique du site Saint-Gervais, les rapports de fouilles n'étant pas publiés en ligne ;et l'usage actuel du site, qui n'est ni clos ni entretenu. Signalez-nous une erreur si vous constatez un écart.