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Omblèze

Quarante-cinq kilomètres carrés, cinquante-cinq habitants, et aucun village qui porte le nom de la commune : la mairie est aux Arbods, l'église aux Boutons, deux kilomètres plus haut. Ce que tout le monde vient voir, ce sont les gorges, creusées par la Gervanne, classées pour leur paysage, avec leurs cascades de tuf de plus de cent mètres. Elles sont aussi trop fréquentées, et nous le disons avant de vous y envoyer.

Mis à jour le

Comment cette page est faite

Les altitudes des hameaux, du canyon et des cascades sont mesurées par nous sur le modèle de terrain de l'IGN. Les zonages ont été interrogés en trois points, et le résultat est inhabituel : cette seule commune relève de deux sites Natura 2000 différents et de deux grands ensembles naturels différents. La date de mort de Jérôme Cavalli diffère d'un jour entre la plaque posée sur place et la notice encyclopédique, et nous publions les deux. Le constat de surfréquentation est celui de la presse quotidienne régionale, pas le nôtre. Distances calculées par OSRM depuis la mairie.

Omblèze est la commune la moins dense de ce guide : 1,2 habitant au kilomètre carré. Elle occupe la haute vallée de la Gervanne, du col de la Bataille au nord, à 1 313 mètres, jusqu'à la sortie des gorges au sud. Presque tout y est vertical : des falaises, des cascades qui fabriquent leur propre roche, un canyon, et l'un des sites d'escalade les plus réputés du département. Le reste, ce sont des hameaux et un pourcentage de résidences secondaires qui est huit fois la moyenne drômoise.

  • 0village portant le nom de la commune
  • 100 mla hauteur des plus grandes cascades de tuf
  • 62,7 %de résidences secondaires, contre 8 % dans la Drôme
  • 84véhicules comptés en bord de route par un journaliste
La vallée d'Omblèze vue depuis le sentier de la Tête de la Dame, forêts et falaises
La vallée d'Omblèze vue depuis le sentier de la Tête de la Dame, à 1 506 mètres. Presque tout ce qu'on voit ici est forêt ou lande : l'inventaire européen donne 92,6 % de milieux forestiers et semi-naturels et aucune terre de culture. Photo peupleloup, CC BY-SA 2.0, via Wikimedia Commons.

Une commune sans village

Commençons par ce qui déroute tout le monde, y compris les navigateurs. Il n'existe aucune agglomération appelée Omblèze. Le nom désigne un territoire, un ancien mandement, pas un bourg. Les deux fonctions qu'on attend d'un chef-lieu sont réparties entre deux hameaux distincts :

Où sont les choses

  • La mairie est au hameau des Arbods, à 644 mètres
  • Elle ouvre le mardi de 9h à 12h, soit trois heures par semaine
  • L'église Saint-Jean est au hameau des Boutons, à 713 mètres
  • Le monument aux morts et le mémorial Cavalli sont aux Boutons
  • La seule auberge est au moulin de la Pipe, dans les gorges
  • Une quinzaine d'autres hameaux et fermes isolées se partagent le reste

Les noms de ces hameaux valent le détour à eux seuls, et beaucoup ont leur forme occitane relevée : Les Arbods (Los Arboç, les arbousiers), Les Blaches (Las Blachas, les chênaies), La Pastorale, Les Tonils, Les Grangers, Les Bouaches, Les Bertrands, et plus bas dans les gorges Ansage, Anse et Béranger.

Cette dispersion se lit dans les chiffres du logement, et ils sont spectaculaires. En 2018, la commune comptait 113 logements, dont seulement 32,8 % de résidences principales et 62,7 % de résidences secondaires. Pour situer : la moyenne du département est de 8 % et celle de la France entière de 9,7 %. Autrement dit, près de deux maisons sur trois sont vides la plupart de l'année, et c'est ce qui explique qu'une commune de cinquante-cinq habitants garde autant de bâti.

Les gorges, le tuf et le monolithe

Les gorges d'Omblèze sont le défilé creusé par la Gervanne dans les strates calcaires du Barrémo-Bédoulien. Elles sont pour l'essentiel sur cette commune, en limite de Plan-de-Baix, et elles constituent un site classé au titre de la loi de 1930, la protection paysagère la plus forte du droit français, celle qui interdit toute modification de l'état des lieux sans autorisation ministérielle.

Le relief est décrit par nos sources comme un feston : le rebord méridional du Vercors est découpé par de profondes vallées, et la Gervanne en a creusé une, une alvéole en cul-de-sac entre le col de la Bataille et le col des Ayes, après avoir entaillé la montagne de Bouchère sur trois kilomètres. L'entrée des gorges, remarquable par la coloration des calcaires, est dominée par un énorme monolithe.

Des cascades qui fabriquent leur propre roche

C'est ce qu'il y a de plus remarquable ici, et presque personne ne l'explique. L'eau qui a traversé le calcaire du plateau ressort chargée de carbonate. Quand elle jaillit à l'air libre et ruisselle sur des mousses, le carbonate précipite et se dépose autour de chaque brin de végétal, qui finit pétrifié. La roche ainsi formée s'appelle tuf, ou travertin : un calcaire léger, plein de cavités garnies de cristaux, qui grandit tant que la source coule.

Les gorges d'Omblèze en comptent une douzaine de sources actives, situées pour la plupart dans les falaises de la rive droite du torrent, et certaines de ces cascades de tuf dépassent cent mètres de hauteur. Ce ne sont pas des ruines, ce sont des formations vivantes : le tuf s'y dépose aujourd'hui. Cela impose une règle simple, qui n'est pas une coquetterie : on ne casse pas un morceau de tuf pour l'emporter, et on ne marche pas sur les coussins de mousse.

La commune porte plusieurs de ces sites, tous accessibles depuis la route ou par des sentiers courts : le canyon des Gueulards, à 678 mètres, la Cascade de Tuf, à 587 mètres, la Baume Noire et le Grand Cros, plus au sud, et le raidillon des Sept Lacets, à 686 mètres. Le parking de la Druise, d'où part la descente vers la cascade de 72 mètres, est également sur Omblèze, à 593 mètres, même si la cascade elle-même est sur la limite avec Plan-de-Baix.

Ce qu'il faut savoir avant d'y aller

Il serait malhonnête d'écrire une page sur ces gorges sans dire ceci. Selon Le Dauphiné libéré, le site subit une « fréquentation excessive », et un journaliste y a dénombré 84 véhicules garés en bord de route à l'entrée du site. Le même article indique que les riverains subissent cette affluence depuis plusieurs années.

Le problème est structurel, et deux chiffres suffisent à le comprendre. La RD 578 est l'unique route qui rejoint Omblèze depuis Plan-de-Baix, et elle passe dans les gorges. Et la commune compte cinquante-cinq habitants. Une route unique, étroite, taillée dans une gorge classée, qui sert à la fois de desserte à quelques dizaines de foyers et d'accès à un site majeur : il n'y a pas de solution d'aménagement simple.

Ce qu'on peut faire, concrètement

Nous n'allons pas vous dire de ne pas venir, ce serait hypocrite de la part d'un guide. Voici plutôt ce qui change réellement quelque chose. Venez hors juillet et août : le tuf coule toute l'année et les gorges sont plus belles en avril et en octobre. Venez tôt le matin. Ne vous garez jamais sur la chaussée ni dans les virages : une gorge étroite avec des voitures en double file est un piège pour les secours. Acceptez de renoncer si les aires sont pleines, et repartez vers un autre site : la vallée en offre plusieurs à vingt minutes.

Et si vous cherchez la même chose en plus calme : le col de la Bataille et le plateau d'Ambel, au nord de la même commune, offrent des belvédères et deux observatoires de la faune, pour une fréquentation sans commune mesure.

Escalade : le terrain d'Alain Robert

Les gorges sont un site d'escalade réputé, sur des dalles de calcaire compact qui montent haut. Le détail que retiennent les grimpeurs : c'est le terrain d'entraînement favori du Drômois Alain Robert, surnommé le « Spiderman des gratte-ciel », celui qui grimpe les tours en solo et sans matériel. Un homme qui escalade la Burj Khalifa s'est fait les mains ici.

Quatre grimpeurs sur une dalle de calcaire ocre dans les gorges d'Omblèze
Quatre grimpeurs en deuxième longueur d'une voie de 220 mètres cotée 6c, dans les gorges. La roche est un calcaire ocre à patine, en grandes dalles peu inclinées : c'est ce qui fait la réputation du site, et sa difficulté. Photo Eric Lucas, CC BY-SA 2.0 FR, via Wikimedia Commons.

Grimper ici : ce que la falaise abrite

  • Deux espèces de rapaces rares s'y reproduisent, dont l'aigle royal
  • Une grande colonie de martinets à ventre blanc niche dans les plus grandes falaises
  • Les gorges sont un site classé au titre de la loi de 1930
  • La zone est protégée au titre de la loi Montagne
  • Le stationnement est le vrai point noir : anticipez

Ces consignes ne sont pas de pure forme. Un aigle royal dérangé pendant la couvaison abandonne la nichée, et les fermetures saisonnières de secteurs de falaise existent précisément pour cela. Regardez les panneaux au pied des voies avant de vous encorder, et les arrêtés en vigueur : ils changent d'une année à l'autre, et nous ne les publions pas faute de source à jour.

Le col de la Bataille et le plateau d'Ambel

Le nord de la commune est un autre monde, à mille mètres plus haut. Le col de la Bataille, à 1 313 mètres, est l'un des passages les plus spectaculaires du Vercors drômois, avec son belvédère. À l'est, le Roc de Toulau culmine à 1 581 mètres, avec une croix sommitale, la montagne d'Ambel à 1 492 mètres et la Tête de la Dame à 1 506 mètres.

Le plateau d'Ambel est un Espace Naturel Sensible du Département de la Drôme, et il est équipé pour ce qu'on vient y faire : deux observatoires de la faune, à Serrou et à Palissade, et deux belvédères supplémentaires, celui de l'Arche et celui du pas de l'Aubasse. La montagne d'Ambel est attestée dès 1169 dans le cartulaire de l'abbaye de Léoncel, sous la forme Ambel, puis montanea de Ambello en 1235.

Vue depuis le col de la Bataille vers la vallée de la Gervanne au sud
La vue depuis le col de la Bataille, à 1 313 mètres, vers le sud et la vallée de la Gervanne. C'est l'autre entrée de la commune, et la moins fréquentée : les routes qui y mènent ferment l'hiver. Photo Pemberlaid, CC BY-SA 4.0, via Wikimedia Commons.

Deux réserves d'usage, en montant là-haut. Le scialet des Quatre Gorges, gouffre situé sur le plateau, porte la mention explicite « accès interdit au public » : on ne s'en approche pas. Et le Tour d'Ambel, boucle cyclable numérotée 67 du réseau départemental, fait 125,9 kilomètres pour 2 859 mètres de dénivelé : ce n'est pas une balade d'après-midi.

Jérôme Cavalli, le voltigeur d'ici

Au hameau des Boutons, à côté du monument aux morts, une plaque porte cette inscription : « La commune d'Omblèze, pays de son enfance, en souvenir de Jérôme Cavalli. As et virtuose de l'aviation, pilote d'essai et d'acrobatie, engagé au groupe de chasse Lafayette, mort au combat sur le sol tunisien le 3 février 1943. »

L'histoire vaut d'être racontée. Enfant, il garde les moutons dans le Vercors et regarde passer les avions. Il part à l'école de pilotage de Chalon-sur-Saône et obtient son brevet à dix-neuf ans, en 1924. Sergent dans l'escadrille des « Sioux » à Bron de 1925 à 1930, il est souvent puni par sa hiérarchie pour ses acrobaties. En 1931, il quitte l'armée pour devenir pilote d'essai chez le constructeur Gourdou-Leseurre, et il rivalise en meeting avec Michel Détroyat, Marcel Doret et Louis Massotte, c'est-à-dire les plus grands noms français de la voltige.

En 1940, sa tête est mise à prix par les Allemands et il doit quitter la France ; il échoue à rejoindre l'Angleterre par Gibraltar. En 1941, pilote à Alger, on ne lui laisse que le strict nécessaire en carburant pour l'empêcher de s'enfuir. En 1942, après le débarquement allié en Afrique du Nord, il rejoint enfin une unité combattante : l'escadrille des « Sioux », la sienne, dix-sept ans plus tard. Il vole sur Curtiss P-40. Son terrain, à Thélepte en Tunisie, est bombardé, et il est tué au sol.

Deux écarts entre la plaque et les livres

Nous les signalons plutôt que de choisir. D'abord la date : la plaque d'Omblèze porte le 3 février 1943, la notice biographique donne le 5 février 1943. Ensuite les circonstances : la plaque dit « mort au combat », et les sources précisent qu'il a été tué au sol, pendant le bombardement de son terrain. Ses camarades d'escadrille avaient d'ailleurs trouvé la formule qui règle la question : « les Allemands l'ont tué au sol, jamais ils ne l'auraient atteint en vol ».

Il était chevalier de la Légion d'honneur à titre civil, et a reçu à titre posthume la croix de guerre 1939-1945 avec palme, la médaille de l'air américaine et l'ordre du Christ du Portugal. Une seconde stèle lui est dédiée sur la D 732, entre Combovin et Gigors-et-Lozeron, au col qui porte désormais son nom.

Le nombril, les deux paroisses et la commune absorbée

Le nom est attesté depuis 1173, sous la forme Umblicis, dans le cartulaire de Léoncel, puis Umbleses en 1190, Ombleses en 1292, Humblez en 1483, Omblesse en 1788. L'hypothèse étymologique retenue le fait venir du latin umbilicus, le nombril, employé pour désigner un passage étroit. Ce serait donc le nom des gorges, appliqué au territoire entier. En provençal, la commune se dit Omblèsas.

Féodalement, Omblèze a toujours fait partie de la terre et seigneurie d'Eygluy, sans château propre, et le 18e siècle y mentionne un péage : on payait pour passer les gorges bien avant qu'on y vienne les regarder.

Les deux paroisses de l'ancienne communauté d'Omblèze, d'après le dictionnaire topographique de la Drôme et la notice encyclopédique, relevés par nous le 25 août 2026. Les deux relevaient de l'ordre de Saint-Antoine, ce qui est rare, et toutes deux dépendaient in fine de la commanderie de Saint-Médard-de-la-Clastre.
ParoisseSon égliseDe qui elle dépendait
OmblèzeSaint-JeanAncien prieuré de l'ordre de Saint-Antoine, fondé vers la fin du 15e siècle, uni à la fin du 16e à la commanderie de Saint-Médard-de-la-Clastre, dont le titulaire fut décimateur jusqu'à la Révolution
AnsageSainte-Marie-MadeleineLe prieur d'Anse, qui y avait la dîme et présentait à la cure
AnseSaint-MichelAncien prieuré de l'ordre de Saint-Antoine, dépendance de Saint-Médard, uni dès le milieu du 15e siècle à la cure d'Ansage

En 1790, Omblèze est instituée en commune et rattachée au canton du Plan-de-Baix, alors chef-lieu. Et entre 1790 et 1794, elle absorbe la commune d'Ansage, qui avait été créée quelques mois plus tôt sur la seconde paroisse. Quatre ans d'existence : c'est l'une des communes les plus éphémères du département. La réorganisation de l'an VIII fait entrer Omblèze dans le canton de Crest-Nord, où elle est restée.

Les deux lieux existent toujours sur le terrain, en bas des gorges : le hameau d'Ansage et le lieu-dit d'Anse, à un kilomètre l'un de l'autre, et le mont d'Anse au-dessus. Une villa de la montagne d'Anse figurait encore sur les cartes postales du début du 20e siècle.

Deux Natura 2000 sur une seule commune

Nous avons interrogé les couches de protection en trois points, du sud au nord, et le résultat est le plus fragmenté que nous ayons rencontré sur ce guide. Quarante-cinq kilomètres carrés, et deux sites Natura 2000 distincts, deux grands ensembles naturels distincts.

Zonages relevés par nous le 25 août 2026 en trois points de la commune, par interrogation de l'API Carto de l'IGN, couches nature. Les Arbods, où siège la mairie, n'est couvert ni par Natura 2000 ni par une zone d'intérêt écologique de type 1 : le hameau administratif est le point le moins protégé de la commune.
Point testéNatura 2000Zone de type 1Grand ensemble
Les Arbods, 644 m (mairie)aucunaucunePlateaux centraux du Vercors, 19 310 ha
Canyon des Gueulards, 678 mGervanne et rebord occidental du Vercors, 18 150 haaucuneChaînons occidentaux du Vercors, 28 546 ha
Col de la Bataille, 1 313 mRebord méridional du Vercors, 4 724 haPlateau d'Ambel et forêt de Lente, 7 598 haPlateaux centraux du Vercors, 19 310 ha

Le parc naturel régional du Vercors, 226 595 hectares depuis le 16 octobre 1970, couvre les trois points. Le reste diffère : le site « Gervanne et rebord occidental du Vercors », FR8201681, désigné le 31 décembre 1998, tient la vallée ; le site « Rebord méridional du Vercors », FR8201682, désigné le 30 avril 2002, tient les hauteurs. Quant à la zone qui couvre les gorges elles-mêmes, elle est décrite comme constituant, avec une autre zone plus à l'ouest, « le plus grand ensemble fonctionnel pour la grande faune au sud-ouest du massif du Vercors ».

Le paysage n'a pas bougé : 92,6 % de forêts et de milieux semi-naturels en 2018, contre 93,1 % en 1990. Dans le détail, 59,4 % de forêts, 32,6 % de landes et de pelouses, 7,4 % de prairies, 0,6 % d'espaces nus. Il n'y a aucune terre de culture sur cette commune, pas un hectare.

La carte des lieux

Les points ci-dessous sont ceux dont nous avons la position vérifiée. Les cascades de tuf ne sont pas toutes marquées : elles sont une douzaine, en rive droite, et seules quelques-unes sont cartographiées. Le monolithe de l'entrée des gorges n'a pas de coordonnées publiées, mais on ne peut pas le manquer.

Cliquez sur un point pour voir le nom du lieu et ce qu'il faut en savoir. Fond de carte OpenStreetMap.

Venir à Omblèze

Deux accès, et rien d'autre. Par le sud, la RD 578 depuis Plan-de-Baix, quatorze minutes, à travers les gorges : c'est l'accès normal. Par le nord, le col de la Bataille, par des routes de montagne qui ferment l'hiver. Il n'y a pas de troisième solution, et c'est ce qui explique les temps de trajet suivants.

Temps de trajet calculés par nous le 25 août 2026 depuis la mairie d'Omblèze, aux Arbods, moteur OSRM sur le réseau OpenStreetMap, hors trafic et hors fermeture hivernale. Quatre des six communes limitrophes demandent plus de vingt-huit minutes, et Bouvante une heure trente-sept : les limites de cette commune passent sur des crêtes qu'aucune route ne franchit.
DestinationDistanceTemps
Plan-de-Baix (limitrophe)9,9 km14 min
Le Chaffal (limitrophe)19,5 km28 min
Eygluy-Escoulin (limitrophe)22,1 km28 min
Crest (ville de référence calculée)33,5 km45 min
Léoncel (limitrophe)37,4 km51 min
Saint-Julien-en-Quint (limitrophe)39,8 km53 min
Die46,7 km58 min
Gare de Valence TGV, à Alixan50,5 km59 min
Romans-sur-Isère50,1 km1 h 00
Valence51,7 km1 h 01
Montélimar69,1 km1 h 22
Bouvante (limitrophe)43,8 km1 h 37

Sur place, il n'y a ni commerce, ni carburant, ni distributeur. Le seul établissement recensé est une auberge-hôtel avec bar, au moulin de la Pipe, dans les gorges, qui prend les réservations. Nous ne publions pas ses horaires : nous n'avons pas trouvé de source officielle à jour, et une auberge de fond de gorge est exactement le type d'adresse dont il ne faut pas recopier les horaires.

Le climat, enfin. La station Météo-France la plus proche est à Beaufort-sur-Gervanne, dix kilomètres à vol d'oiseau et bien plus bas : 12,8 °C de moyenne annuelle et 936 mm de précipitations sur 1991-2020, avec des extrêmes de 40,6 °C le 13 août 2003 et -15,3 °C le 5 février 2012. Sur les hauteurs d'Omblèze, à 1 300 mètres, il fait beaucoup plus froid que cela, et la neige tient.

Questions fréquentes

Où est le village d'Omblèze ?

Il n'y en a pas. C'est la particularité de cette commune : aucun village ne porte son nom. La mairie est au hameau des Arbods, à 644 mètres, et l'église au hameau des Boutons, à 713 mètres, deux kilomètres plus haut. Entre les deux, une quinzaine de hameaux et de fermes isolées dispersés sur quarante-cinq kilomètres carrés, pour cinquante-cinq habitants. Si votre navigateur vous annonce « Omblèze centre », il invente.

Les gorges d'Omblèze sont-elles surfréquentées ?

Oui, et ce n'est pas nous qui le disons. Le Dauphiné libéré a documenté une « fréquentation excessive » du site, et un journaliste y a compté 84 véhicules garés en bord de route à l'entrée des gorges. Les riverains la subissent depuis plusieurs années. La route qui traverse les gorges est unique, étroite, et c'est aussi la seule desserte des habitants. Venez tôt, venez hors saison, ne vous garez pas sur la chaussée, et acceptez de renoncer si le site est plein.

Peut-on grimper dans les gorges d'Omblèze ?

Oui, c'est un site d'escalade réputé, sur les dalles de calcaire barrémo-bédoulien des deux rives. Le Drômois Alain Robert, connu comme le « Spiderman des gratte-ciel », en a fait son terrain d'entraînement favori. Attention toutefois : les plus grandes falaises abritent la reproduction de deux espèces de rapaces rares, dont l'aigle royal, et une grande colonie de martinets à ventre blanc. Respectez les arrêtés de protection de biotope et les fermetures saisonnières affichées sur place.

Qu'est-ce qu'une cascade de tuf ?

Une cascade qui fabrique sa propre roche. L'eau qui traverse le calcaire s'y charge de carbonate ; quand elle jaillit à l'air libre et ruisselle sur des mousses, le carbonate précipite et se dépose autour de chaque brin, formant du tuf, aussi appelé travertin. Dans les gorges d'Omblèze, une douzaine de sources pétrifiantes de ce type sont actives, essentiellement en rive droite, et certaines de ces cascades dépassent cent mètres de hauteur.

Qui était Jérôme Cavalli ?

Un des meilleurs voltigeurs aériens français de l'entre-deux-guerres, qui a passé son enfance ici, et dont la commune a placé une plaque en souvenir. Berger dans le Vercors, il obtient son brevet de pilote à dix-neuf ans, devient pilote d'essai, rivalise en meeting avec Détroyat et Doret. Sa tête mise à prix, il quitte la France, rejoint enfin une unité combattante en 1942 et meurt en Tunisie, tué au sol pendant le bombardement de son terrain. Ses camarades ont dit : « les Allemands l'ont tué au sol, jamais ils ne l'auraient atteint en vol ».

Quelle route prendre, et jusqu'où ?

La RD 578 depuis Plan-de-Baix est l'unique route qui rejoint Omblèze par le sud, et elle traverse les gorges. Par le nord, on arrive du col de la Bataille, à 1 313 mètres, par des routes de montagne qui ferment l'hiver. Sachez que les communes limitrophes ne sont pas des voisines : Bouvante, qui touche Omblèze, demande une heure trente-sept de route, et Saint-Julien-en-Quint cinquante-trois minutes. Les limites passent sur les crêtes.

Nos sources

  • Gorges formées par la Gervanne, site classé pour son intérêt paysager et protégé au titre de la loi Montagne, accès par la RD 578 unique route depuis Plan-de-Baix, strates calcaires du Barrémo-Bédoulien, monolithe dominant l'entrée, alvéole en cul-de-sac entre le col de la Bataille et le col des Ayes après entaille de la montagne de Bouchère sur trois kilomètres, douzaine de sources calcaires pétrifiantes à bryophytes et cascades de tuf dépassant cent mètres en rive droite, reproduction de deux espèces de rapaces rares dont l'aigle royal et d'une grande colonie de martinets à ventre blanc, plus grand ensemble fonctionnel pour la grande faune au sud-ouest du Vercors, site d'escalade terrain d'entraînement favori d'Alain Robert, et constat de fréquentation excessive avec 84 véhicules dénombrés en bord de route par un journaliste du Dauphiné libéré : Wikipédia, article « Gorges d'Omblèze », consulté le 25 août 2026. https://fr.wikipedia.org/wiki/Gorges_d%27Ombl%C3%A8ze
  • Absence de village portant le nom de la commune, mairie aux Arbods à 650 m et église aux Boutons à 713 m, attestations du nom de 1173 à 1891 et étymologie par umbilicus, appartenance à la terre et seigneurie d'Eygluy, péage mentionné au 18e siècle, deux paroisses d'Ansage et d'Omblèze avec leurs prieurés de l'ordre de Saint-Antoine et la commanderie de Saint-Médard-de-la-Clastre, canton du Plan-de-Baix en 1790 puis Crest-Nord en l'an VIII, absorption de la commune d'Ansage entre 1790 et 1794, montagne d'Ambel attestée dès 1169 dans le cartulaire de Léoncel et plateau à 1 385 m, occupation des sols de 2018, 113 logements dont 62,7 % de résidences secondaires contre 8 % dans la Drôme et 9,7 % en France, et normales de la station de Beaufort-sur-Gervanne : Wikipédia, article « Omblèze », consulté le 25 août 2026. Plusieurs points y sont signalés comme demandant une référence, et nous le disons. https://fr.wikipedia.org/wiki/Ombl%C3%A8ze
  • Biographie de Jérôme Cavalli, né le 25 octobre 1905 à Lapeyrouse-Mornay, brevet de pilote à dix-neuf ans en 1924, escadrille des Sioux à Bron de 1925 à 1930, pilote d'essai chez Gourdou-Leseurre à partir de 1931, rivalité en meeting avec Détroyat, Doret et Massotte, tête mise à prix en 1940, carburant rationné à Alger en 1941, retour à l'escadrille des Sioux en 1942 sur Curtiss P-40, mort au sol lors du bombardement du terrain de Thélepte le 5 février 1943, mot de ses camarades, décorations et stèle du col Cavalli sur la D732 : Wikipédia, article « Jérôme Cavalli », consulté le 25 août 2026. https://fr.wikipedia.org/wiki/J%C3%A9r%C3%B4me_Cavalli
  • Parc naturel régional du Vercors de 226 595 ha créé le 16 octobre 1970, sites Natura 2000 « Gervanne et rebord occidental du Vercors » FR8201681 de 18 150 ha et « Rebord méridional du Vercors » FR8201682 de 4 724 ha désigné le 30 avril 2002, zone d'intérêt écologique de type 1 « Plateau d'Ambel et forêt de Lente » de 7 598 ha, zones de type 2 « Chaînons occidentaux du Vercors » de 28 546 ha et « Plateaux centraux du Vercors » de 19 310 ha, et absence de tout zonage hors parc sur le hameau des Arbods : API Carto de l'IGN, couches nature, interrogée par nous en trois points le 25 août 2026. https://apicarto.ign.fr/api/doc/nature
  • Altitudes des Arbods, des Boutons, du canyon des Gueulards, de la Cascade de Tuf, des Sept Lacets et du parking de la Druise : service d'altimétrie de la Géoplateforme, modèle RGE Alti de l'IGN, interrogé par nous le 25 août 2026. https://geoservices.ign.fr/rgealti
  • Texte intégral de la plaque du mémorial Jérôme Cavalli portant la date du 3 février 1943, altitudes du Roc de Toulau, de la Tête de la Dame, de la montagne d'Ambel et du col de la Bataille, observatoires de la faune de Serrou et Palissade, belvédères de l'Arche et du pas de l'Aubasse, espace naturel sensible départemental du plateau d'Ambel, interdiction d'accès au scialet des Quatre Gorges, boucle cyclable n° 67 du Tour d'Ambel de 125,9 km et 2 859 m de dénivelé, horaires de la mairie, auberge du moulin de la Pipe et noms occitans des hameaux : OpenStreetMap, tags bruts relevés par nous le 25 août 2026. Distances routières : moteur OSRM depuis la mairie. https://www.openstreetmap.org/copyright

Ce que nous n'avons pas pu établir : la date exacte de la mort de Jérôme Cavalli, entre le 3 février de la plaque et le 5 février des ouvrages ; la position des douze sources pétrifiantes et du monolithe de l'entrée des gorges ; les arrêtés de protection de biotope en vigueur sur les falaises et leurs dates de fermeture saisonnière ; les horaires de l'auberge du moulin de la Pipe ; et le nombre de places de stationnement réellement aménagées à l'entrée du site. Signalez-nous une erreur si vous constatez un écart.