La commune se visite en deux points, tous deux gratuits et en accès libre. Dans la plaine, les ruines du prieuré, seul monument protégé, propriété de la commune. Sur la hauteur, l'ancien village médiéval abandonné et sa table d'orientation face au Ventoux. Comptez une heure pour les deux, avec la voiture entre les deux, le prieuré étant à un peu plus d'un kilomètre du bourg, sur la D 538.
- 15 joursentre l'inscription et le classement de 1986
- 11e s.le village médiéval abandonné sur la hauteur
- 21 juil. 1944la mort de Jacques Descour, 19 ans, à Vassieux
- 12 minde Valréas, sa ville de référence, dans le Vaucluse
Le prieuré d'Arron a été un temple puis une villa avant Cluny
Le monument de Montbrison-sur-Lez est dans la plaine, au lieu-dit Arron, au bord de la D 538, à un peu plus d'un kilomètre à l'est du village. Il en reste peu de chose, et son intérêt tient à ce qu'il y avait avant.
D'abord une villa gallo-romaine et un temple, sur les restes desquels le prieuré est bâti. Ensuite un lieu de culte antérieur, sur lequel reposent des fondations carolingiennes. Puis le prieuré bénédictin de Notre-Dame-des-Églises, aux 11e et 12e siècles, qui dépendait de Cluny. Il est détruit pendant les guerres de Religion. Enfin, au 16e siècle, on relève un bâtiment à l'emplacement même du chœur de l'église du 12e, qui sert d'église paroissiale jusqu'au 19e siècle, et le vocable change, Notre-Dame-des-Églises devenant Saint-Blaise. Le nom d'origine, Notre-Dame-des-Églises, au pluriel, désigne presque toujours un lieu où l'on savait qu'il y avait eu plusieurs édifices avant.
Le contexte antique de la commune est cohérent avec cette occupation ancienne. Le territoire est rattaché à la tribu gauloise des Aletani, et la proximité de l'oppidum du Pègue, à huit minutes, explique la présence de céramique pseudo-ionienne issue d'ateliers en relation avec Marseille. On consommait du vin dans ce pays entre le milieu du 6e et le 4e siècle avant notre ère, dans des œnochoés et des vases en pâte claire micacée à décor peint, dont les formes gardent de fortes influences gauloises. En 1281, les comtes de Lunel possèdent le château.
Deux arrêtés en quinze jours pour deux objets différents
La base du ministère de la Culture affiche pour ce prieuré une mention inhabituelle, « 1986/07/31 : inscrit MH partiellement ; 1986/08/13 : classé MH ». Deux décisions à quinze jours d'intervalle, alors que d'ordinaire une inscription précède un classement de plusieurs années. Les deux arrêtés ne portent simplement pas sur la même chose.
| Date de l'arrêté | Niveau | Objet protégé |
|---|---|---|
| 31 juillet 1986 | Inscription | Les vestiges de l'église prieurale |
| 13 août 1986 | Classement | Les vestiges du prieuré |
Une protection mixte signale que l'administration a jugé les deux parties d'inégale valeur. Le prieuré est classé, protection la plus forte, tandis que l'église prieurale n'est qu'inscrite. Ce qui a été jugé le plus important n'est donc pas l'église mais les bâtiments conventuels. Sur place, ne cherchez pas seulement une chapelle, regardez l'ensemble du site.
Le village abandonné et sa table d'orientation
Le second point de la visite est en hauteur, au nord du bourg actuel, l'ancien village médiéval du 11e siècle, abandonné, dont il reste des ruines.
Le vieux village et sa table d'orientation
Une table d'orientation a été installée sur le flanc sud du site, et elle offre une vue sur le mont Ventoux. C'est le point de vue de la commune, et c'est de là qu'on lit sa géographie. Six sommets nommés encadrent le territoire, Suzaud, Bel-Air, Odoir, Le Châtelard, Gramenon et La Viale, et le village d'aujourd'hui s'est installé en bas, sur la route, comme presque partout dans ce pays.
La famille Descour dans le Vercors et à Vassieux
Pour une commune de deux cent soixante-sept habitants, Montbrison compte beaucoup de figures de la Résistance, et cela tient d'abord à une famille.
Marcel Descour (1899-1995), dit « colonel Bayard », général d'armée et grand officier de la Légion d'honneur, fut commandant militaire dans le maquis du Vercors en 1944. Il est mort à Montbrison-sur-Lez en 1995, et une plaque lui rend hommage dans le village, qui rappelle aussi qu'il fut gouverneur militaire de Lyon et conseiller municipal de la commune. Son fils aîné, Jacques Descour, dit « La Flèche », originaire de Montbrison-sur-Lez, élève au Prytanée et candidat à Saint-Cyr, avait dix-neuf ans. Le 6 juin 1944, il commandait un réseau d'une vingtaine d'agents de liaison, puis il a rejoint le Vercors avec soixante étudiants venus de Lyon pour y recevoir une instruction militaire. Il a été tué parmi les premiers au combat de Vassieux-en-Vercors, le 21 juillet 1944.
Un troisième nom complète cette liste, Pierre Simonet (1921-2020), né à Hanoï, militaire des Forces françaises libres, héros de Bir Hakeim et compagnon de la Libération, est inhumé dans la commune. Il fut l'un des tout derniers compagnons de la Libération encore vivants. Enfin, Jean Besson, sénateur de la Drôme de 1989 à 2014, est issu d'une famille de vignerons et de commerçants de Montbrison-sur-Lez.
Maisons à pontin et pigeonniers
Le bourg d'aujourd'hui se parcourt en vingt minutes, et il a gardé deux traits d'architecture rurale, les maisons à pontin et les pigeonniers.
Ce sont les maisons dites « en hauteur », courantes en Drôme provençale. Le logement est à l'étage, et l'on y accède par un escalier extérieur ou une passerelle, le pontin. Le rez-de-chaussée reste consacré à la cave, à la remise ou à l'étable, ce qui règle d'un coup l'humidité, la place et la séparation entre les bêtes et les gens. Le village en conserve plusieurs, ainsi que des pigeonniers, dont un petit directement dans le bourg. Ajoutez-y l'église Saint-Blaise, qui abrite une cloche nommée « Claire Immaculée » et datée de 1875, une cave vinicole, une croix de chemin et l'école communale.
La carte des lieux
Le prieuré est placé d'après la carte du patrimoine du département, au bord de la D 538, à un peu plus d'un kilomètre à l'est du bourg. Le village abandonné et sa table d'orientation sont sur la hauteur au nord.
Cliquez sur un point pour voir le nom du lieu et ce qu'il faut en savoir. Fond de carte OpenStreetMap.
Venir à Montbrison-sur-Lez
La commune est au sud du Pays de Grignan, contre la limite du Vaucluse. Sa ville de référence est Valréas, dans l'enclave des papes, à douze minutes, ce morceau de Vaucluse entièrement entouré de Drôme. Nyons, la sous-préfecture drômoise, est à dix-sept minutes.
| Destination | Distance | Temps |
|---|---|---|
| Taulignan (limitrophe) | 5,9 km | 8 min |
| Le Pègue (limitrophe) | 6,4 km | 8 min |
| Valréas (Vaucluse), ville de référence | 8,0 km | 12 min |
| Roche-Saint-Secret-Béconne (limitrophe) | 7,3 km | 15 min |
| Nyons | 15,0 km | 17 min |
| Rousset-les-Vignes (limitrophe) | 5,5 km | 19 min |
| Montélimar | 31,6 km | 40 min |
| Orange (Vaucluse) | 41,9 km | 48 min |
| Valence | 87,7 km | 1 h 09 |
| Gare de Valence TGV | 98,6 km | 1 h 16 |
La mairie, 152 route de Valréas, 04 75 91 32 62, ouvre le lundi de 10h à 12h et de 13h à 18h, le mardi de 13h à 17h et le jeudi de 8h à 12h30, jamais le mercredi ni le vendredi. Il n'y a ni office de tourisme ni billetterie. Le village possède une cave vinicole et se trouve au cœur du vignoble. Rousset-les-Vignes, limitrophe, est l'un des villages autorisés à ajouter leur nom à l'appellation Côtes du Rhône Villages. On se baigne dans le Lez sur la commune, sans surveillance ni contrôle de l'eau.
Questions fréquentes
Pourquoi le prieuré est-il à la fois classé et inscrit ?
Parce que la protection porte sur deux ensembles différents, à quinze jours d'écart. L'arrêté du 31 juillet 1986 inscrit les vestiges de l'église prieurale ; celui du 13 août 1986 classe les vestiges du prieuré lui-même. C'est ce qu'on appelle une protection mixte, deux niveaux et deux objets pour un seul site. La base du ministère de la Culture le retient au titre du classement, protection la plus forte.
Qu'est-ce qu'on voit au prieuré ?
Des ruines, et il faut le savoir avant de faire le détour. Le prieuré bénédictin de Notre-Dame-des-Églises, devenu Saint-Blaise, dépendait de Cluny et date des 11e et 12e siècles, sur des fondations carolingiennes. Il a été détruit pendant les guerres de Religion. Le bâtiment actuel, élevé à l'emplacement du chœur de l'église du 12e siècle, date du 16e et a servi d'église paroissiale jusqu'au 19e. Il est au lieu-dit Arron, au bord de la D 538, dans la plaine à l'écart du village, et il appartient à la commune.
Sur quoi le prieuré est-il bâti ?
Sur un site antique. Le prieuré clunisien a été élevé sur les restes d'une villa gallo-romaine et d'un temple, et ses fondations carolingiennes reprennent un lieu de culte antérieur. Cinq occupations se superposent au même point, temple romain, villa, lieu de culte carolingien, prieuré clunisien, bâtiment du 16e siècle.
Y a-t-il un village abandonné ?
Oui, le village médiéval du 11e siècle, sur la hauteur au nord du bourg actuel. Une table d'orientation a été installée sur son flanc sud, avec vue sur le mont Ventoux. C'est le point de vue de la commune, en accès libre, et c'est d'ici qu'on voit le village d'aujourd'hui installé en bas, sur la route, comme presque tous ceux du pays.
Quel est le lien avec le maquis du Vercors ?
Une famille. Le général Marcel Descour, dit « colonel Bayard », commandant militaire dans le maquis du Vercors en 1944 et grand officier de la Légion d'honneur, est mort à Montbrison-sur-Lez en 1995 ; une plaque lui rend hommage dans le village. Son fils aîné Jacques, dit « La Flèche », originaire de la commune, aspirant de 19 ans, a été tué parmi les premiers au combat de Vassieux-en-Vercors le 21 juillet 1944.
Que sont les maisons à pontin ?
Des maisons dites « en hauteur », caractéristiques de la Drôme provençale. Le logement est à l'étage et l'on y accède par un escalier extérieur ou une passerelle, le rez-de-chaussée étant occupé par la cave, la remise ou l'étable. Le village en conserve plusieurs, ainsi que des pigeonniers, dont un petit directement dans le bourg.
Quelle est la ville de référence de la commune ?
Valréas, dans le Vaucluse, à douze minutes, dans l'enclave des papes, ce morceau de Vaucluse entièrement entouré de Drôme. Nyons, la sous-préfecture drômoise, est à dix-sept minutes, et Valence à une heure neuf. Montbrison-sur-Lez fait partie des 93 communes drômoises dont le pôle le plus accessible est hors du département.
Nos sources
- Protection mixte du prieuré : inscription des vestiges de l'église prieurale par arrêté du 31 juillet 1986 et classement des vestiges du prieuré par arrêté du 13 août 1986, propriété de la commune, lieu-dit Arron : base Mérimée, ministère de la Culture, référence PA00116983, et carte du patrimoine du département de la Drôme. https://cartepatrimoine.ladrome.fr/notice-4224
- Prieuré bénédictin de Notre-Dame-des-Églises devenu Saint-Blaise, dépendance de Cluny, fondations carolingiennes sur un lieu de culte antérieur, implantation sur les restes d'une villa gallo-romaine et d'un temple, destruction pendant les guerres de Religion, bâtiment du 16e siècle élevé à l'emplacement du chœur de l'église du 12e : inventaire général du patrimoine culturel d'Auvergne-Rhône-Alpes, dossier consacré au prieuré, consulté le 13 août 2026. https://patrimoine.auvergnerhonealpes.fr/dossier/IA26000090
- Table d'orientation installée sur le flanc sud de l'ancien village médiéval du 11e siècle et vue sur le mont Ventoux : présentation de la commune par l'inventaire général du patrimoine culturel, consultée le 13 août 2026. https://patrimoine.auvergnerhonealpes.fr/dossier/IA26000123
- Tribu gauloise des Aletani, céramique pseudo-ionienne et consommation de vin entre le 6e et le 4e siècle avant notre ère, comtes de Lunel en 1281, Marcel Descour dit « colonel Bayard », Jacques Descour tué à Vassieux-en-Vercors le 21 juillet 1944, Pierre Simonet compagnon de la Libération inhumé dans la commune, Jean Besson, cloche « Claire Immaculée » de 1875 : Wikipédia, article Montbrison-sur-Lez, consulté le 13 août 2026. https://fr.wikipedia.org/wiki/Montbrison-sur-Lez
- Adresse, téléphone et horaires de la mairie : annuaire de l'administration, fiche de la mairie de Montbrison-sur-Lez, consultée le 13 septembre 2026. https://lannuaire.service-public.fr/
- Ruines du village abandonné et table d'orientation, position de la croix de chemin, du monument aux morts et des six sommets nommés : OpenStreetMap, relevé du 13 août 2026. Distances : moteur OSRM. https://www.openstreetmap.org/copyright
La base Mérimée ne donne pas de datation pour ce monument ; les siècles cités ici viennent de l'inventaire du patrimoine et de la carte départementale. Signalez-nous une erreur si vous constatez un écart.
